mercredi 3 juillet 2024

PARTENAIRES : Article extrait de la revue Plein droit n° 140

 




Article extrait du Plein droit n° 140

Les algorithmes et l’intelligence artificielle contre les étrangers en Europe

Gabrielle du Boucher
Chargée de mission numérique, droits et libertés à la direction de la promotion de l’égalité et de l’accès aux droits – Le Défenseur des droits

 

Si le Défenseur des droits n’est, pour l’instant, pas régulièrement saisi pour des situations mettant en cause l’usage des algorithmes et des systèmes de l’intelligence artificielle (IA), cette autorité administrative indépendante est toutefois attentive à leurs développements en France, comme au sein de l’Union européenne. Dans le sillage de la numérisation des services publics, le développement de l’IA à des fins de contrôle et de surveillance des personnes étrangères laisse, selon lui, craindre une fragilisation accrue de leurs droits fondamentaux contre laquelle la future législation européenne n’apportera visiblement pas toutes les garanties nécessaires.


Le Défenseur des droits (DDD) est préoccupé par le déploiement des algorithmes et de l’intelligence artificielle (IA)*. L’institution s’est intéressée aux conséquences de la mise en place des nouvelles technologies, en particulier depuis 2018, en approfondissant les effets de la dématérialisation* des services publics sur les usagers. Plusieurs rapports, avis [1] et décisions [2] du DDD ont été l’occasion de relever que les étrangers ont constitué l’un des premiers publics en France pour lequel la dématérialisation des démarches préfectorales a été mise en place de manière radicale et aveugle et ce, alors même que ces personnes se trouvent, la plupart du temps, dans des situations où elles cumulent les difficultés. En 2022, le Conseil d’État a exigé de l’administration qu’elle rétablisse, en parallèle du service proposé en ligne, un accueil physique pour la procédure de demande de titre de séjour, au regard du caractère particulièrement « complexe » et « sensible » de cette démarche. Il a considéré tout d’abord, que les usagers qui ne disposent pas d’un accès aux outils numériques, ou qui rencontrent des difficultés dans leur utilisation, doivent pouvoir être accompagnés. Ensuite, s’il apparaît que certains usagers sont dans l’impossibilité, malgré cet accompagnement, de recourir au téléservice, pour des raisons tenant à sa conception ou à son mode de fonctionnement, l’administration doit leur garantir une solution de substitution [3]. Ces conditions visent à prendre en compte les caractéristiques et situations particulières des étrangers demandant un titre de séjour, qui pourraient perdre le droit de se maintenir sur le territoire si leur demande n’était pas enregistrée. Force est de constater que la dématérialisation ne s’est pas faite au bénéfice des usagers.

S’agissant du développement des algorithmes et des systèmes apprenants, on peut craindre que la technologie vienne fragiliser un peu plus les droits fondamentaux des étrangers, compte tenu du contexte européen et français de durcissement des politiques en matière d’asile, d’immigration et d’intégration [4]. À cet égard, on peut déjà relever que les personnes étrangères sont la cible de divers projets d’IA présentés comme toujours plus sophistiqués et systématiquement testés et déployés à des fins de contrôle et de surveillance.

Algorithmes : des biais discriminatoires systématisés ?

Peu de réclamations adressées au DDD visent ces nouveaux systèmes, opaques et encore rarement mis en cause, y compris au niveau européen. L’institution, en lien avec ses homologues européens membres du réseau Equinet et des partenaires nationaux dont la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, se montre néanmoins attentive à leurs développements et à leurs risques inhérents.

Des risques importants existent, liés aux biais discriminatoires* des algorithmes et au potentiel de systématisation des discriminations, du fait de l’usage grandissant de ces technologies.

Les données mobilisées pour entraîner les systèmes algorithmiques peuvent en effet être biaisées lorsqu’elles sont la traduction mathématique des pratiques et comportements discriminatoires. Le risque d’amplifier, pour certains groupes sociaux, les discriminations systémiques opérant au sein de la société est avéré s’agissant des technologies biométriques [5]. En effet, elles ciblent le plus souvent les caractéristiques des individus qui les exposent à des discriminations (origine, sexe, identité de genre, apparence physique, état de santé, handicap, âge, etc.).

Expérimentations aux frontières de l’Union européenne

Dans le domaine des migrations, l’Union européenne (UE) finance, depuis 2016, un projet appelé iBorderCtrl, qui consiste à « tester de nouvelles technologies destinées à accroître l’efficacité de la gestion des contrôles aux frontières extérieures de l’Union [6] ». L’un des modules expérimentés a concentré les critiques : un détecteur de mensonges basé sur les émotions interprétées par une IA. Un douanier virtuel devait poser des questions et identifier les signaux non verbaux d’un mensonge en analysant les micro-expressions faciales du répondant. Selon les résultats, l’individu était redirigé soit vers les files d’attente rapides soit vers des contrôles poussés. Ce système a été testé aux frontières terrestres de l’UE en Hongrie, en Lettonie et en Grèce, et de nombreuses associations ont dénoncé une technologie hautement expérimentale visant des personnes en situation de grande vulnérabilité, ainsi que son manque de fiabilité (le système était crédité, en 2018, d’un taux de réussite autour de 75 %, ce qui revient à considérer un quart des personnes concernées comme soupçonnées de mentir alors que ce n’est pas le cas) [7]. Dans la lignée des constats dressés s’agissant de la dématérialisation des services publics, on relève que ce sont là aussi des étrangers qui, sans être en situation de contester des procédures auxquelles ils doivent se soumettre, font l’objet du déploiement de technologies mises au service d’une politique et d’une rhétorique particulièrement dures.

Biométrie : des droits fondamentaux fragilisés

Dans son rapport Technologies biométriques : l’impératif respect des droits fondamentaux [8], le DDD a relevé les risques considérables d’atteintes aux droits et libertés que fait peser l’utilisation des systèmes automatisés reposant sur la biométrie, à commencer par le droit au respect de la vie privée et à la protection des données – questions qui relèvent en premier lieu du périmètre des compétences de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), avec laquelle l’institution collabore notamment sur les enjeux d’IA. En Italie, des technologies biométriques d’identification à distance ont été utilisées dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale : le système de reconnaissance faciale* SARI était déployé en temps réel pour identifier sur la voie publique les étrangers en situation irrégulière. Son utilisation a été interdite en 2021 par l’autorité italienne de protection des données [9].

L’utilisation des technologies biométriques d’identification peut également avoir un effet dissuasif sur l’exercice de droits fondamentaux comme la liberté d’expression, celle d’aller et venir, la liberté d’association et plus largement l’accès aux droits. Le fait que ces technologies fonctionnent souvent à l’insu des personnes concernées tend à dissuader ces dernières d’exercer leurs droits, et cela indépendamment du niveau de déploiement, la crainte de la surveillance suffisant pour affecter notre comportement. Dans le domaine des migrations, l’effet dissuasif des technologies biométriques se traduit également par un risque d’exclusion, en particulier pour les personnes issues de groupes particulièrement discriminés. L’utilisation de technologies biométriques, de par leur effet dissuasif [10], peut priver les réfugiés et demandeurs d’asile de l’accès aux services de base essentiels.

Les dangers des décisions administratives générées par l’IA

Un autre risque identifié est lié à l’automatisation, explicite ou de fait, des décisions administratives individuelles. Le cadre légal, à savoir la loi « informatique et libertés » et le code des relations entre le public et l’administration, autorise, par exception et en dehors de la sphère pénale, l’automatisation intégrale tout en l’encadrant. Par principe, la réglementation relative à la protection des données personnelles exclut qu’une personne physique puisse faire l’objet d’une décision entièrement automatisée qui « produit des effets juridiques » ou l’affecte « de manière significative ». Des exceptions existent néanmoins. Dès lors, quand la décision est prise de façon entièrement automatisée, les garanties prévues sont-elles réellement appliquées ? Et quand la décision ne peut pas, légalement, reposer sur un procédé entièrement automatisé, quelle est réellement la substance de l’intervention humaine dans un contexte de traitement en masse des dossiers par algorithmes ? Ces questions font écho aux enjeux de la motivation de ces décisions et de l’effectivité du droit au recours.

À l’heure de la numérisation et de l’« algorithmisation de l’administration [11] », ces problématiques irriguent, en France, les différentes sphères administratives, telle l’éducation, avec par exemple Affelnet et Parcoursup, et la gestion des prestations sociales et le contrôle des allocataires par la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf). Elles touchent aussi les personnes étrangères.

Au Royaume-Uni, le Home Office, le ministère de l’intérieur britannique, était mis en cause en 2023 pour son utilisation, depuis 2019, d’un algorithme de détection des faux dans les demandes de mariage impliquant une personne non britannique et n’ayant pas de statut établi suffisant ou de visa valide, et ce, afin d’accélérer les enquêtes et de réduire les coûts [12]. L’évaluation des couples se fondait sur huit facteurs, dont la différence d’âge au sein du couple. Ceux signalés par l’algorithme faisaient l’objet d’une enquête approfondie, pouvant conduire les autorités à demander des documents prouvant l’authenticité de la relation. Selon le Home Office, la nationalité n’était pas prise en compte par l’algorithme, mais une évaluation, communiquée à l’association Public Law Project, montre que les personnes de nationalités bulgare, grecque, roumaine et albanaise étaient plus susceptibles d’être identifiées par l’algorithme. Ce dernier se révèle donc indirectement discriminatoire à l’égard des personnes sur la base de la nationalité.

En France, un fonctionnaire du ministère de l’intérieur a utilisé un outil d’IA générative* pour examiner une demande de visa déposée par une jeune femme afghane se trouvant en Iran [13]. Il s’agissait a priori d’une initiative personnelle, donc hors du cadre de l’expérimentation gouvernementale sur « l’intelligence artificielle au service de l’amélioration de la qualité des services publics », lancée à l’automne 2023, qui prévoit bien l’usage de l’IA dite « générative » (qui produit par exemple du texte) en matière d’aide à la rédaction de réponses aux avis des usagers sur la plateforme Services Publics +. Les prolongements de cette expérimentation devront être scrutés de près en tant qu’ils concernent les droits des usagers du service public et d’éventuelles discriminations.

Le projet de règlement de l’UE sur l’IA

Au regard des risques identifiés, le DDD est intervenu à plusieurs reprises dans le cadre de l’élaboration du projet de règlement sur l’IA porté par l’UE pour appeler à la nécessaire prise en compte des droits fondamentaux et du principe de non-discrimination.

Schématiquement, ce futur « AI Act » est conçu selon une approche par les risques. Sont interdits les systèmes d’IA présentant un risque inacceptable, tel le « score social » par lequel un système d’IA est utilisé pour « classer les personnes physiques en fonction de leur comportement, de leur statut économique, de leurs caractéristiques personnelles » avec, à la clef, un traitement préjudiciable ou défavorable [14]. Le futur règlement vise aussi à imposer des contraintes aux fournisseurs et utilisateurs de systèmes d’IA « à haut risque » et à ne soumettre les autres systèmes qu’à des obligations d’information. Dans ce cadre, certains systèmes d’IA utilisés pour la gestion de la migration, de l’asile et des contrôles aux frontières ont été inscrits dans la catégorie « à haut risque » dans les projets de réglementation. On y trouve notamment « les systèmes d’IA destinés à être utilisés par les autorités publiques compétentes […] pour les assister dans l’examen des demandes d’asile, de visa et de permis de séjour ainsi que les réclamations connexes, dans le but de vérifier l’éligibilité des personnes physiques qui demandent un statut, y compris pour évaluer la fiabilité des preuves » ou « les systèmes d’IA destinés à être utilisés par les autorités publiques compétentes pour évaluer des risques, y compris un risque de sécurité, un risque de migration irrégulière […] posé par une personne physique qui a l’intention d’entrer ou qui est entrée sur le territoire d’un État membre [15] ».

L’enjeu de la catégorisation dans les systèmes d’IA « à haut risque » réside dans le respect d’obligations telles que d’assurer un système de gestion des risques, de contrôler la qualité des données, de respecter la transparence et fournir l’information aux utilisateurs, de prévoir une surveillance humaine, ou encore de garantir la précision, la robustesse, la conformité et la sécurité du système ainsi que les actions correctrices nécessaires.

Certaines des demandes formulées par le DDD [16] avec ses homologues européens et nationaux, et soutenues par plusieurs organisations de la société civile, ont été prises en compte, en particulier la possibilité pour toute personne physique ou morale considérant que ladite réglementation a été violée, de déposer une plainte auprès de l’autorité nationale chargée de son application. D’autres, en revanche, n’ont pas été suivies d’effet : de larges exceptions sont ainsi prévues concernant l’utilisation de systèmes biométriques pour identifier des personnes en temps réel dans l’espace public, ce qui exigera nécessairement une attention particulière au moment du déploiement de ces systèmes, au regard des risques exposés.

Il convient de relever enfin que ce futur « AI Act » et les garanties qu’il offrira, ne s’appliqueront qu’à certains systèmes d’IA mis sur le marché, en service, ou dont les résultats sont utilisés dans le territoire de l’UE. Or des systèmes de reconnaissance faciale et d’autres systèmes de surveillance de masse ont été développés et vendus par des entreprises installées dans l’UE (et en particulier en France, en Suède et aux Pays-Bas), et déployés dans des lieux comme les territoires palestiniens occupés ou la Chine, où ils ont été utilisés pour opprimer davantage des groupes et communautés déjà marginalisés [17]. Il serait, en outre, difficile de conclure sans mentionner que les « travailleurs et travailleuses du clic », chaînon indispensable à la fabrication des systèmes d’IA [18] dans l’UE (pour l’annotation des données, par exemple), dont la rémunération à la tâche est très faible [19], font l’objet d’une sous-traitance et d’une externalisation massive dans certains pays pauvres.


* Les termes suivis d’un astérisque (*) sont explicités dans le lexique, p. 7-10.



Extrait du Plein droit n° 140
« Le techno-contrôle des migrations »


Publication papier, 12€ / ISBN 978-2-38287-192-8
ebook PDF, 10€ / ISBN 978-2-38287-193-5
Cairn, 2024/1


PARTENAIRES : VOX PUBLIC lance un site des ressources produites dans le cadre de la campagne des législatives

 

Un site ressource pour s'engager

VoxPublic lance le site https://agir-legislatives2024.org conçu comme un espace de partage et de mutualisation des ressources produites par les associations, les syndicats et les personnes engagé·es dans la campagne des législatives 2024 pour empêcher une victoire de l'extrême droite. Il est aussi un espace de mobilisation grâce à sa cartographie intégrée.

 

Les ressources produites pour la campagne anticipées des législatives sont nombreuses et circulent par des canaux divers et variés qui ne garantissent pas toujours leur accessibilité au plus grand nombre. Le site agir-legislatives2024.org vous permet de trouver dans un même espace un maximum de ressources grâce à la participation de toutes et tous.

 

Ce site collaboratif vous permet d'ajouter les ressources que vous avez identifiées, et celles de vos organisations. 

 

VoxPublic prend parti dans la campagne aux côtés de 100 associations

Dans une tribune collective publiée ce 13 juin 2024 dans Ouest France, un ensemble d'associations prennent parti dans cette campagne pour les législatives 2024 afin de faire barrage à l'extrême droite. Elles y dénoncent également les politiques mortifères qui ont favoriser son ascension, et appellent à un changement radical dans la prise en compte des corps intermédiaires, acteurs clés d'une démocratie vivante

"Ce nouveau Front populaire a une responsabilité historique. Unis, nous sommes plus forts. Unis, nous pouvons gagner. Nous devons, partout où nous sommes, nous organiser pour soutenir cette union. À chacune et à chacun de faire vivre cet espoir et de participer aux initiatives locales pour le renforcer : nous nous retrouverons ce week-end dans les rues partout en France, à l'appel de l'intersyndicale. Ensemble, faisons en sorte que cette dynamique ne déraille pas. Ne lâchons rien." 

 

 


 


dimanche 30 juin 2024

ACTIONS : concert de jazz du dimanche 23 juin et appel à dons pour la collecte et la maraude du 29 juin 2024



ATTENTION ! 

En raison du risque de pluie demain soir dimanche,

le concert de jazz organisé par Pays de Fayence Solidaire

est déplacé au Mille Club,

à 18 h 

à Fayence (plan d'accès en pièce jointe)

Nous vous y attendons nombreux !

Merci de transmettre à vos connaissances et amis




En ce qui concerne la prochaine maraude ,

la  collecte se fera le samedi 29 juin :

de 9 h à 11 h, 

au Mille Club également

Rue Comtesse de Villeneuve, 83440 FAYENCE

Les équipes pour les collectes à Fayence et pour la distribution à Vintimille sont constituées. Les personnes qui y participent recevront un mail de confirmation. L’équipe d’Eric sera en cuisine et préparera un bon plat nourrissant  !

 Voici nos besoins de ce jour :

NOURRITURE : 

  • Œufs DURS
  • Boîtes de thon à huile, boîte de sardines (ouverture facile)
  • Bananes, pommes ou oranges
  • Dattes sèches (de préférence emballées par vous en petits sachet de +/- une dizaine … merci)
  • Petites bouteilles de lait (1/2 ou 1/4 l)
  • Petites bouteilles d’eau
  • Petits fromages Vache Qui Rit

 HYGIENE : 

  •  Brosses à dents
  • Rasoirs

 VETEMENTS et AUTRES TEXTILES 

  • Couvertures
  • Sacs de couchage et nattes de plages
  • Vêtements pour HOMMES UNIQUEMENT / tailles S, M, L et XL (pas plus grand)
  • Vestes coupe-vent et imperméables
  • Tshirts
  • Jeans, pantalons, shorts et joggings (tailles grands ados et adultes )
  • Baskets, chaussures de marche et tongs de plages 42 à 45
  • Chaussettes 42 à 45
  • Casquettes
  • Slips (neufs uniquement)
  • Ceintures

 Le tout propre et sans taches svp …

 DIVERS : nous récupérons aussi volontiers : 

  • Petites tentes,
  • Petits sacs à dos et de voyage (pas de valises)
  • Petites lampes de poche dynamos ou solaires
  • Bouteilles Thermos, gourdes
  • Anciens smartphones avec leurs cordons de rechargement
  • stylos…
  • anciennes radiographies pour « Pharmacie Humanitaire Internationale » de Toulon

 POUR L' UKRAINE :

Quelques produits sont toujours recherchés pour compléter un prochain envoi organisé  avec notre soutien.

Pour l’instant nous n’acceptons plus de vêtements, mais bien :

* des pansements et des compresses/ attelles

* des couches bébés

* des protection adultes

* des cannes de marche et déambulateurs

 

Si vos sacs sont trop lourds, n'hésitez pas à demander l'aide des bénévoles sur place ...

MERCI DE TOUT CŒUR !!!

 

PARTENAIRES : TOUS MIGRANTS - Lettre d'information - Juin 2024

 



Lettre d'information de Juin 2024





Dignité et solidarité dans les Hautes-Alpes : Appel à la mobilisation (Juin 2024) 


Il y a des jours comme celui-ci ou nous préférerions ne pas avoir à vous écrire, mais l’heure est grave. 

En ces temps politiques incertains, se soutenir et s’engager est primordial et cela commence chez nous, partout autour de nous, de vous. Depuis plusieurs années, nous, associations, bénévoles, citoyen.nes, habitant.es nous mobilisons à Briançon et plus largement dans le département des Hautes-Alpes pour accueillir, accompagner, être aux côtés de celles et ceux qui nous viennent d’ailleurs. 

Cet engagement, sans relâche et quotidien, nous apprend tous les jours à connaître ces personnes, celles qui viennent dans l’espoir d’un avenir meilleur, ces mêmes personnes qui sont ou seront, aujourd’hui ou demain, nos voisin.es, nos collègues et ami.es. 

Comme elles, c’est aussi l’espoir, le changement, l’aspiration à une vie meilleure qui motive nos actions, et les vôtres, chaque jour. Et si, depuis plusieurs années, cette énergie qui construit collectivement nos sociétés est fragilisée par les politiques qui se succèdent, aujourd’hui, plus que jamais, elle risque d’être définitivement brisée. 

L’extrême droite est aux portes du pouvoir. 

Cette idéologie va briser les vies de celles et ceux qui se battent, avec courage, chaque jour pour vivre décemment. Cette idéologie méprise les droits fondamentaux des personnes, mais aussi les voix citoyennes qui s’élèvent pour porter le changement et l’espoir jusqu’à même remettre en cause l'universalité de nos valeurs. 

Une prise de pouvoir de l'extrême droite signifierait par exemple la remise en cause de protection sociale pour les personnes étrangères, plus de violences administratives, des difficultés croissantes d’accès au marché du travail pour elles et eux, et toujours plus d'entraves aux solidarités : perte de financement pour les associations, menace juridique sur les organisations et les personnes, etc. 

Ne nous résignons pas. Ne les laissons pas nous prendre notre liberté d’agir, de créer, de construire. Ne les laissons pas décider de la vie de celles et ceux qui nous viennent d’ailleurs. Le 30 juin et le 7 juillet, pour les élections législatives, mobilisons-nous massivement. Faisons le pour nous, faisons le pour celles et ceux qui ne le peuvent pas, faisons le pour aujourd’hui et pour demain. 

La montée de l’extrême droite ne date pas d’aujourd’hui, ni d’hier. Mais demain, ses idées racistes, xénophobes et dangereuses pour l’équilibre de notre société, de nos vallées montagneuses, pourraient arriver au pouvoir en France. 

  • Diffusez ce message autour de vous. 
  • Parlez-en à vos collègues, ami.es et voisin.es. 
  • Encouragez à aller voter, d’autres, notamment de nationalités étrangères, auraient aimé pouvoir le faire. 
  • Portez les voix qui feront barrage à l’extrême droite. 
  • Soutenez le vivre ensemble et la solidarité. 
  • Rejoignez-nous dès aujourd’hui, et encore plus demain. 
  • Un autre monde que celui proposé par l’extrême droite est possible.
Associations signataires :




PARTENAIRES : REVIVRE Association d'aide aux réfugiés et aux détenus d'opinion

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ACTIONS : intervention de Félix Chabaud au Lycée Costebelle à Hyeres le 17 Mai 2024

 Suite à mon intervention au lycée Costebelle à Hyères  le professeur a invité les élèves à livrer leurs réflexions. 

Voici l'un des textes. 

Il est réconfortant en ces temps plus que troubles de lire ces témoignages de certains de nos jeunes. 

Ils me confortent dans l'idée qu'il faut aller vers eux, expliquer les migrations, parler d'action humanitaire. 



jeudi 27 juin 2024

ACTIONS : Compte rendu de la maraude du 1° Juin 2024

 

Véronique D. : Un grand merci pour vos dons, votre soutien et votre fidélité!


Il faut aussi remercier et féliciter l’équipe de jeune cuistots du collège de Montauroux, pour un “chili con carne” vraiment délicieux et très apprécié par les jeunes migrants à Vintimille - merci pour eux.


A notre arrivée à Vintimille, nous sommes allés directement au local de Progetto 20k pour donner des tentes achetées pour les migrants. Le maire de Vintimille voudrait que le campement de tentes ("tentopolis") sous le viaduc soit éloigné du centre ville de Vintimille et donc, bientôt, le campement de fortune sera démantelé. Progetto 20k va stocker les tentes pour ceux qui  sont installés à Vintimille le temps qu’ils obtiennent leur papiers.

Maintenant je laisse la parole aux autres maraudeurs et maraudeuses….

Christine (et Lina) :

Ma fille de 16 ans Lina, et moi même avons pour la première fois partagé cette maraude en votre compagnie, cela restera une première expérience inoubliable.

Avant d’arriver, nous avions une idée de ce qui nous attendait, car Shara nous avait déjà bien parlé de la situation.

Mais nous avions aussi tellement d’interrogations. Notamment sur la façon dont nous aurions à interagir avec les migrants, venant de pays différents, de cultures différentes, avec cependant en commun une histoire personnelle très difficile. Car au delà de leurs conditions de vie actuelles, le seul fait d’arriver jusqu’à Vintimille a été pour tous un parcours du combattant.

Certains ont le visage fermé, ne nous regardent pas dans les yeux, ne nous adressent pas un mot, tandis que d’autres sont tout sourire, et échangent bien volontiers avec nous leur aventure, leurs expériences, et livrent parfois des détails sur leurs familles laissées derrière eux.*

Cela a été le cas avec un jeune homme sénégalais, qui rêve de pouvoir travailler en France afin de fuir des conditions de vie difficiles, mais surtout pour être en mesure de subvenir aux besoins de sa maman et de ses deux jeunes sœurs restées au pays.

Il est parvenu, après tout un périple, à rejoindre l’Espagne où il a passé 6 mois, dans des conditions de vie similaires, selon lui, à son pays.

Il est maintenant à Vintimille depuis 2 mois, cherchant à entrer sur le territoire français. Ses quelques tentatives n’ont abouti qu’à des échecs car il a été refoulé systématiquement par les autorités françaises.

Il aime la lecture, principalement les livres d’amour et d’aventures, et est à la recherche d’un livre que Lina et moi même lui avons promis d’essayer de trouver pour lui. Cela semble lui tenir à cœur.

Nous espérons que la prochaine maraude sera pour nous l’occasion de le revoir et de lui offrir ce livre tant attendu.

Nous pensons aussi à ses compagnons de route, qui, le temps d’un repas, profitent d’une pause en notre compagnie, de près ou de loin.

Nous espérons à nouveau partager ces moments avec la super équipe de bénévoles à la prochaine maraude.

 

Marina :

 

Encore une maraude remplie d’émotions. Un immense merci à Shara pour son organisation impeccable. Merci à tous les amis; c’est toujours un bonheur de vous retrouver, même dans ces conditions si tristes.

 

C’était une maraude plutôt calme, avec peu de migrants, mais elle s’est déroulée sereinement. Nous avons fait de belles rencontres, notamment avec un jeune Marocain que j’ai redirigé vers notre ami Walid, son compatriote, afin qu’ils puissent s’entraider. Puis il y a eu William, un Camerounais de 40 ans, qui a été un véritable coup de coeur par sa gentillesse et sa culture. Il a decidé de reprendre ses études à la rentrée dans le domaine des statistiques auprès d’assurances. Un vrai battant, il nous donne une belle leçon de vie et de courage.

 Rosario : 

 Retour sur la maraude du 1er juin organisé par Shara. Comme depuis plusieurs mois la maraude s'est passée dans un calme olympien, plus ou moins les mêmes visages que la dernière fois, ce qui conforte mon idée que sont des migrants établis pour la plupart à Vintimille en attendant une régularisation, idée confortée par la discussion qui j'ai eu avec la jeune fille qui s'occupe de Progetto.  Néanmoins ils restent des personnes vulnérables et en détresse, confronté au problème d'un logement et d'un travail, et la décision de la mairie d'extrême droite de raser le campement sous le pont n'arrange pas les choses.

On a distribué un délicieux chili con carne vraiment bien préparé, et des produits d'hygiène sans compter la distribution des sourires au combien important pour des personnes qui depuis des mois voient que les visages fermés et dures des autorités.

 

Françoise : 

 Week end collecte et maraude, qui avaient déjà commencé le jeudi et le vendredi matin au collège de Montauroux. 

C’est là, dans l’intimité de leur cuisine, que jeudi le repas se préparait. Les élèves de la classe de SEGPA, guidés par leur professeur Camille Portelli, ont en effet préparé un délicieux Chili Con Carne pour 80 personnes. Nous voulons pour cela leur exprimer nos plus sincères remerciements !!  Le repas a été vraiment apprécié,

et des mains et des pots en carton revenaient pour une seconde portion, avec presque une certaine « gourmandise »... 

Félix est intervenu le vendredi matin auprès de ces mêmes élèves, sur la raison d’existence de Pays de Fayence Solidaire et de notre solidarité auprès des réfugiés à Vintimille. 

Ils ont échangé ensemble sur les chemins des réfugiés  (avec son diaporama en soutien) et la raison de leurs départs vers un avenir qu’ils souhaitent meilleur. Tous les élèves ont participé activement à cette discussion et nous ont surpris par leurs réflexions pertinentes et leurs savoirs. Ce fût un vrai beau moment de partage ! Merci encore Camille ! 

   ***

La triste nouvelle du décès d’un jeune réfugié gambien ce samedi midi, mort seul dans sa tente sous le viaduc, était dans nos esprits durant toute la distribution.  

Ce fut pourtant comme souvent une maraude calme, nos convives sont arrivés par petits groupes pendant presque deux heures. 

Entre des visages sombres, souvent de larges sourires qui arrivant devant la table des vêtements essayaient ici une casquette, là un t-shirt à la mode, là une veste ..  Comme chaque mois on leur a à tous donné un boxer et une paire de chaussettes neuves. Dans leurs mains déjà leur repas, le sac de victuailles et des produits d’hygiène en route vers la table des boissons chaudes et fraîches ! 

Au-delà des mots, après la distribution plusieurs ont rebroussé chemin avant de partir et ont exprimé leur reconnaissance avec force démonstration de bras ouverts désignant

tout le groupe de maraudeurs ! Qu’il est beau cet instant  d’expression désintéressée et spontanée ! 

Vintimille n’est majoritairement pas une ville accueillante pour eux, mais ils auront connu grâce à votre aide et vos dons, à cet instant là, quelques moments de joie !!

Ces bras ouverts sont pour vous tous !!









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Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:

 https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal


2 juin 2024par Shara Quartermaine, Organisateur
A sad day in Ventimiglia yesterday - we were informed at lunchtime that a young African from The Gambia had died in his tent that day - apparently he felt unwell in the night but it was only when friends went to check on him that they realised that he had passed away. His family have been notified and hopefully his body will be repatriated.

The food distribution was calm and quiet - we served up a delicious chili con carne produced by the students at the College de Montauroux. there were only about 60 refugees - so we handed out clothes, underwear, towels and toiletries as well as the hot food and food bags. Everybody was pretty well catered for last night. The word has gone out that the mayor of Ventimiglia is going to « clean up » the area where they sleep; so once again they will have to move on and try to find somewhere else to shelter for the night. As summer approaches, and rich visitors arrive, the unsightliness of the refugees hanging around in Ventimiglia becomes more of an issue for the Mayor. Steps are put in place to make life as uncomfortable as possible for them so that they stay away from Ventimiglia altogether. It’s as simple as that! Thank goodness there are so many different associations, as well as citizens of Ventimiglia, who recognize that they are human beings too.