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Riveria24it - Migranti a Ventimiglia, a giugno sgombero dell’accampamento sul greto del Roja
Présentation du documentaire " Welcome to Euroe "
HAUTES-ALPES: À MONTGENÈVRE, LES MIGRANTS CONTRÔLÉS NE SONT PLUS REFOULÉS EN ITALIE
Il pourrait être ici envisagé de reconstituer ( en les fusionnant éventuellement avec les autres comptes rendus publiés sur Go Fund Me et sur Face Book ) un historique des témoignages envoyés avec chaque compte rendu de maraudes.
Il conviendrait alors de s'orienter ( à parti de 2024 par exemple ) d'un ARTICLE par MARAUDE.
VOIR avec Véronique D. si elle a conservé les comptes rendus antérieurs au 19 décembre 2020
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Et
maintenant, voici le compte rendu de notre dernière maraude :
Merci pour vos dons en nature ou espèces qui nous ont permis d'assurer cette
nouvelle maraude du 6 avril. Nous sommes partis de Fayence avec trois véhicules
remplis à ras bord. A notre arrivée sur le parking habituel, à l’entrée de
Vintimille, les réfugiés ont formé une file d’attente. Deux d’entre eux se sont
joints à nous pour installer les tables, rubalises, et les divers équipements
nécessaires à la distribution. Nous avons distribué 60 repas chauds à base de
riz-légumes-poulet-merguez, bien relevés comme ils aiment, un sac de
victuailles pour le lendemain. Le temps était clément. Le brouillard dense de
fin d’après-midi à la frontière s’est évanoui dans la soirée. Les réfugiés ont
pris le temps de manger sur les coussins et tapis déposés par nos soins au sol
en arrivant. Nous avons aussi distribué des sous- vêtements , des produits
d’hygiène, ainsi que des vêtements. Le besoin de chargement des téléphones
était beaucoup moins important cette fois ci.
La soirée
s’est passée dans une grande sérénité. Les réfugiés toujours aussi dignes et
respectueux, venaient notamment de Somalie, du Sénégal, du Mali, du Bénin,
d’Albanie, du Maroc, de Tunisie, (peu d’Érythrée et du Soudan cette fois encore
semble t-il). Une seule femme parmi eux. Nous reconnaissons certains d’entre
eux qui nous disent vouloir s’intégrer en Italie où ils décrochent quelques
petits boulots.
Christine,
notre infirmière dévouée a apporté quelques soins à une dizaine de réfugiés,
des blessures désinfectées et pansées, du paracétamol pour les maux de tête.
Pas de grosses fièvres semble t-il heureusement.
Voici le
témoignage de Bernard :
Lorsque
nous sommes arrivés sur le parking, plusieurs migrants sont venus nous aider à
installer le dispositif de distribution. Cela fait toujours plaisir de les voir
s'impliquer ainsi, et cela donne l'occasion de quelques échanges avec eux. Les
migrants étaient beaucoup moins nombreux que prévus ce soir, une quarantaine
environ, alors que nous avions prévu une distribution de 90 repas.
Surprise,
étonnement, interrogations ... Il faut reconnaître que cela était un peu
désarçonnant : comment expliquer un tel écart ? Que signifie-t-il ? Quelles
situations, quelles réalités, cela recouvre-t-il ? Car si la réduction du
nombre de migrants peut sembler a priori une bonne nouvelle, elle suscite
également de l'inquiétude, et nous interpelle sur sa signification.
A chaque
maraude, il nous faut ajuster notre regard sur la situation constatée sur le
parking de Vintimille : ce regard ne doit pas être figé, se figer, mais au
contraire s'ajuster, s'adapter, évoluer, accepter les écarts, les
interrogations, voire les suspicions.
Le calme
surprenant de cette maraude, comme une certaine langueur, a été propice à
certains échanges plus approfondis que d'habitude avec certains migrants, tel
cet Egyptien ou ce Sénégalais qui parlaient bien le français, ou encore cet
homme blessé, nous décrivant son intervention chirurgicale et son désarroi de
ne pas pouvoir se procurer au quotidien suffisamment de médicaments pour calmer
sa douleur, avant d'enfourcher son vélo pour s'en aller dans la nuit.
Il a été
possible cette fois de proposer aux migrants plus d'un sac de repas, et ils ont
été nombreux à l'accepter avec satisfaction. Pour autant, la plupart ont fait
part d'une grande retenue, hésitant à se resservir, ou ne le faisant qu'avec
parcimonie.
Malgré
leur regard reconnaissant, on pouvait ressentir chez beaucoup comme une grande
fatigue ou une grande lassitude.
En fin de
soirée, l'un de ceux qui avait déjà participé à l'installation est allé
ramasser tous les coussins qui avaient été mis à la disposition des migrants
pour leur repas et nous les a déposés discrètement avant de s'en retourner.
Et celui
de Michel :
Maraudage
Printemps des migrations, la
saison l’exigeait,
Une douzaine d’oiseaux,
rossignols, moineaux, geais,
Déplumés pour certains, fleur de
l’âge pour d’autres,
D’un coup d’aile, cap à l’est,
jouèrent les apôtres.
Vers leurs frères, moins pourvus,
qui fuyaient bien des maux,
Ils apportaient du grain, des
fruits, du pain, leurs mots.
Peu nombreux, déjà là, partageant
le bitume
Avec la transalpine comme il est
de coutume,
Ils attendaient, patients, qu’on
donne la becquée,
Une pause, un repos, d’un
parcours compliqué.
Patte offerte, un regard échangé
à la hâte,
Ils restaient les victimes de
maints lois scélérates
Qui distinguaient les races, les
espèces, les familles,
Leur plumage, leur ramage, ici, à
Vintimille.
Ils ont quitté leur nid, loin de
là, dans le sud,
Laissant parents, amis, souvent
la servitude.
D’un vol mal assuré, ils
atterrissaient là,
Groupés en un seul chant, issus
du même la,
Celui de la brisure, du mépris,
du rejet,
L’âpre goût de n’être pour soi,
pour l’autre, qu’un étranger.
Ainsi fut fait. Gosiers rincés,
gésiers remplis,
Oiseaux et oiselles entonnèrent
le repli.
Alors tout en haut des branches
de leurs platanes,
Scrutant les hommes dans un
souffle de tramontane,
Ils pépièrent un refrain, peu
souvent entendu.
Jamais la gent ailée ne réclame
son dû.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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47 - Maraude du 9 mars 2024 - Organisée par Bernard :
Le compte-rendu de Véronique D. :
Depuis
quelques mois, nous avons la chance de compter parmi nos maraudeurs deux
infirmières qui s'arrangent pour être présentes à tour de rôle à Vintimille.
Elles font ce qu'elles appellent de la “bobologie” ; pour les maux plus graves,
elles orientent les migrants vers la Caritas qui a une permanence médicale tous
les jours de la semaine, et vers Médecins du Monde présent sur le parking de
distribution deux fois par semaine. Ce 9 mars, Laurence a pu soulager avec des
crèmes hydratantes des mains abîmées par le froid et le manque d'hygiène,
également des maux de tête pour lesquels elle a donné des cachets de Doliprane,
et des maux de gorge pour lesquels elle donne des Gouttes aux Essences diluées
dans de petites bouteilles d'eau, à boire par petites gorgées sur un ou deux
jours. Elle souligne que les contacts sont très confiants, malgré la barrière
de la langue.
Danielle,
elle, a pu parler avec un homme venu...du Cachemire : comme c'est loin !
Voici le
témoignage d'Ariane et Jean-François :
Une belle
maraude préparée de mains de maître par Bernard. Deux plans de distributions
sont prêts : avec et sans pluie ...et finalement on improvisera !
La
collecte s'est déroulée dans la bonne humeur, avec quelques donateurs généreux
nous fournissant des fruits, dattes, œufs et gâteaux en quantité. Grâce à leur
soutien, nous avons réussi à préparer 92 sacs.
Une fois
les sacs bien prêts nous avons pu charger les véhicules : tables, barnums,
café, thé, caisses services, projecteurs, …
Le stress
s'est progressivement installé au fur et à mesure de la journée, les prévisions
météorologiques annonçant des conditions précaires.
Cependant,
malgré ces craintes, nous nous sommes lancés sur la route avec détermination. !
Arrivés
sur place, nous avons rapidement installé les deux barnums pour nous protéger
des intempéries, mais finalement, le temps est resté sec, apaisant ainsi nos
inquiétudes initiales.
Après un
montage rapide des tables, la distribution a commencé dans la bonne humeur. Les
rangs de migrants sont clairsemés, ils arrivent petit à petit. Malgré cela,
chaque repas et chacun des 92 sacs ont trouvé preneurs auprès d’une
soixante-dizaine de migrants. L’arrivée progressive des migrants a finalement
participé à une ambiance détendue et conviviale.
La
demande pour certains produits, comme le pain, les bananes et les dattes, était
particulièrement forte en raison du Ramadan. Ces aliments sont essentiels pour
les migrants, leur fournissant l'énergie nécessaire pour tenir toute la journée.
La
maraude s’est terminée tôt … et nous avons finalement croisé les intempéries
sur la route du retour !
Et celui
de Bernard :
Alors que
je discutai avec un Marocain d'une trentaine d'année, il m'indiqua qu'il était
arrivé voici trois mois, son périple clandestin l'ayant conduit en Libye puis
en Sicile.
Notre ami
Filippo, toujours aussi présent à Vintimille, nous a raconté que le dépôt de
vêtements, tentes et couvertures, qu'il avait installé en libre service pour
les migrants, sous le pont, avait été incendié il y a une quinzaine de jours,
et que l'intervention des pompiers qu'il avait prévenus par téléphone fut très
lente, lui même arrivant, depuis son domicile, sur les lieux en même temps
qu'eux, alors que leur caserne jouxte le parking.
Il a été
très émouvant de voir, en fin de maraude, ce jeune homme qui a tenté de
dialoguer avec nous tout au long de la soirée, se joindre à nous pour la photo,
devenue culte, de la rosace de nos pieds de maraudeurs, pour rendre hommage à
la longue marche des migrants.
Et nous
avons aussi retrouvé cette jeune femme, que nous avions déjà vue le mois
dernier, venir faire ses courses pour elle et ses deux enfants, toujours aussi
dynamique et joyeuse, avec une vivacité étonnante.
"Elle ne lâche rien!" s'est alors exclamée Marina, alors que nous étions en train d'admirer le courage de cette jeune femme.
Et vous non plus, donateurs et bénévoles, vous ne lâchez rien :
grâce à vos dons et vos soutiens, nous avons pu organiser cette maraude.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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46 - Maraude du 10 février 2024 - Organisée par Véronique et Gérard :
Le compte-rendu de
Véronique Mauroy :
Merci pour vos dons en
nature ou espèces qui nous ont permis d'assurer
cette nouvelle maraude du 10 février sur le parking habituel, à l’entrée
de Vintimille, près du pont sous lequel les réfugiés dorment comme ils peuvent.
Nous avons distribué 90 repas chauds à base de pâtes-pois chiches-légumes-merguez,
un sac de victuailles pour le lendemain, un sac comprenant des sous vêtements
et une couverture de survie, un sac de produits d’hygiène, ainsi que
quelques vêtements. Les 110 grandes bouteilles d’eau (1,5 l) données par le
Relais Solidarité ont toutes été emportées. Les couvertures et duvets ont été
remis plus tôt dans l’après-midi par Shara à l’association UPUPA qui les
distribuera le lendemain aux réfugiés, au sec.La soirée s’est passée dans une
grande sérénité. Les réfugiés toujours aussi dignes et respectueux, venaient
notamment de Somalie, du Sénégal, d’Érythrée, du Mali, d’Albanie, du Maroc,
(peu du Soudan cette fois ci semble t-il).
Nous avons eu de la chance. La pluie qui
tombait abondamment depuis deux jours s’est arrêtée juste avant notre arrivée.
Nous avions emmené un grand parasol et envisagé de nous installer plus près du
pont pour éviter la pluie sur la file d’attente. Mais finalement nous n’avons
eu besoin que d’un seul petit barnum dressé au dessus des deux postes de
distribution des repas. Cela procure d’ailleurs une nouvelle ambiance, plus
conviviale, à l'ensemble du dispositif. Nous le conserverons peut être dans l’avenir
même par temps sec. Les uns et les autres sont plus aguerris avec le système de
pliage, qui nécessite d’être quatre (nous étions même 6 ou 7 à tenter de le
plier dans une danse improvisée, une vis introduite au montage bloquant nos
tentatives, finalement avec succès! Quelques souvenirs de lits pliants de
bébés…). La pluie n’a repris que plus tard, après la distribution, sur la
route du retour dans le Var.
Laurence, notre infirmière dévouée a
apporté quelques soins à une dizaine de réfugiés, des crevasses causées par le
froid et des blessures désinfectées et pansées, du paracétamol pour les maux de
tête. Pas de grosses fièvres semble t-il heureusement.
A noter que 6 ou 7 policiers étaient ce
jour là postés à distance.
Le témoignage de
Bernard :
Elle était sinon la première, en tous
cas parmi les premiers, dans la file d'attente. Au début souriante, puis de
plus en plus volubile et joyeuse de voir qu'on acceptait de lui fournir
plusieurs repas pour ses 3 ou 4 enfants qui l'attendaient, sans doute pas
très loin du parking. Elle explique qu'elle ne pourra venir demain à la
distribution, comme pour s'en excuser, et que c'est pour cela qu'elle demande
plusieurs repas ... qu'elle oublie, et qu'elle vient rechercher quelques
minutes plus tard, toujours aussi souriante !
Il faut dire que ce soir, grâce
à votre générosité, nous avons eu un peu plus de fruits que d'habitude, et
que nous pouvons ainsi les mettre en libre distribution ... Succès garanti,
tous demandant un sac supplémentaire pour pouvoir le remplir de ces précieuses
denrées. Alors, parfois, c'est compliqué de pouvoir partir avec plusieurs sacs,
d'où cet oubli bien vite récupéré.
Cela faisait longtemps que je n'avais
pas vu "Zidane" qui, ce soir, parcourt dans la nuit le parking sur
son nouveau vélo, tel un cowboy au milieu de la pampa ! Il est manifestement
heureux de sa nouvelle acquisition, et cela fait plaisir à voir, car cela
signifie qu'il a pu améliorer quelque peu sa situation ... qui demeure
précaire, car s'il a pu trouver un travail non déclaré, cela l'expose
également à certains employeurs peu scrupuleux, qui n'hésitent pas à
ne pas lui payer plusieurs journées de travail réalisées.
Après le repas, je vais distribuer
quelques écharpes à Jawad et ses compagnons. Ils en prennent quelques-unes,
mais au lieu de vider toute la caisse, Jawad me dit : "On en a pris assez,
il faut en laisser pour les autres, va leur donner là bas ... ". Ainsi,
même dans le froid et la misère, les notions de solidarité et de partage
existent encore. Une belle leçon que nous donnent ainsi ces migrants.
Et il fut le dernier, alors que nous
étions sur le départ. Un jeune homme souriant, paraissant détendu, nous
explique qu'il revient de Suède car il doit retourner en Sicile, première
terre où il est arrivé, pour faire renouveler ses papiers! Parlant 7 langues,
préférant voyager seul, il est content de son parapluie qu'il a trouvé et qu'il
désigne avec humour, nous indiquant qu'au moins avec lui, il pourra se protéger
en cas de pluie!
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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45 - Maraude du 13
janvier 2024 - Organisée
par Shara :
Avant de vous communiquer le compte-rendu de notre dernière
maraude, nous vous invitons à nous rejoindre :
Contre la promulgation de la Loi immigration
Dimanche 21 janvier 2024
rassemblements citoyens
A Draguignan, à 10 h 30 devant la sous-préfecture
En décembre, nous avons été nombreux à estimer que la loi Immigration, loin
de répondre aux problèmes posés par l'accueil des personnes arrivant sur le sol
de notre pays, les stigmatisaient abusivement, sur un fond de discrimination
non conforme à l'esprit et à la lettre de nos lois.
Nombreux ont été ceux qui ont signé l’appel demandant au Président de la
République de ne pas promulguer cette loi.
Elle remet en cause les fondements mêmes
de notre société et du vivre-ensemble (préférence nationale, remise en cause du
droit du sol, durcissement des visas étudiants et de délais de carence pour
bénéficier de certaines prestations sociales, dont l’APA etc.). Comme si cette
loi n’était pas assez dure et régressive, le Gouvernement prévoit aussi de modifier rapidement en
profondeur le droit à l’Aide Médicale d’État.
201 personnalités, issues
d’associations, d’organisations syndicales et de partis politiques
viennent de signer un appel
« Marchons pour la
liberté, l’égalité et la fraternité »
Il a été décidé d’organiser le dimanche 21 janvier des marches
citoyennes sur l’ensemble du territoire.
"Pays de
Fayence Solidaire", à travers l'expérience que ses membres ont d' une approche
réelle de la situation de migrants, de demandeurs d'asile, de réfugiés depuis 6
ans déjà, a choisi de participer à ces marches citoyennes ou
rassemblements .
Les membres de son Conseil
d'Administration seront à
Draguignan, à partir
de 10h30, devant la sous-préfecture
La maraude du samedi
13 janvier : à petite maraude (en nombre de convives), grand compte-rendu !
Shara :
Merci beaucoup pour vos dons si généreux
pour notre maraude du samedi 13 janvier – notre deuxième maraude de l’année !
Nous sommes partis du Canton de Fayence avec 5 véhicules – un délicieux et
nourrissant repas chaud preparé par Jean-Pierre et Dominique, des sacs
alimentaires pour 150 personnes et des produits d'hygiène, des gants, des
bonnets et écharpes, des couvertures et des sacs de couchage…….tristement, la
fidèle Espace de Michel n’est pas arrivée à sa destination finale et les
couvertures et les sacs de couchage se sont retrouvés à Tassy pour la maraude
de février!
Par rapport aux mois précédents, les
migrants ne sont pas très nombreux à Vintimille – plutôt des
"stationnaires" qui ont fait leur demande d’asile et sont obligés de
rester à Vintimille (toujours sans logement et sans abri) dans l’attente de
recevoir leur permis de séjour.
On reconnaît plusieurs d’entre eux : des
Soudanais, des Marocains, des Somaliens. Le "samedi" mensuel de Pays
de Fayence Solidaire est bien connu par les"’stationnaires" : ce
n’est pas souvent qu’ils reçoivent des produits d’hygiène, des écharpes et des
gants, un repas chaud et un sac alimentaire – ils sont tellement
reconnaissants de tout ce qu’on fait pour eux.
A la fin de la distribution, nous avons
laissé le surplus à deux autres associations à Vintimille – tous les
matins elles vont à la frontière avec de la nourriture et des vêtements pour
aider les migrants qui sont refoulés. L’entraide entre nos associations est si
importante et fait partie de notre "travail" à Vintimille.
Véronique :
Samedi, nous avons pris la route
de Vintimille, répartis dans 5 véhicules chargés à bloc.
Arrivés à la dernière aire d’autoroute,
nous n’étions plus que 4 véhicules, avec un message sur le groupe Whatsapp :
Michel et Renat tombés en panne sur l’autoroute, dans une montée en virage,
dans le noir, et à la recherche d’une borne pour appeler les secours. Les
conditions ne permettaient à aucun d’entre nous de faire demi-tour pour leur
venir en aide, car il n’y avait pas d’espace pour s’arrêter. Alors nous avons
continué la route sans nos amis et sans….. les couvertures tant attendues par
les réfugiés !
Sur le parking, une soixantaine d’entre
eux se sont approchés le temps de notre installation, éclairés par les spots
que nous emmenons avec nous.
Nous avons distribué une soixantaine de
repas chauds cuisinés le matin par Jean-Pierre et Dominique et leurs amis: de
bonnes pâtes agrémentées de carottes, courgettes, pois chiches, oignons,
poulet.
Les jeunes hommes les dégustent assis
sur les draps, coussins, nattes que nous avons déployés sur le sol. Parmi les
migrants quelques uns que nous reconnaissons et qui nous reconnaissent aussi.
Quelques sourires et poignées de main échangés.
Marina :
Après quelques maraudes plus intenses, celle-ci a été plus calme, avec peu
de migrants. J'ai été surprise cette fois-ci par les communautés qui étaient un
peu différentes, avec quelques Pakistanais, des personnes du Sud et plus de
Nord-Africains que lors d'autres maraudes. J'ai eu la possibilité d'amener mon
amie Aminata, qui a été très contente de pouvoir apporter son aide.
Enfin, nous avons eu un coup de cœur pour la joie de vivre et la chaleur
humaine de deux Marocains adorables qui nous ont parlé de football avec la CAN
approchant. Malgré la tristesse du moment et les difficultés qu'ils
rencontrent, certains parviennent à avoir de l'humour et à garder le sourire.
Félix :
Filippo est « a posto » dès notre arrivée sur le parking du cimetière. On
reconnaît de loin sa silhouette un peu massive de bûcheron et sa barbe blanche
de père Noël. Il est là tous les soirs depuis des années, il surveille, il aide
à l’accueil des migrants et à leur mise en place dans la longue file d’attente.
Tous ceux qui séjournent un peu à Vintimille le connaissent et sa présence
bienveillante et quelque peu autoritaire rassure. Il cherche des solutions
d’hébergement pour les couples avec enfants, les mères isolées ; sa femme et
lui accueillent temporairement les plus en difficultés à leur domicile.
Ce soir, il y a, à son avis, nombre de gars qui sont à Vintimille depuis
des semaines et travaillent « au black » dans le bâtiment pour s’en sortir. Il
a un mot pour chacun, il encourage. Mustapha l’a appelé de son centre de
désintoxication, il y a quelques jours. Il était fier de lui faire entendre son
changement, sa détermination à progresser. On se souvient que Filippo l’avait
calmé lors d’une crise de folie qui nous avait bien perturbés.
Un autre gars me raconte que Filippo l’a hébergé et soigné pendant des
jours à la suite d’une agression, il y a trois ans ; il bosse maintenant à
Vintimille, il s’intègre autant que possible, il est, semble- t-il, bien dans
sa tête. Voilà un peu de Filippo, et de son association Scuola di Pace.
On pourrait aussi parler des gens formidables qui organisent les séances de
toilette avec douche chaude sous les ponts, de tous ces jeunes engagés de
Projetto et autres, des groupes qui se relaient tous les soirs pour procurer un
peu de chaleur aux bannis de la terre.
C’est cela aussi nos maraudes, cette rencontre avec des personnages hors
normes, aidants ou migrants, des personnes qui nous invitent à l’humilité,
renforcent notre conviction d’être solidaires.
Bernard :
Du fait de l’absence de notre ami
Michel, bloqué avec Renat sur l’autoroute à cause d’une panne de voiture, je me
suis retrouvé seul ce soir au poste de rechargement des téléphones.
Est-ce que celui-ci est plus éloigné que
d’habitude des autres postes de distribution ou est-ce parce que j’y suis seul,
toujours est-il que je ressens ce soir un sentiment étrange en observant de
loin la file très fluide des migrants se déplaçant lentement le long des stands
de distribution.
Il y a peu de migrants ce soir, et
encore moins qui ont besoin de recharger leur téléphone. Mais l’important est
d’être là, présents, pour les servir.
Après m’avoir expliqué qu’il venait du
Pakistan dont il était parti voici six ans, pour arriver ici à Vintimille il y
a 3 ou 4 mois, ce migrant est resté quelques instants auprès de moi, tendu,
taciturne et silencieux. Comme s’il avait envie de me dire quelque chose, mais
qu’il se rendait compte tristement que cela lui était impossible. Alors il s’en
est allé, tout doucement, regagner la file des autres migrants attendant leur
tour de distribution.
Cela renforce mon sentiment d’une drôle
d’ambiance ce soir, comme un certain poids lié à la distance dont j’imagine que
les migrants doivent également souvent le ressentir. Absence des siens, de ses
proches, de ses amis. Distance géographique, affective, culturelle. Dans le
silence de sa peine et de ses angoisses.
« Vous allez bien me reconnaître » me
dit un autre, s’étonnant que je tienne absolument à lui délivrer un ticket (le
32) pour qu’il puisse récupérer plus tard son téléphone après son rechargement.
Echange bref, déroutant, qui montre la limite de nos échanges et de notre
connaissance de chaque migrant.
Accompagné d’un autre migrant provenant
du Maroc et parlant un peu le français, Jawad vient en fin de soirée me saluer
et me demander si je peux lui donner un téléphone - « un Iphone s’il te plaît »
dit-il en rigolant – ce qui n’est malheureusement pas le cas.
Je pense alors à Michel et Renat
marchant, tel deux migrants, le long de la barrière d’autoroute. Comme eux, ils
doivent ressentir cette peur d’être exposés à tous les dangers, mais aussi
cette détermination à ne pas se laisser submerger par l’angoisse.
Et enfin, les secours sont arrivés. Cela
faisait un moment qu’ils attendaient dans le froid de la nuit, au bord de
l’autoroute.
C’est peut-être cela le sens d’une
maraude : apporter quelques secours et réconforts aux migrants.
La mésaventure autoroutière de nos deux maraudeurs :
Michel, l'infortuné automobiliste, lâché par son véhicule sur l'autoroute, et
Renat, son passager : Et pourtant il y
monta, Renat (dans l'Espace)...
Inconscience ? Défi ? Sens du sacrifice ? On
ne saura jamais.
Mais après, on juge les amis sur leur adaptabilité, leur énergie
positive, leur présence. Et là, on se rend compte que le même Renat était
l'homme idoine. Agissant, suggérant, décidant comme il faut. L'aventure (je
suis désolé que nos invités n'aient pas pu profiter des couvertures contenues
dans la voiture) s'est terminée, tous les deux dans la voiture, sur le plateau de la dépanneuse,
puis dans les rues désertes de Menton ou rapidement à la table d'un resto
portugais.
Renat :
On m'avait vendu un voyage en Italie
pour partager des thés et des cafés avec des dizaines de copains.
Je me suis retrouvé avec mon pote
Totoche sur l'autoroute A8 près de la frontière dans un drôle de véhicule,
silencieux, surélevé (genre un espace dans l'espace) à contempler le paysage.
A l'arrivée : Menton ! Quartier nord
dans un bar resto portugais devant un verre de vin blanc, dégustant des
beignets de morue !
Inattendu ! c'est comme ça la vie !
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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44 - Maraude du 16
décembre 2023 - Organisée par Françoise
:
Alors que l’année 2023 touche à sa fin,
nous tenons, toute l’équipe de Pays de Fayence Solidaire, à vous remercier pour
l’incroyable chemin que nous avons parcouru ensemble. Cette chaîne de
solidarité qui existe chez notre association depuis des années ne se tarie
pas. Chaque
mois avec votre bonne humeur vous arrivez jusqu’au Mille Club, les bras chargés de denrées ou de vêtements,
mais aussi vous, les donateurs qui nous font des dons financiers tellement
utiles, vous, le Foyer Rural qui nous héberge, vous, les associations ou
groupements qui collectent pour nous, vous, les bénévoles qui nous offrent une
heure, deux heures, des dizaines d’heures par mois de votre temps…
M E R C I A V O U S !!!
En plus comme disait Véronique très
justement, la misère des migrants nous offre, à nous bénévoles, l'occasion de
moments de grâce et d’amitié. Puisse cela rejaillir sur eux ! Comme cet
instant magique à la fin de notre déchargement de maraude ce samedi soir à
Tassy, quand Renat Sette nous a chanté a capella un chant de Noël en
provençal, et qui sans doute a été emporté par le vent, chargé de notre
émotion, vers les résidents de l’EHPAD tout proche !
Une maraude calme en ce 16 décembre 2023.
« Seulement » 70 personnes environ, dont une jeune femme. Les 110
portions de repas préparé au matin par Hélène, avec la complicité d’Eric et
toute leur équipe, ont été distribués dans le calme. Plus de la moitié des 120
sacs de nourriture ont été également distribués, et le surplus est parti vers
l’association italienne Progetto (que nous aidons par ailleurs avec d’autres
dons). Nous leur avons apporté des bâches, mais aussi des gels douche et
shampoings en grand volume, ayant appris qu’ils avaient mis sur pied un système
de douche solaire pour les réfugiés, près du pont de la Roya !!! Qu’ils en
soient vivement remerciés aussi…
Parmi les besoins des réfugiés que nous avons
pu combler un minimum ce samedi soir, notre infirmière Christine a pu délivrer
de 6 points de sutures un jeune homme, qui les gardait depuis 1 mois… et qui
s’étaient en partie infectés. De grandes embrassades fraternelles ont suivi,
tant il était soulagé !
Voici les témoignages de quelques
maraudeurs …
Ariane et Jean-François :
Notre dernière maraude de l'année ! Merci,
grâce à vous tous nous sommes toujours là pour aider les migrants de
Vintimille. C'est tellement important ! Durant cette année 2023, il y a eu des
soirées très intenses avec de nombreuses personnes dans le besoin, mais aussi
des soirées plus calmes comme celle de ce samedi. Souhaitons qu'ils soient
toujours moins nombreux à l'avenir...
À notre arrivée, quelques personnes nous ont
vite rejoints et aidés à monter nos installations. Ils sont heureux de nous
voir!
La distribution s'est déroulée dans le calme,
ils se réchauffent les mains en tenant leur plat chaud et choisissant quelques
vêtements dans la file. Le stand téléphone a eu un petit succès cette fois-ci,
proportionnellement au nombre. Le thé et le café sont les bienvenus pour
terminer ce repas et prendre un peu de chaleur avant de commencer la nuit
dehors. Le froid devient de plus en plus glacial au fur et à mesure que les
heures passent. Heureusement notre infirmière est là pour soulager quelques
bobos, maux de tête,...
Bernard :
Ils étaient 3 par 3 ce soir
; est-ce un signe de la Trinité à l'approche de Noël ?
Alors que nous ne sommes
qu'à quelques kilomètres de Vintimille, nous apercevons dans un tunnel mal
éclairé trois ombres de migrants qui se faufilent rapidement le long de la
route de tous les dangers. Sont-ils parvenus à passer la frontière et poursuivre
leur improbable destinée vers la France, où auront-ils été repérés puis
refoulés ?
Ils sont encore trois, dont
peut-être une femme, à tenter d'engager la conversation dans la file devant le
poste de rechargement des téléphones. Ils viennent d'Erythrée, seul(e) l'un(e)
d'entre eux parle quelques mots d'anglais. Ils me demandent d'où je viens, si
je peux emmener l'un d'entre eux, combien on parle de langues en France. Ils me
montrent le ciel, y cherchent des étoiles, puis la lune. Est-ce un message codé
? Je ne le saurai jamais ; la conversation s'arrête là, car la file
avance, et il ne faut pas y perdre sa place.
Et encore trois en fin de
soirée, dont l'un souhaite faire remplacer son câble de téléphone qui est
cassé. Je lui donne le "52" (tous nos chargeurs ayant un numéro
d'identification pour faciliter les opérations de rechargement des téléphones)
; il est tellement content, que son sourire restera longtemps gravé dans ma
mémoire et associé à ce numéro lors des prochaines maraudes.
Mais il était
seul, Jawad, lorsqu'il vient me demander si je peux lui fournir un
téléphone ou une carte SIM, ce dont je ne dispose pas, ce qu'il comprend très
bien. Alors que je lui montre sa cigarette, m'apprêtant à lui dire que cela est
sans doute mauvais pour sa santé, il me devance en disant : "C'est cela la
misère ; j'arrêterai, lorsque je pourrai travailler pour vivre", avant de
s'en retourner vers l'obscurité du pont qui jouxte le parking.
Véronique :
Le parking où se passe la distribution était
propre. Les associations qui s'y relaient tous les soirs y veillent. Mais
lorsque l'on jette un coup d'oeil derrière le muret qui donne sous la voie
rapide, là où dorment les migrants, c'est l'horreur ! Ce ne sont qu'immondices
entassées : quelle indignité que de laisser dormir des êtres humains sur ces
décharges nauséabondes. Parfois, des bénévoles se retroussent les manches et
nettoient. Une fois même (en 6 ans !) la municipalité de Vintimille l'a fait
faire, à coups de pelleteuses. Il faudrait sans doute envisager de le faire
plus souvent, une fois par mois, peut-être ?
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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43 - Maraude du 18
novembre 2023 - Organisée par shara
Merci pour vos dons en nature ou
espèces qui nous
ont permis d'assurer cette nouvelle maraude du 18 novembre. Nous avons
distribué 136 repas chauds à base de pâtes-lentilles-légumes-merguez, un sac de
victuailles pour le lendemain, une couverture à chacun, ainsi que quelques vêtements,
et des produits d’hygiène. La soirée s’est passée dans une grande
sérénité. A noter que 6 ou 7 policiers étaient postés à distance, donc une
présence plus importante qu’habituellement, sans doute due au déplacement à
Vintimille d’un ministre ce jour là.
Françoise :
Nombreux d'entre eux se sont
installés au centre du parking, sur les coussins et nattes déposés au sol, pour
manger le repas préparé avec amour, boire le thé à la menthe ou le café et discuter...comme
une envie d'être ensemble, comme en été, mais ici dans le noir et le froid.
Nous sommes repartis avec le plein
de leurs jeunes sourires et de sincères remerciements adressés à tous ceux qui
ont participé de près ou de loin à cette distribution.
Avec un unique magnifique sourire
d'une jeune Ethiopienne arrivée depuis peu à Vintimille, répondant positivement
à la proposition d'aller dormir une ou deux nuits à l'abri, mais refusant
finalement, évoquant son compagnon qui était de "voyage" aussi .. et
préférant rester dormir sous le pont avec lui. Le "thank you Mama",
dit en repartant dans la nuit et avec le sourire fendait le cœur...
Esperons qu'ils auront un peu moins
froid cette nuit, et pas de faim au ventre ... quelques moments de répit
dans leur si long et difficile parcourt vers une vie meilleure...
Bernard :
Cela faisait longtemps que nous
n'avions pas installé le dispositif de distribution de la maraude en pleine
nuit, et cela lui a donné dès le départ une ambiance particulière. Les migrants
se faufilèrent tranquillement, à la lueur de nos projecteurs, telle des
ombres, vers la distribution.
Celle des couvertures est
particulière, car s'il faut tisser un long fil de laine pour obtenir une
couverture, il faut de même une longue chaîne de petits gestes, des donateurs
et des bénévoles, pendant plusieurs mois, pour les recueillir, les trier, les
stocker, les acheminer et enfin pouvoir les distribuer en quantités suffisantes
aux migrants.
Ceux-ci s'agglutinent devant le
coffre de la voiture contenant plus d'une centaine de couettes, de duvets,
de coussins et de couvertures. Il faut parfois faire preuve d'autorité pour ne
pas se laisser déborder, mais surtout de douceur pour pouvoir rassurer chacun
qu'il pourra avoir quelque chose, qu'il y en a assez pour tous, et faire
accepter que la distribution se fasse l'un après l'autre. On obtient ainsi
progressivement un calme relatif qui va permettre d'échanger quelques mots avec
chaque migrant et lui permettre ainsi de prendre son temps pour choisir
l'article qu'il souhaite.
Pouvoir choisir ! Le choix, le
choix entre une couverture ou une couette , ou encore un duvet
: lorsque celui-ci est possible, les visages s'éclairent ; parfois un
sourire, parfois une lumière dans les yeux.
Le choix. Quel choix ? Pendant
quelques brefs instants de vie, celui-ci ne se limite plus au choix de vivre ou
de mourir, mais à celui de comment survivre.
En disposant la couverture sur son
dos, à sa demande car ses deux mains sont déjà encombrées par les sacs de
denrées qu'il emporte, j'ai la furtive sensation de lui remettre cette
couverture comme s'il s'agissait de la clé de sa maison.
Les coussins ont moins de succès,
même si certains les réclament. Un migrant m'explique qu'il n'a pas besoin d'un
tel confort puisqu'il dort à même le sol. Et la couleur ! Le rose n'est
pas toujours le bienvenu. Mais il a quand même été pris ce petit coussin rose !
Puis ils s'en vont dans la nuit,
dans le froid, épuisés mais contents. Avec désormais une couverture pour seule
maison.
Hors texte : content de revoir, en fin de soirée,Jawad . Je ne
l’avais pas revu depuis longtemps ( depuis la maraude du 8 avril 2023 ) et on a
discuté un peu, comme de vieilles connaissances, de son périple …. Et de tout
le bien dont il a le souvenir du Kosovo et des Kosovars !
Laurence, notre infirmière dévouée:
Il n'y a pas eu de soins cette fois ci : les chaussures et les chaussettes
protègent les pieds. Mais en cette saison, des refroidissements, et aussi la
gale pour lesquels nous sommes démunis.
Martine:
Toujours émue par le paradoxe de
côtoyer la plus grande des détresses - loin de chez soi, des siens, de sa
langue - le dénuement total et l'endurance poussée au bout du bout - et la
chaleur humaine qui s'échange entre eux et nous. Ils étaient encore très
nombreux. Beaucoup ont mangé sur place et quand nous sommes partis, le parking
était nickel... Ils ont donc tous veillé à ne pas laisser de déchets sur place.
Et de ma place à la distribution du café, j'ai pu voir leurs visages vraiment,
vraiment ravis d'avoir reçu des couvertures !!!
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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42 - Maraude du 21
octobre 2023 - Organisée par Bernard :
Les
bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes, mais en voici une concernant Mimmo,
ce maire de Calabre qui avait fait revivre son village en accueillant des
migrants :
Immense
victoire en Italie et soulagement pour tous ses soutiens.
Condamné
en première instance à 13 ans de prison et à une très lourde sanction
financière. Mimmo était jugé en appel ce jour.
Le
parquet Italien avait demandé en appel une condamnation de 10 ans et 6 mois de
prison ferme.
L’ensemble
des accusations portées contre l’ancien maire de Riace se sont écroulées. Les
peines en première instance ont été annulées.
La Cour
d’appel Italienne a acquitté Mimmo des principales charges portées contre lui.
Il
ressort libre avec une peine d’emprisonnement avec sursis d’un an et six mois.
Les 17 autres accusés dans ce procès hors norme contre la solidarité et
l’accueil des migrants sont tous acquittés.
Pour la
peine avec sursis les juges ont estimé que Mimmo avait abusé de son pouvoir de
maire dans la politique d'hospitalité qu'il a animée à Riace.
Caro,
caro Mimmo, la tua generosa utopia di #Riace resta un faro.
En pièce
jointe, malheureusement, l'information n'est pas aussi bonne : de jeunes
migrants hébergés dans un foyer à Grasse se trouvent en butte à l'hostilité de
certains habitants. Soyons solidaires d'eux !
*
Merci
pour vos dons en nature ou espèces qui nous ont permis d'assurer
cette nouvelle maraude du 21 octobre dont voici trois témoignages :
Rolande :
Toujours
ce divin paysage sur une mer enchanteresse, au point de ralliement de
Beausoleil. Toujours sur le terrain vague de Vintimille qui côtoie le
cimetière, cette vision dramatique de cette cohorte d’hommes et de femmes qui
ont risqué leur vie pour la franchir dans le but d’échapper à la dictature, à
la misère. Ces êtres humains et à qui nous tenterons ce soir, avec respect, de
communiquer un peu de considération et de chaleur. Le matériel qui servira lors
de ces échanges humanitaires s’est bien enrichi depuis ma dernière
participation : tables, sièges, spots, matériel de recharge pour les portables,
coussins pour la prise des repas… le tout chargé, déchargé, mis en service avec
rapidité et dextérité suivant un plan minutieusement préparé par une équipe
aguerrie et homogène.
Le fumet
du repas chaud préparé chez Eric est alléchant, celui du café et du thé qui
seront distribués n’ont rien à lui envier. Les sacs contenant les repas froids,
les nécessaires de toilette, les socquettes, les couvertures de survie,
quelques vêtements chauds sont les bienvenus. Nous recevons une demande
pressante de chaussures et d’anoraks…
Comme à
l’accoutumée, je ressens de la honte à voir ces personnes alignées en file
indienne pour venir recevoir nourriture et petit nécessaire pour survivre dans
la dignité.Ce soir, nous avons rassasié environ 160 hommes, peu de femmes
(trois je pense).Tous remercient, les sourires qui ponctuent les paroles sont
plus ou moins éclatants en fonction de l’âge de nos « invités ». La lassitude
et une forme de découragement se lisent sur plusieurs visages, comment ne pas
comprendre ? Nous aimerions pouvoir tenter de discuter, mais le temps de
distribution est court, tous sont pressés de passer au stand suivant, nous ne
pouvons les faire attendre.
Notre
distribution dans sa globalité s’est déroulée dans le calme, mais un homme
exacerbé par une forte consommation d’alcool s’est montré agressif envers l'une
de nous. Situation douloureuse à vivre pour une bénévole venue, comme toute
l’équipe de Pays de Fayence Solidaire, pour tenter d’améliorer un instant le
quotidien de ces expatriés volontaires.
Laurence,
notre infirmière dévouée, n’a guère eu le temps de visionner les évènements,
accaparée comme elle le fut par le traitement de petites plaies et maux divers.
La
nuit est venue qui voit disparaître nos visiteurs vers quelques recoins cachés
sous un pont, à l’abri d’un porche…Pauvre triste monde ! Réaction qui m’a
beaucoup émue : un jeune ami migrant bisant en souriant sa couverture de survie
!
Bernard :
Bien que la veille de la maraude ait été sous le signe des
alertes météorologiques, nous sommes partis confiants ce samedi vers Vintimille
où nous attendait un ciel dégagé au soleil couchant. Peu de migrants présents
lors de notre arrivée, mais ceux-ci sont arrivés progressivement pour
constituer une longue file d’attente : près de 160 migrants, dont quelques
femmes, ont ainsi pu bénéficier d’un succulent repas chaud préparé le matin par
notre équipe de cuisiniers animée par Eric, d’un sac de victuailles, de
produits d’hygiène et de quelques vêtements.
Un grand merci à tous nos donateurs, donatrices et
bénévoles, dont le soutien constant et sans failles permet à notre action de
s’inscrire dans la durée.
Lorsqu’on prépare une maraude, on a beau essayer de tout
prévoir, l’imprévu et la péripétie sont toujours au rendez-vous ! Une
erreur de clé le matin, quelques soucis de débordement des gamelles contenant
le repas chaud lors de leur transport vers le local de Tassy, ne nous ont pas
empêché de partir dans les temps et d’arriver dans les délais à Vintimille.
Alors que l’installation du dispositif de distribution était
en cours, nous avons été confrontés à la violence de l’un des migrants sous
l’emprise de l’alcool et probablement de la maladie, induites par des années
d’errance et de misère. L’intervention de Filippo, un bénévole italien très
souvent présent lors des maraudes, qu’il soit ici remercié, a permis d’éviter
que la situation ne dégénère, mais celle-ci a pu être éprouvante pour certains
membres de notre équipe.
Au poste de distribution des boissons, les échanges sont
brefs, car les migrants veulent avant tout aller se restaurer. Mais je
n’oublierai jamais notre discussion avec Redwan, qui s’exprime dans un français
impeccable. Alors que je lui demande de quel pays il est originaire, il me dit
qu’il vient du Soudan du Nord, qu’il a fui voici déjà plusieurs années. Devant
mon étonnement, puisqu’on n' y parle généralement que l’arabe et l’anglais, il
m’explique qu’il apprend le français sur YouTube depuis seulement dix-huit
mois ! Quelle opiniâtreté ! Quel talent !
Alors que nous sommes sur le départ, deux migrants
reviennent exprès pour nous remercier et nous dire qu’ils se sont régalés,
tandis que d’autres installent leur bivouac de fortune pour passer la nuit sur
le parking.
Félix :
Courage,
Dignité.
Voilà ce
dont témoignent les migrants à chaque maraude. Courage d’affronter les
intempéries sous les abris précaires des ponts autoroutiers, les difficultés de
subsistance alimentaire, les problèmes d’hygiène, de santé, les blessures
psychologiques accumulées depuis le début de l’exil il y a des mois, des années
pour certains. Drames dus aux guerres, misère économique, impossibilité
d’envisager un avenir sur sa terre de naissance et, au long du périple,
menaces, humiliations, peurs, marginalisation, perte d’identité. Dignité malgré
tout. Ils sont là, debout, en file patiente, ils attendent leur part
quotidienne de survie, ils quêtent nos regards, notre main tendue vers eux.160
hommes et quatre femmes ce soir, jeunes, Africains venus d’Érythrée, du
Soudan, d’Afrique subsaharienne, du Maghreb aussi. Sourires, mots hésitants,
infimes, échangés en anglais, en italien, en français. Les regards s’allument,
s’enjouent quelquefois. Ils viennent de la nuit, je vois leurs mains ouvertes -
mains de travailleurs- leurs yeux brillants dans la lumière du réverbère. Ils
reçoivent leur part, un mot encore vers nous, un sourire, et ils s’en vont vers
la nuit en petits groupes d’amis, seuls quelquefois, et c’est terrible.
Quelques-uns – très rares- ont sombré dans l’alcool. Ils dérivent lentement,
ils vont se perdre. Dégradation. Violence. Les autres autour les raisonnent,
prennent patience.
M. est sénégalais. Il a travaillé 14 ans dans
les champs du Sud de l’Espagne. Clandestinité, exploitation. Il a rejoint la
France. Sa demande de statut de réfugié politique a été refusée. Le voilà
sans-papier en Italie. Il espère toujours. Il veut juste travailler, « gagner
sa vie », aider les siens en galère au pays. M est souriant,
digne.
Un chemin
d’errance parmi les 160 en rade ce soir à Vintimille.
On est là
pour le paquet de vivres, pour le sourire, la poignée de main, le regard vers
eux, et c’est important sur leur route.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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41 - Maraude du 23
septembre 2023 - Organisée par Shara :
La secrétaire se permet d'ajouter un mot : les maraudes sont une action collective qui
fédèrent beaucoup d'acteurs : donateurs, cuisiniers, maraudeurs, logistique,
etc, et sans eux tous, rien ne serait possible. Depuis deux ou trois ans, de
nouveaux adhérents prennent en charge l'organisation des maraudes à tout de
rôle, avec d'autres plus anciens. Il faut souligner le travail admirable qu'ils
font : préparer une maraude, cela veut dire faire des achats, constituer les
équipes et les mettre en place, préparer le matériel, penser à tous les détails
d'organisation et de communication. D'ailleurs, souvent, les personnes qui
participent pour la première fois à une maraude soulignent leur bonne
organisation.
Un immense merci donc à Françoise, Shara, Véronique, Bernard,
Gérard et Gérard, et merci, bien sûr, à vous toutes et tous !
Martine
3oo personnes et un calme impressionnant, une dignité et de la chaleur
humaine. Quelques mineurs, plus que d'habitude. A noter que le parking avait
visiblement été nettoyé et que tout était propre quand nous sommes repartis !
Je repars toujours partagée entre admiration (qu'est-ce que je serai
capable de faire à leur place ?) et colère contre un monde qui s'est très bien
organisé pour que l'argent passe les frontières mais laisse les humains bloqués
derrière ces limites administratives, à la merci de tous les abus, de tous les
vents, de tous les océans et déserts....Et c'est comme ça aux abords de toutes
les frontières !!!
Félix :
Plus que jamais, j'ai ressenti ce samedi combien notre engagement était
juste.
J'ai été très impressionné par l'infinie patience et le calme de ces
centaines de personnes en souffrance. Elles avançaient tranquillement,
respectueusement, malgré la faim, faisaient effort de sourire, d'empathie, de
gratitude. Aucune agitation, aucun débordement. C'était poignant de croiser
leur regard, de savoir pour chacun de ces hommes le drame de l'exil, l'abandon
d'une terre natale, les épreuves horribles au long du parcours, les difficultés
à venir dans nos pays riches incapables de penser l'accueil des misérables.
Combien de Soudanais samedi ? Plus de 200 peut-être. Les pays en guerre se
vident de leur sang jeune et c'est insupportable. Comment peut-on être
indifférent au destin de cette jeunesse qui ne demande que son dû, la paix, un
partage équitable de la richesse de la vie?
Ariane et Jean
François :
Une maraude
impressionnante ce samedi 23 septembre de par le nombre... Quand nous sommes
arrivés, déjà beaucoup de personnes nous attendaient assis le long du mur.
Dès que nous avons ouvert nos voitures, quelques hommes souriants et
parlant un peu français sont venus nous aider à décharger les caisses et à tout
installer.
L'organisation était parfaite et cela a permis une distribution très
fluide.
Un bon repas chaud aux
arômes d'épices lointaines a réchauffé les cœurs. Bravo à l’équipe cuisine !
Nous pouvions malheureusement voir sur les visages une détresse malgré les
beaux sourires qu'ils nous rendaient. Mais la file ne désemplissaient pas... aurons-nous
assez pour nourrir tout le monde ? Cela a été malheureusement un peu
juste...Pas facile de prévoir pour autant de monde. Mais malgré cela tout s’est
déroulé dans le calme et le respect de chacun.
Véronique M. :
Une maraude pas tout à
fait fait comme les autres tant les réfugiés étaient nombreux, au moment où le
Pape François vient de critiquer depuis
Marseille le « virus de l’extrémisme », et « la dictature
de l’indifférence » à l’égard de naufrages et de noyés que chacun «
s’habitue » à considérer comme « des faits divers
» et « des numéros », sans « visages » ni «
histoires ». Les 300 jeunes hommes (
à noter la présence de 3 femmes) présents sur le parking ont un visage, un
corps marqués par leur histoire que nous ne pourrons pas partager.
Ils sont déjà
organisés dans l’espace pour recevoir le repas chaud du jour (riz ,lentilles,
légumes, épices, poulet) préparé par Shara et son équipe, le sac de nourriture
pour le lendemain, puis un kit léger de produits d’hygiène savon/shampoing et
un caleçon ( il s’agissait pour moi d’évaluer la taille de chacun avant de le
glisser dans le sachet, les derniers recevant un caleçon manifestement trop
grand. Pas assez de tailles M et L).
Deux religieuses
italiennes nous ont rejoints sur le parking. Infirmières, elles soignent
régulièrement les réfugiés pour Caritas.
Chapeau bas Messieurs
les réfugiés, toujours dignes, respectueux, courageux, nous gratifiant souvent
d’un sourire de remerciement. Bonne chance à vous.
Shara :
L'autre soir nous sommes allés à
Vintimille ne sachant pas vraiment combien de personnes allaient nous attendre.
Les titres de la presse indiquaient que des milliers de personnes
traverseraient l'Italie pour passer la frontière. Il y avait en effet de nombreux
– environ 300 – jeunes hommes, - fatigués et vraiment patients, qui nous
attendaient, sagement assis le long du mur, espérant qu'une des associations
allait arriver et leur donner de quoi manger. Alors que nous installions nos
tables et déchargions les véhicules, certains sont venus nous aider à porter
les lourdes caisses et les jerricans d'eau.
Une fois que nous avons été installés et
prêts, ils se sont mis en file pour recevoir leur nourriture avec l'obligatoire
cuillerée d'harissa par-dessus !! Ensuite ils allaient à la table suivante où
on leur donnait un sac pour compléter leur repas du soir – ils sont tous si
minces !.
Beaucoup étaient en short et T-shirt et
demandaient discrètement si nous avions des couvertures pour eux, mais
malheureusement nous n'en avions pas assez pour chacun. Nous ferons de notre
mieux pour en apporter à notre maraude d'octobre. A ce moment-là, ils auront
vraiment besoin de quelque chose de chaud pour se protéger la nuit.
La situation politique est terrible. La
France a renforcé ses patrouilles à la frontière et les demandes d'asile sont
souvent rejetées – tant d'entre eux viennent du Soudan ou d’Érythrée ; tant
d'entre eux ont été obligés de fuir la Tunisie.
Nous leur demandions leur nom et leur
souhaitions la bienvenue ; en retour ils nous remerciaient de leur apporter de
la nourriture et de prendre le temps de les écouter. Un échange simple et très
humain. Le Pape François a souligné que nous partageons une mer commune, Mare
Nostrum, la Méditerranée. Sur un rivage les gens vivent dans l'abondance, la
consommation et le gaspillage, et sur la rive opposée les gens vivent dans la
pauvreté et la précarité.
Merci de nous soutenir dans tout ce que
nous faisons ; chaque don reçu sert directement à l'achat de nourriture et de
produits d'hygiène pour les réfugiés. Merci en leur nom.
Bernard :
Lorsque nous arrivons à
Vintimille, ils sont déjà très nombreux, assis à même le sol, à nous attendre.
Ils se relèvent alors progressivement ; et certains viennent spontanément
nous proposer leur aide pour l’installation du dispositif de distribution.
Celui-ci se trouve quelque peu chamboulé, le poste de rechargement des
téléphones se trouvant ainsi placé avant celui de l’accueil, ce qui permet
d’allonger quelque peu la file des migrants qui serpente désormais tout autour
du parking.
Comme la file des migrants se déplace
lentement, cela nous donne davantage l’occasion pour tenter d’engager la
conversation avec quelques uns d'entre eux. Beaucoup proviennent du Soudan, « à
cause de la guerre » m’explique l’un d’entre eux. « Nous sommes tous dans la
même situation, mais chacun d’entre nous a sa propre histoire » rajoute-t-il,
insistant sur la singularité de chacun. Il m’explique ainsi que les familles,
comme la sienne, sont très dispersées car elles ne peuvent que rarement fuir
ensemble.
Un autre m’indique que lorsqu’ils se
croisent ou se rencontrent, les Soudanais se saluent mutuellement par un «
makana(?) », formule de politesse dont la compréhension et la traduction
demeurent ici incertaine ! Quelle frustration que cet obstacle de la langue qui
limite considérablement nos échanges, alors même que l’on ressent un fort
besoin de dialoguer chez certains migrants.
Les demandes de téléphones, de câbles,
d’écouteurs sont très fréquentes, et nous ne pouvons hélas les satisfaire !
Mais les migrants le comprennent toujours facilement, nous en remerciant même
alors qu’on ne leur a rien donné !
Alors, nous sommes un peu désarçonnés
lorsque l’un d’entre eux nous demande l’élastique utilisé pour réunir les
cartes permettant d’identifier les téléphones en cours de rechargement. Très
content qu’on le lui donne, il s’en empare prestement pour réunir ses tresses,
et poursuit tout souriant son chemin.
Cela reste stupéfiant de voir que le
moindre petit-rien puisse procurer autant de satisfaction.
Et voici le témoignage de Shani, 16 ans,
qui avait participé à la maraude de septembre :
J'ai trouvé cette expérience enrichissante, le service était très bien
organisé. Ce qui nous a permis d'avoir un contact agréable avec les personnes
que nous devions servir. Cette expérience m'a fait me sentir utile et m'a
permis d'oublier mes problèmes quelques heures en étant face à une population
qui manque de tout.
Cela m'a également permis de faire de bonnes rencontres malgré la barrière
de la langue.
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40 - Maraude du 26 août
2023 - Organisée par Françoise :
Une
« petite » maraude sans collecte le matin, mais deux équipes formidables
pour ce samedi 26 août !
Merci de tout cœur à tous les
participants d’avoir affronté la chaleur caniculaire de cette fin d’été,
que se soit pour la préparation d’un taboulé géant sous la houlette de
Christine - qu’on remercie particulièrement - ou pour la distribution à
Vintimille !! Distribution d’un repas malheureusement pas assez copieux pour
nourrir tout le monde, ils étaient si nombreux.. !! Nous avions pourtant
220 repas avec nous, plus 220 pains, 230 œufs, biscuits et eau…
Le lendemain l’association
sur place a servi 300 personnes… lundi soir ils étaient à nouveau
200 !
Deux nouvelles jeunes maraudeuses
sont venues nous rejoindre ; ce fut un plaisir de les avoir à nos côtés ! On
les écoute nous raconter leurs impressions sur leur toute première maraude,
ainsi que les récits qu’en ont
fait Martine, Laurence et Chantal !
Marina :
C'était pour moi la première maraude et je
garde en tête un beau moment plein d'espoir, de partage, mais aussi de
tristesse. ...Je m'attendais à une expérience humaine difficile, mais c'est
vrai qu'être confrontée à cette réalité m'a énormément touchée, notamment
un jeune adolescent de 17 ans, venant du Soudan, qui n'arrivait pas à sourire
malgré la bonne humeur apportée par Danielle. J'ai perçu dans son regard la
misère, les difficultés rencontrées, ainsi que la tristesse. C'est le moment le
plus fort que j'ai ressenti.
Martine :
Encore plus de 200 hommes, seulement 3
femmes, qui font tout pour rester dignes et souriants, alors que j'ai peine à
imaginer dans quel état je serais si je devais vivre, ne serait-ce que quelques
jours, dans les mêmes conditions qu'eux.
Cette maraude a été une peu magique,
calme et sereine, détendue !! Y compris notre zébulon (c'était l'impression
qu'il me faisait depuis des mois ) en état d'agitation extrême en juillet, qui
a visiblement été soigné : il était gentil, souriant. Et comme il a repris
quelques kilos, il était beau. C'était un bonheur qu'il vienne saluer
aimablement tout le monde.
J'avais proposé à ma petite fille, Shani 16
ans, en vacances à Nice, de venir avec moi pour cette maraude. "C'est bon
d"être utile", m'a-t-elle dit en repartant ! Elle reviendra dès que
ce sera possible.
Ils ont besoin de nous, de gens qui vont à
leur rencontre... Et nous avons besoin d'eux pour nous sentir utiles !! (un des
besoins fondamentaux des êtres humains)
Laurence, notre infirmière :
Une maraude où je n'ai rien vu d'autre que
des plaies sur des jambes noires et des regards pleins d'espoir et de
soulagement. Illusoires comme l'est leur vie en exil. La gale, des troubles
intestinaux, des gênes respiratoires, sur lesquelles je ne pouvais rien. La
bobologie...un petit moment d'attention à leur misère.
Chantal :
Lorsque nous arrivons, le soleil darde encore
ses rayons sur le grand parking vide de Vintimille. A peine avions-nous
installé nos tables, nos assiettes et le ravitaillement, qu'une longue queue
d'hommes se met en place, dans le calme, deux par deux, silencieux, patients.
Alors que nous commençons à servir, la queue s'allonge, se renouvelle. Quelques
200 hommes, 3 femmes. Aucun débordement ; des Soudanais, des Érythréens
quelques Pakistanais et, bien sûr, des Africains de l'ouest, Guinée, Sénégal,
Côte d'Ivoire, Tchad. Et un petit nombre d'Algériens et de Tunisiens.
Comme dans tous groupes, il y a les forts,
les fiers, ceux qui sourient, et les immensément tristes.
Tous sont bien habillés, mais les chaussures
-de bonnes chaussures- manquent à beaucoup.
Laurence, sans discontinuer, soigne, panse,
conseille d'aller lundi à la Caritas. Surtout, elle met du baume au coeur de
ces hommes qui ont tant besoin que l'on s'occupe d'eux .
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39 - Maraude du 30
juillet 2023 - Organisée par Françoise :
… / …
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38
- Maraude du 29 juillet 2023 - Organisée par Gérard
T. et Véronique M. :
Pour commencer, une bonne nouvelle, transmise par une de nos adhérentes :
"Ibrahima, jeune Ivoirien arrivé en France il y a 6 ans A été
hébergé par une famille française dans la région parisienne pendant 2 ans et
demi, il a poursuivi de bonnes études (ses professeurs et camarades ont
dû se mobiliser pour qu'il ne soit pas renvoyé dans son pays). Bonne nouvelle :
après avoir obtenu un BTS d'électrotechnique, il vient d'être embauché par RTE
(Réseau de Transport d'Electricité), à Lyon. Un beau parcours qui réconforte
!"
Et maintenant, les maraudes :
Nous nous sommes rendus à Vintimille deux fois en cette fin de mois, les 29
et 30 juillet, afin de pallier l’absence de bénévoles dans d’autres
associations en cette période de vacances et de garantir un repas par jour aux
réfugiés.
Samedi 29 juillet, c’était notre
tour, nous nous sommes rendus à Vintimille, dans les conditions habituelles (4
voitures dont une camionnette, les tables, les repas du jour , les sacs….). Le
site de distribution (le parking à proximité de la base de pompiers) n’a pas
été touché par l' incendie important qui a sévi sur les hauteurs de la ville à
partir du mercredi, à 4 km de la frontière. Ouf!
L’équipe de Jean Pierre et Dominique a préparé 200 repas. Nous
en distribuons 170. Les réfugiés sont moins nombreux que les
jours précédents. Grâce à vos dons en nature ou en argent, nous distribuons
aussi un sachet de nourriture pour chacun, des produits d’hygiène (savon,
brosses à dent, dentifrice, rasoirs…), et des vêtements (les tshirts
étaient très convoités!).
Les réfugiés viennent du Soudan, d’Albanie, du Maroc,
d’Algérie, d’Érythrée, de Guinée…
La plupart s’installent sur les tapis et draps que nous avons ramenés pour
manger et boire. D’autres s’éloignent. Au moment de partir, Michel se
retrouve avec 3 téléphones rechargés mais non réclamés par
leurs propriétaires. Après quelques recherches, nous nous apprêtons à
les remettre à l’équipe du lendemain, quand nous voyons les 3 jeunes guinéens
revenir à la hâte pour les récupérer. Ouf!
Les 30 repas et 30 sacs restants sont distribués à la seconde
maraude le lendemain dimanche midi 30 juillet, dont voici un
extrait du compte-rendu de Françoise :
Tous les 210 sandwiches ont été donnés, plus des portions de restes
de la veille agrémentés avec des restes de thon pour les sandwiches… au total
environ 50 portions supplémentaires pour au total environ 180 voyageurs. Et
tout est parti !
Pendant que la distribution se faisait un homme a eu un malaise.
Heureusement aidé par d’autres réfugiés, il s’était écroulé sur le parking. Ils
se sont serrés pour lui donner de l’ombre, et nous l’avons rafraîchi. Ils
sont ensuite partis sous le pont en le soutenant.
Avec des biscuits à lui donner nous sommes parties sous le pont à sa
recherche … Par ci par là des corps allongés sous un drap ou une couverture,
d’autres qui mangeaient par petit groupe, parmi toutes les montagnes de crasse
du chantier du pont, et les détritus à perte de vue… Il y régnait curieusement
une relative fraîcheur, avec une légère brise qui soufflait, et qui rendait un
peu plus supportable ce décor apocalyptique.
Ce qui m’a frappé c’était la propreté sur leur cartons et couvertures
de fortune. Leurs souliers reposaient « en dehors » du lieu de repos. De la
dignité malgré tout … Quand nous sommes parties cet homme a soulevé
difficilement sa tête et nous a rendu un regard vraiment intense en guise de
remerciement. Un regard aussi plein de résilience, comme chez tant
d’autres..
Pas de vêtements ni produits d’hygiène cette fois ci.
Beaucoup de ces voyageurs semblent être vraiment jeunes, adolescents.
Voici le témoignage de deux maraudeurs du samedi soir, François Régis et Odile:
Nous sommes en vacances chez nos amis Véronique et Gérard, qui nous
invitent à participer à la maraude du 29 juillet. Nous habitons près de Lille,
tout à l’autre bout, et sommes membres d’un collectif, Migraction 59, dont
le but est d’offrir l’hospitalité le temps d’un week-end à des
exilés qui veulent passer en Grande-Bretagne, et qui sont coincés à Calais dans
des conditions indignes, le plus souvent pendant des mois. Nous, nous avons
choisi d’accueillir à la maison, une fois par mois, 3 exilés (jamais
les mêmes) : un répit de 48 heures, repas chauds, douches, lessives, sommeil,
au calme sous un toit… Ils sont nos hôtes, que nous accueillons comme ils sont,
mutiques ou communicatifs. Beaucoup sont passés par Vintimille. Après un temps
de gêne, un contact sincère finit par s’établir autour de jeux de société,
matchs de foot, photos de famille, musique, confection de plats en commun… Ils
repartent le lundi matin un peu requinqués, le plus souvent.
Quand nous arrivons sur place, à Vintimille, nous sommes attrapés par la
rudesse du lieu. Cet espace vide, poussiéreux, presque fantomatique, chargé de
toutes ces silhouettes à venir. Nous sommes touchés par les draps que Shara et
Francesca ont installés au sol, comme les tapis qu’étendent les nomades à
l’étape. Quelques espaces de dignité recréés, le temps d’un repas.
Odile : Véronique m’a
placée à la distribution du repas. Je vois ces gens s’avancer, par petits
groupes, sans discontinuer. A la maison, j’ai tout mon temps pour être
attentive à chacun, chercher le mot ou le geste qui va pouvoir « briser la
glace ». Ici, je n’ai que quelques secondes : de l’harissa ? Du
sel ? J’ai envie de faire durer cet instant : « Ca va comme
ça ? » « Un peu plus ? ». Je joue avec trois mots
d’Anglais, d’Italien, d’Arabe. « Bonjour, do you want mele (sel
en arabe) ? » Je les regarde, je leur tends à deux mains
la boite en carton contenant la salade … c’est tout ce que je peux faire pour
communiquer. Frustrant, mais nous sommes dans l’essentiel. A plusieurs
reprises, je me dis que ce jeune homme sera peut-être parmi ceux que nous accueillerons
à la maison, cet automne. Je suis presque contente à l’idée que je reconnaîtrai
peut-être un visage, plus tout à fait étranger.
François : Je suis à la
fin du parcours, comme une conclusion : offrir un gobelet de café ou de
thé à la menthe très sucré, et une bouteille d’eau. Ils sont encombrés par leur
sac, souvent le regard fuyant ; pas facile d’établir un contact, même dans
ce geste si symbolique d’offrir un café. Je respecte cette attitude, dans
laquelle doivent se mêler honte, lassitude, endurcissement, pudeur, faim…Quand
c’est possible, je risque alors une question « Where do you come
from ? »
Ce sont quelques flashs, il y aurait tant à dire ! A propos de la douceur ferme de Shara à l’infirmerie, l’installation ingénieuse de Michel pour recharger les téléphones dans le coffre de sa voiture, la bienveillance un peu sur le qui-vive des 2 Gérard, l’art d’organiser la queue de Félix, l’efficacité souriante de Christiane, Martine, Odile, Véronique, Francesca. Chacun est à sa place, disponible et concentré. C’est un privilège d’avoir partagé ces moments intenses.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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37
- Maraude du 1° Juillet 2023 - Organisée par Gérard
W . :
Nous
avons encore à déplorer deux décès à Vintimille ces derniers temps : deux
noyades qui sont peut-être des suicides...Que faire face à ces désespoirs
? Modestement, nous apportons un peu de nourriture, en plus d'un
moment de chaleur humaine. Continuons !
La
maraude du 1er juillet s'est bien passée : équipe d'épluchage de légumes sous
la houlette de Shara, équipe de collecte sous celle de Gérard, avec l'aide de
toute une sympathique famille, équipe de maraudeurs motivée et efficace.
Voici les
témoignages des maraudeuses et maraudeur ,
Emilie :
En tant que gestionnaire et
coordinatrice de la Recyclerie de Seillans, me rendre à la maraude ce 1er
juillet m’a permis de mieux comprendre les besoins des réfugiés de Vintimille.
Ainsi, nous pourrons sélectionner de façon plus efficace les vêtements,
appareils, objets ou livres à donner.
J’ai apprécié une équipe
formidable de bénévoles bien organisés mais surtout très attentifs à chaque
individu venu chercher, au delà des denrée alimentaires, soins infirmiers,
vêtements, etc, un peu de réconfort. Un simple échange de regard, un sourire de
quelques instants, leur apportent après un long voyage et les expériences
inhumaines subies, un peu de considération. Derrière ces furtifs échanges et
questions banales qui leur sont posées par Félix pour les accueillir, se
trouvent les fondements de leur identité : le simple fait de donner leur nom et
d’exprimer d’où ils viennent les rassurent.
Je garde en mémoire
certains sourires vraiment magnifiques et lumineux. (J’ai remarqué d’ailleurs
qu’ils apprécient beaucoup le dentifrice qui est venu à manquer en fin de
distribution.)
Merci pour cette expérience
enrichissante ; j’invite chacun à aller découvrir ce qui se passe sur ce
parking de Vintimille, et à participer aux maraudes organisées
une fois par mois par Pays de Fayence Solidaire.
Merci notamment à Shara qui
à une patience et une compassion inouïe qui relèvent d'une grande intelligence
de coeur et d’esprit.
Anne :
C'est la seconde maraude que je fais avec
Pays de Fayence Solidaire auquel je dis d'abord ma gratitude pour m'avoir
accueillie, moi qui réside dans un autre département : une étrangère quasiment
! (l’étranger : qui sait où ça commence, qui sait où ça finit ?).
Entre tous les thèmes qui me soulèvent le
cœur dans notre société, le sort réservé aux migrants me mobilise
particulièrement ; donc je suis heureuse de pouvoir participer, même très
modestement, aux maraudes, que je vis comme une manière de protester contre le
sort inhumain et absurde qui leur est fait et d'alléger, certes très à la
marge, les souffrances qui leur sont imposées.
Première réflexion : bravo pour votre
organisation, impeccable ! Et c'est indispensable d'être si organisés et
nombreux. Nombreux pour pouvoir calmer le jeu si l’un vient à se fâcher, à «
péter les plombs », ce qui est très compréhensible dans leur situation. Samedi,
ce fut calme.
Je m’abstiens de les questionner, mais j’aime
être à la table des boissons (thé et café) parce que là ils peuvent s’attarder,
revenir et, s’ils veulent, raconter. Je m’abstiens en principe de les
photographier, d’autant qu’ils peuvent craindre que leur image n’arrive un jour
sous les yeux d’un proche qui les croit arrivés à destination, mais j’ai
remarqué cette fois que certains étaient très contents d’être pris en photo ;
les réactions varient sans doute beaucoup d’une culture à l’autre.
J’ai demandé en arrivant où je pourrais
acheter des cigarettes : un Soudanais m’a guidée, le premier tabac était fermé,
on a marché un bon kilomètre ; il faisait attention à ce que je ne risque rien
en traversant les rues ; dans son anglais peu académique, c’est lui qui
m’interrogeait : « Calais…is far ? » « you...children ? » Lui a laissé au
Soudan un fils qui n’a pas deux ans. Il me mime la guerre…
Sont venues deux jeunes femmes africaines qui
sont parties prestement après avoir pris de l’eau. Une femme plus âgée aussi,
apparemment plutôt « en situation de rue » que migrante, elle non plus ne s’est
pas attardée. Avec les deux jeunes noires à l’allure fière, j’aurais bien aimé
échanger : je sais que c’est beaucoup plus dur pour les femmes que pour les
hommes d’être à la rue et que le voyage est plus risqué pour les femmes.
Nous avons bénéficié de
l’accompagnement de jeunes : cette fois-ci des scouts français, le mois dernier
un groupe de Turinois solidaires. J’ai trouvé leur présence très bénéfique, ils
apportent une belle énergie. Les Turinoi(se)s s’étaient lancé(e)s après le
repas dans une partie de ballon avec qui voulait. Ce samedi de jeunes Italiens
installés sur le parking ont prêté leurs instruments de musique aux migrants
qui voulaient jouer, et on a eu droit à un concert de percussions d’inspiration
maghrébine. C’est si simple : ils n’étaient plus des déchets qu’on rejette ;
ces migrants - jeunes pour la plupart - étaient redevenus des humains qui
aiment jouer, bouger leurs corps, faire de la musique. Ils étaient rendus à
leur dignité d’êtres humains, parce que reconnus tels par d’autres. Si notre
présence un moment facilite ce genre de – allez j’ose un gros mot –
transfiguration, même si ce sont des plaisirs de courte durée, ils sont bons à
prendre et bons à partager !
Shara :
Bonne maraude ; sept scouts français étaient là pour nous
aider et il y avait une fanfare. Beaucoup de Soudanais, Érythréens et Afghans.
Plusieurs cas de gale assez graves. Nous les avons orientés vers la Caritas,
ouverte dès lundi.
Et le mot de Gérard :
Regards
tristes séparés de leurs racines,
Regards
d’enfant séparés de leurs familles,
Regards
de colère ayant subis les affres de la guerre,
Regards
angoissés ayant affrontés les chemins tourmentés de l’exil,
Regards
vides ou….,
Regards
plein d’espoirs recherchant une vie meilleure.
Une
maraude c’est un bref moment de partage. La jeunesse était là. Celle-ci,
accompagnée par un groupe de jeunes scouts, a permis de voir s’ouvrir quelques
sourires.
Un groupe
de percussionnistes a donné du rythme à cette soirée un peu particulière dans
une ambiance de fête.
Tout cela
a été possible grâce à la générosité de nos donateurs, et a l’engagement de
notre équipe de choc.
Merci à
eux.
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36 - Maraude du 3 juin
2023 - Organisée par Véronique
et Gérard:
Bernard :
" Choukran, merci ...
" est-il venu me dire avant de partir rejoindre son logement improbable.
M. a longuement discuté avec l'un de ces jeunes italiens venus aujourd'hui
découvrir et nous aider pour cette maraude où leur présence a été fort
appréciée des migrants.
Cela a en effet créé un
peu d'animation sur ce parking presque désert, avec quelques airs de tambour et
jeux de ballon.
On ressent alors une
certaine joie, celle de leur avoir fait un peu plaisir. La nourriture qu'on
leur apporte est certes importante; l'échange, le dialogue lorsqu'il est
possible, le sont tout autant, sinon plus. Car c'est à travers eux qu'ils ne
sont plus seulement des migrants, ou des survivants, mais des personnes comme
vous et moi, des êtres vivants.
Comme ce partage
de la connexion wifi de mon téléphone qui a permis à ce jeune marocain,
dont la recharge de son téléphone est épuisée, de pouvoir joindre l'un de ses
proches. Peut-être sa maman dont ce sera le lendemain la fête ? Un geste si
simple, si banal, et pourtant, à travers la joyeuse accolade qu'il me fait
spontanément pour me remercier, en souligne toute l'importance. Il faudra
envisager de mettre en place un point wifi lors des prochaines maraudes pour
tous ceux qui disposent d'un téléphone mais ne peuvent, faute de crédit,
l'utiliser.
"Je n'ai pas fait
tout ce chemin pour cela ... J'ai quitté la misère, mais c'était pour
devenir et être LIBRE. Ici je ne le suis pas. Alors ...? " nous explique
un autre migrant, mi désabusé, mi déterminé.
Et voici que ce
sont eux qui nous protègent ! Lors du
départ, sans l'intervention de Zidane
et de deux jeunes marocains, la violence de Mustafa
aurait pu tourner au désastre. Comment ne pas comprendre cette violence,
pourtant ? Qui est le signe du désespoir au delà de son
agressivité. Une violence qui s'exprime contre nous et dont les autres migrants
veulent nous protéger. Une violence aussi tournée contre lui même qui
n'est que le résultat de celle qu'il subit depuis des
années. Une violence qui le détruit, mais qui ne nous
détruira pas. Mais lui, lui, le sera sans doute à jamais.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
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35 - Maraude du 6 mai 2023 - Organisée par Gérard
W. :
Voici donc les témoignages de deux maraudeurs
du 6 mai :
Félix :
Combien de personnes ce soir dans cette longue file
d'attente? Pas loin de 200, Soudanais, Érythréens en majorité et aussi
Guinéens, Ivoiriens, Libyens, Egyptiens, Marocains, Tunisiens. Jeunes hommes et
jeunes filles ( une dizaine aujourd'hui) sur les routes de l'exil depuis des
mois, des années pour certains. Combien viennent d'être ramenés en Italie après
une énième arrestation en France?
Ils espèrent le bout du voyage, une terre où travailler,
aider la famille laissée au pays. Ils sont en petits groupes de “pays” ou
d'amis de rencontre ; ils sont solidaires, ils partagent leurs rêves, leurs
désillusions, leurs espérances. Ils sont seuls aussi quand la nuit vient, le
froid, la peur de l'échec. Leurs parents ne doivent pas savoir qu'ils sont
échoués au bord d'un fleuve, sans toit, sans travail, sans papiers pour
exister.
Surtout, ne pas les filmer, les photographier, leur image
pourrait trahir leur détresse auprès des leurs. Celui qui me dit
cela parle au nom de tous, il est en colère à la vue du caméraman de la
télé italienne. On intervient. Tout s'arrange.
Ils sont tous calmes, patients, dignes, souriants souvent,
quelquefois taciturnes, intériorisés. On le serait à moins. Comme chaque fois,
une impression d'énorme malentendu, de gâchis insupportable : toutes ces
personnes fuient les dictatures et la faim, elles ne rêvent que d'un travail
rémunérateur pour que survivent les proches.
Nous, peuples, états européens, pouvons faire infiniment
plus pour les aider. Un exemple parmi tant d'autres : Aladin, égyptien, est à
Vintimille depuis plusieurs jours, en rage, triste, découragé : Obligation de
Quitter le Territoire Français, OQTF, après des années de séjour à Marseille où
il travaillait depuis trois ans, officiellement employé par une entreprise à la
réfection d'un hôpital. Il vient d'Egypte, un pays dit "stable, sans
menace physique "pour les opposants....il ne peut donc obtenir le droit
d'asile. Pour lui, l'avenir ne sera pas européen. Sur son parcours d'exil,
chaque migrant porte la croix de l'injustice et de la détresse.
En écho,
cette pensée de Claude : Amis maraudeurs, n’ayant pas participé a cette maraude
du 6 mai, je me sens légitime de vous faire part de la réflexion suivante
: des centaines de migrants, des milliers sans doute, pendant la même
nuit, en d’innombrables variantes, ont tous le même rêve ; comment l’expérience
si intime d’un rêve peut-elle être vécue collectivement ? Ces rêves, cauchemars
douloureux associés à la nostalgie qui, le jour, leur envoie des morceaux
de paysage natal, images de bonheur, organisent, la nuit, des retours
effrayants ; le jour montre le pays perdu, la nuit l’enfer qu’ils ont fui !
Respectons cette fraternité nocturne !
Bernard :
C’est souvent
grâce à un petit rien, un léger signe distinctif, un regard, triste ou enjoué,
que le contact s’établit avec un migrant.
C’est parce
qu’il porte un très joli chapeau que je m’approche de ce jeune Érythréen auquel
j’essaie de faire comprendre que son chapeau est très original, ce qui le fait
sourire, mais amuse surtout les autres migrants qui le suivent dans la file.
Au grand
gaillard en orange, d’apparence timide, un simple clin d’œil me permet de lui
faire comprendre qu’il peut sortir de la file d’attente pour venir au point
phone y faire recharger son téléphone.
« Je suis quand
même un être humain ! » s’exclame celui qui vient de sortir de prison et me
raconte son histoire qui l’y a conduit. Je ne peux malheureusement satisfaire
sa demande de téléphone, car nous n’en avons plus aucun à donner.
« I love you ..
! » claironne un autre migrant, allant en titubant de stand en stand, l’alcool
l’ayant rendu plutôt joyeux, mais très insistant.
La distribution
des couvertures et couettes, en fin de soirée, ne prend que quelques minutes,
tant les migrants sont demandeurs. « Une grande couette pour deux, car je suis
très grand » déclare l’un, tandis qu’un autre déclare : « Non, je ne la prends
pas celle-là, car j’en ai déjà pris, et il faut bien en laisser pour les autres
». Même dans la misère, le sens du partage demeure donc chez certains. Quelle
leçon nous donne-t-il ainsi !
En fin de
soirée, autour d’une tasse de thé, un originaire de Guinée Conakry nous
remercie pour le repas qu’il a trouvé excellent. Il émane de lui une très
grande gentillesse, et avec simplicité, dans un français raffiné, il m’explique
qu’il est passionné de cuisine, et se lance dans une discussion culinaire.
Puis, avec son ami qui est lui originaire du Cameroun, il me décrit la
pluralité des langues dans les différentes régions de la Guinée, et m’explique
que le français y est enseigné à l’école et y demeure la langue officielle. Il
me conte le mythe du « globe » dont la destruction a été la cause de la
dispersion du peuple peul et de la diffusion du pulaar dans de nombreux pays
d’Afrique.
Quel gâchis !
Nous sommes vieux et riches … Ils sont jeunes et pauvres, mais élégants et
dignes …
Ils sont
tellement fiers de parler notre langue, et nous les rejetons. Pourquoi ne pas
leur donner leur chance, toutes leurs chances ?
Ils pourraient
sûrement nous surprendre, et qui sait, réussir là où nous avons échoué, à
générer un nouveau monde, un monde meilleur ?
Ce jeune
Guinéen peut devenir dès demain serveur, puis cuisinier, et pourquoi pas chef
étoilé ?
Ils en ont la
capacité, l’envie, le talent, pour peu qu’on les aide à s’épanouir et à
vaincre.
Aujourd’hui,
ils ne font que survivre, et encore … Et pourtant, il y a tant d’humanité et de
capacités potentielles chez eux.
Et, avec un peu de retard,
le témoignage de Rosie, notre plus jeune maraudeuse du mois d'avril :
J’ai
participé à la maraude du 8 Avril à Vintimille. Cela faisait plusieurs
mois que je n’y étais pas retournée, mais ce que j’ai retrouvé m’était si
familier. Des personnes à mes côtés ayant pris du temps pour les autres, dans
le simple objectif d’aider et de soulager la vie difficile de nombreux réfugiés
en Italie. J’ai eu la chance de discuter avec l’un d’entre eux qui était venu
du Ghana. Il m’a demandé mon prénom et quand je lui ai répondu, il a souri et a
dit « Rosie, c’est comme la fleur! ». Je suis surprise et encouragée à chaque
fois par leurs sourires.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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34 - Maraude du 8 avril 2023 - Organisée par Shara :
Bonjour à toutes et tous,
En pièce jointe, vous trouverez le programme du festival "Ukraine à
Nice" qui se déroule dans les prochains jours.
La dernière maraude, organisée par Shara, s'est, une fois de plus, bien déroulée. Les participants maraudeurs ont beaucoup à en dire, comme vous pouvez le lire ci-dessous :
Shara :
A notre arrivée au parking à Vintimille, nous avons trouvé une
vingtaine de jeunes réfugiés qui nous attendaient avec impatience - plusieurs
entre eux ont demandé des couvertures et des vestes pour la nuit. Nous leur
avons expliqué qu’il fallait d’abord installer les tables, la rubalise,
décharger les véhicules et qu'ensuite on pourrait distribuer le repas et
les couvertures. Comme d’habitude ils ont accepté notre explication et se sont
mis en rang pour attendre. La distribution s’est passé au calme ; des
mamans sont venues manger avec leurs jeunes enfants, qui ont dit qu’ils avaient
très faim mais étaient souriants quand même !
J’ai parlé avec un jeune homme du Liberia qui m’a expliqué qu’il venait
d’arriver en Italie, après deux ans de travail en Tunisie. Mais, à cause du
discours du Président Kais Saied contre les migrants sub-sahariens et les
attaques violentes qui s'en sont suivies, il a été obligé de fuir la Tunisie.
Une fois arrivé en Italie il ne savait pas où aller ni quoi faire. Je l’ai
dirigé vers la Caritas (ouvert du lundi au samedi) et Upupa pour des aides
législatives. Il me semble que nous verrons de plus en plus d' Africains
subsahariens qui, encore une fois, ont pris la décision de fuir pour sauver
leur vie. Hier les garde-côtes italiens tentaient de sauver plus d’un mille de
migrants en danger à bord de deux bateaux de pêche dans la Méditerranée……venant
de la Tunisie.
Danielle :
Bernard :
Au moins trois jeunes femmes sont présentes ce soir sur le parking, ce qui
n'est pas si fréquent. Si jeunes, si belles, si frêles, si démunies.
Deux sont venues timidement nous demander de recharger leur téléphone.
L'une claudique en se tordant les chevilles car elle marche dans des chaussures
d'homme, trop petites ou trop grandes pour elle. En fin de soirée, elle aura pu
récupérer de nouvelles chaussures plus adaptées à son pied, retrouvant ainsi
toute sa prestance.
Une autre jeune femme, accompagnée d'un très jeune enfant, après s'être
ravitaillée, s'enfonce dans la nuit vers son refuge sous le pont, marchant d'un
pas vif, sans hésitation ni crainte apparentes, en tenant fermement
par la main cet enfant. Quelle pitié de voir, lorsque nous partons, à proximité
des conteneurs à poubelle, un tricycle abandonné, lui aussi seul dans la nuit.
Est-ce le jour l'unique jouet de cet enfant ?
"Vous êtes une association française ? Pourquoi faites-vous tout cela
pour nous" ? Je me retourne, surpris, mais n'ai pas le temps d'engager la
conversation avec lui, car un autre migrant s'interpose entre nous pour venir
récupérer son téléphone. Le temps de le lui remettre que l'autre est déjà
reparti. Dommage que cette occasion de dialogue ait été ainsi perdue.
Ah, ces téléphones, quelles histoires ! Jawad vient me demander de lui
remplacer le téléphone qu'on lui a donné le mois précédent et qui s'est avéré
défectueux. Un peu plus tard, la distribution des quelques téléphones qu'il
nous reste, pour la plupart des modèles très anciens, s'opère dans une
confusion assez totale, car il est impossible de satisfaire tous les
demandeurs. La tension est palpable mais compréhensible, tant il est vital pour
un migrant de pouvoir disposer d'un téléphone. Aussi, lorsqu'un migrant me
ramène un téléphone dont l'accès est verrouillé, je me trouve désolé et confus
que cela ait pu échapper aux contrôles faits sur chaque téléphone qui nous est
donné avant de le redistribuer.
Et toujours le sanglier qui a bien grandi, bien vieilli et bien grossi
depuis nos dernières maraudes.
Au moment de partir, un petit groupe dresse juste derrière notre
voiture son bivouac pour la nuit, et nous souhaite un bon retour.
"Vous avez encore beaucoup de route ?" me demande gentiment la
jeune gendarme, en me rendant mes papiers après les avoir contrôlés à la
frontière. Ces quelques mots me paraissent soudain incongrus. Non, nous n'avons
plus que quelques kilomètres à faire pour rejoindre nos petits nids douillets,
mais nous laissons derrière nous des survivants dont la route a été et demeure
si longue à parcourir ...
Des fois on se dit…c’était une bonne maraude.,,,super organisation, offre
alimentaire suffisante , l’accueil,et la bienveillance d’un groupe de
maraudeurs à l’écoute… pourtant on ne peut s’habituer (et heureusement) aux
visages tourmentés, aux souffrances déjà endurées, ( passage par la Libye,) à
un avenir plein d’interrogations ???
D’où viennent ils? Ont-ils fuit la guerre, la famine, les dictatures ?
Continuons ce petit espace d’accueil . Merci à cette belle association pleine
de bienveillance.
Les équipes commencent à êtres bien rôdées, sans aucun 'capitain' qui
dirige ; tout le monde sait ce qu'il faut faire dans l'empathie et la bonne
humeur.
Samedi soir, j'étais au poste café, thé et eau, ce qui m'a permis
de me promener dans cet espace de no man's land où nos amis réfugiés et
migrants viennent trouver un peu de chaleur humaine, mais aussi ou certains
élisent "domicile" sous le pont de la voie rapide.
Justement samedi soir je me suis immergé dans ce monde souterrain pas loin
de la Roya pour discuter avec les hommes assis sur des canapés et
fauteuils de fortune autour d'un feu, au milieu d'une crasse indescriptible à
la limite du supportable, mais dignes et souriants.
J'ai essayé de calmer un différent entre un Marocain, complètement hors de
lui et sous l'emprise d'alcool ou de la drogue, et un Sénégalais qui ne
répondait pas aux insultes, car il ma confié que si la police vient, ce
n'est bon pour personne.
Plus loin ,derrière des toiles de fortune, il y avait d'autre personnes
allongées par terre.
D'énormes rats se baladent au milieu des détritus, sans compter
l'immanquable sanglier qui vient carrément sur le parking.
Cette situation m'a mis en colère contre cette Europe qui ferme les yeux,
les portes, et surtout les coeurs.
Au moment de rédiger la constitution européenne, les législateurs
voulaient, dans l'article 2, établir une Europe "chrétienne", par
chance l'opposition a pu éviter cela, au nom du multiculturalisme , car
aujourd'hui devant le désastre de l'accueil, le mot "chrétien"
n'aurait vraiment pas de sens.
Sur la centaine de réfugiés et migrants, à part un jeune Afghan et un
Roumain, tous venaient d'Afrique .
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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33 - Maraude du 11 mars 2023 - Organisée par Bernard Louis :
Bonjour à toutes et tous,
Nous vous rappelons la conférence de Enzo Barnaba, ce samedi
18 mars à 15 h, au Mille Club à Fayence, sur le thème des migrations.
Elle sera suivie, à 17 h de notre assemblée générale ordinaire,
puis d'une assemblée générale extraordinaire pour modifier les statuts de
l'association afin de lui donner une direction collégiale.
Nous vous y attendons, que vous soyez adhérent ou non !
Cette maraude du 11 mars a été une fois de plus réussie, grâce à votre générosité. Vous, donateurs infatigables et fidèles, avez bravé les éléments et la tempête pour apporter vos dons. Jean-Pierre, Dominique et leurs amis ont réussi à concocter un bon plat chaud, dans les coups de vent. Les maraudeurs et maraudeuses ont été efficaces, comme toujours. Voici leurs impressions, en commençant par Bernard, qui en a été l'organisateur :
Bernard :
Prévoir l’imprévisible,
imaginer l’impensable, pourrait devenir la devise de l’organisation d’une
maraude, puisque celle-ci se déroule bien souvent d’une façon différente de
celle qu’on a prévu !
Cela faisait bien
longtemps qu’il n’y avait eu autant de vent sur le pays de Fayence, mais
celui-ci n’a découragé ni les donateurs, ni les maraudeurs.
Partis sous les
bourrasques, nous avons retrouvé un calme tout relatif à Vintimille, car les
vrombissements du groupe électrogène installé sur le parking par l’association
Progetto nous y ont accueillis.
Le nombre de migrants à Vintimille a fortement varié au cours des jours précédents la maraude (passant de 80 à 160, puis 100, puis 140 … ). Nos cuisiniers ont finalement préparé 125 repas chaud (pâtes, poulet, courgettes, épices..) et on avait un peu plus de sacs de denrées à donner. Alors qu’en milieu de soirée nous avons craint d’avoir trop de repas, ceux-ci ont finalement tous été distribués car un groupe de migrants est arrivé plus tardivement, tandis que le reliquat de sacs a pu être apporté aux migrants situés à la gare.
Bien que ce soit
toujours plus ou moins la même chose, en fait aucune maraude ne se ressemble.
La présence de plusieurs femmes et la détresse d’un père de famille, accompagné
de sa compagne et tenant, en pleurs, son enfant dans ses bras, sont des situations
particulièrement poignantes. Cette famille a pu être hébergée pour la nuit par
Filippo et sa femme.
C’est avec lui que j’ai
pu discuter avec un jeune migrant parlant un peu le français, et qui nous a
raconté, en rigolant franchement, qu’arrivé récemment à Vintimille, il avait
franchi quatre fois la frontière ces derniers jours, avant de se faire arrêter
à la gare, où il fanfaronnait semble-t-il. Etait-ce une ruse de sa part, comme
je l’ai tout d’abord pensé, pour simuler un comportement détendu et joyeux pour
ne pas se faire remarquer, ou au contraire de l’inconscience, comme semble
l’indiquer Filippo, pour qui la discrétion est pour un migrant la règle de base
pour ne pas se faire arrêter ?
La possession d’un
téléphone est vitale pour un migrant. Z. semblait désespéré lorsqu’il nous
apprit qu’il avait (de nouveau) perdu son téléphone. Nous avons pu lui en
donner un nouveau et son accolade, de remerciements, fut un véritable échange.
On a pu également dépanner deux autres migrants qui avaient eux aussi perdus
leur téléphone.
C’est toujours un grand
plaisir d’accueillir de nouveaux maraudeurs, ce que j’étais il n’y a pas si
longtemps.
Alors place à leurs
témoignages, ainsi qu’à ceux de toute l’équipe.
Merci à eux et à tous les donateurs sans lesquels notre action n’existerait pas.
Ariane :
Une maraude de plus... différente et à la fois toujours
pareille. Nous sommes arrivés alors qu'un générateur était installé pour
permettre à ceux qui ont un téléphone de les recharger. Il y avait donc déjà
quelques personnes. Nous avons revu nos plans d'installation et après avoir
tout mis en place, une belle file d'attente s'est formée. Il fait moins froid,
les migrants prennent un peu plus le temps de se servir et de manger sur place.
Nous sommes étonnés car cette fois nous arrivons à communiquer un peu plus,
beaucoup parlent français et viennent d'Afrique (Ghana, Mali, Côte
d'Ivoire,...) et pour nous c'est une première, plusieurs femmes sont dans la
file, souvent avec des enfants cachés derrière...une femme nous a
particulièrement touchés. Elle vient d'arriver, elle semble désemparée. Elle
nous explique qu'elle a un bébé de 9 mois. Peu après, le papa arrive avec le
petit dans les bras. Il semble encore plus perdu et fond en larme en nous
expliquant sa situation.
Heureusement que des associations comme la nôtre et des
personnes comme Filippo et Loredana existent pour les aider...on aimerait
tellement pouvoir faire plus.
Nous sommes arrivés à Vintimille, Quelques
migrants étaient présents près d'un groupe électrogène qui fonctionnait afin de
leur permettre de charger leurs téléphones. Nous avons déchargé les véhicules et mis en place les tables comprenant
les différents points de ravitaillement.
Les sacs avec alimentation froide et boisson.
Un repas chaud.
Des produits d'hygiène,
Des vêtements chauds.
Le point des boissons chaudes avec un thé à la menthe
délicieux et du café.
A leur passage, je vois des jeunes hommes, certains au regard
plein d'espoir, d'autres en souffrances...
Il y a quelques femmes également...
Tous sont en survie.
Ils viennent d'Afrique, nous échangeons un sourire,
quelques mots avec de l'humour, qui réchauffe leur cœur.
Le temps est frais, ils prennent le temps de manger leur
repas chaud aux alentours et disparaissent...
Une maman avec son bébé de 9 mois dans les bras ainsi que le
papa m'ont profondément touchée.
Ils ont été recueillis par un couple magnifique.
Merci à toutes les personnes de l'association.
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
32
- Maraude du 11 février 2023 - Organisée par Shara
Quatermaine :
… / …
Compte-rendu de la maraude et aussi d’une
visite en semaine à Vintimille et Menton ( Shara ) :
Malgré le froid vous
étiez nombreux à venir à la collecte de samedi matin au Mille Club et grâce à
vous tous, nous avons pu préparer 120 sacs alimentaires pour la distribution,
et Éric et son équipe ont préparé deux grandes casseroles avec pâtes, pois-chiches,
légumes et merguez pour les jeunes réfugiés à Vintimille.
Un très grand
merci pour tous les participants !
Ils n’étaient pas si
nombreux ce samedi à la distribution - et ils avaient l’air fatigué. Peut-être
ils ont préféré rester dans un endroit abrité ou bien ont-ils réussi à franchir
la frontière. Il faisait très froid au bord de la rivière à Vintimille, ce
samedi soir.
Mais nous avons pu
distribuer tous les sacs alimentaires et aussi le repas chaud, d’abord au
parking et ensuite à la gare, avec l’aide de Jacopo qui travaille avec
WeWorld et la Caritas.
Mardi 14, je suis
retournée à Vintimille car j'avais promis à un jeune Soudanais, Hassan, de
lui apporter une tente. Il m’avait déjà demandé en janvier si je pouvais lui
fournir une tente, mais, problème de communication, et il ne l’avait pas
réceptionnée. Donc, cette fois-ci, j’ai pris rendez-vous avec lui pour ce mardi
et j'ai pu lui remettre une tente, et une autre tente pour un jeune Soudanais
de Darfour. Ils ont, tous les deux, demandé l’asile en Italie, mais ça
peux prendre jusqu’à 2 ans.
Ensuite, je suis allée
déposer des vêtements chauds à l'association Relier Menton qui
va a la frontière plusieurs fois par semaine pour parler et aider
les jeunes qui sortent de la Police aux frontières (PAF). Elle m'a
dit qu’il y avait beaucoup des jeunes Ivoiriens, Guinéens et Camerounais
sortis ce matin-là - très déprimés. Un mineur de Côté d’Ivoire a dit
qu’il a essayé 4 fois dans une journée de passer la frontière ; la police a
même pris ses empreintes pour vérifier son âge (il a 17 ans) mais à chaque fois
il a été refoulé. Apparemment, ils fuient l’Italie car les camps en Calabre
sont terribles - ils ne nourrissent pas les réfugiés, les bâtiments sont en
ruine et ne sont pas chauffés. Souvent ils prennent ces jeunes « en
esclavage » pour travailler dans les champs (ces camps dans le sud de
l’Italie sont souvent gérés par la mafia calabraise - la’Ndrangheta).
Maintenant je passe la
parole à nos maraudeurs!
Témoignage de Bernard /
Nous avons déployé des trésors d'imagination pour essayer de modifier notre
organisation pour cette maraude, afin de permettre aux migrants d'avoir le
temps de manger tranquillement, puis de choisir les produits d'hygiène et
les vêtements mis à à leur disposition.
Mais ce soir, les migrants sont peu nombreux, et arrivent au compte-goutte.
Et lorsqu'il fait froid, le migrant n'a pas envie de s'attarder sur le parking.
Il nous faudra donc intégrer cette donnée dans nos futurs projets de
distribution.
Longue discussion avec
un migrant marocain qui parle un peu français et surtout italien ! Ma
compréhension de ses propos a donc été incertaine ; désignant son vélo dont il
est très fier, il m'indique que les Italiens laissent plus facilement que les
Français leur vélo dehors ... Il me désigne ensuite les collines qui
surplombent le parking et m'explique que beaucoup de maisons y sont inhabitées,
voire abandonnées, ce qui permet à certains migrants de s'y abriter.
Sa gestuelle m'a tout
d'abord fait penser, de façon certes incongrue, qu'il me demandait une
djellabah ; j'ai ensuite réalisé que ce Soudanais souhaitait en fait une
couverture ! Lorsque je la lui ai remise, j'ai eu droit à un " like".
Puis ce fut le tour de son voisin : deux "like" et un grand éclat de
rires, avant de remettre une dernière couverture à un troisième migrant.
Comment peut-on imaginer que dans un tel désarroi, une telle misère, ce simple
geste puisse susciter de tels sourires, et cette joie furtive dans leur
regard ? Merci aux donateurs.
On ne devrait jamais
s'habituer à l'horreur, et c'est pourtant le cas. J'avais été révolté lorsque
j'avais vu pour la première fois, voici quelques mois, des sangliers sur le
parking. Ceux-ci sont toujours là, vaquant tranquillement à leur occupation de nettoyage du
parking en fin de soirée. Et je trouve maintenant cela presque normal, ces
sangliers semblant désormais quasiment domestiqués.
Allons-nous arriver à
la même conclusion avec les rats qui envahissent les lieux de couchage des
migrants situés sous la rocade ? Et si ce n'était pas la présence des rats
le problème, mais celle des migrants ?
Notre indignation ne
devra jamais faiblir face à ces situations. Demandons des hébergements dignes à
Vintimille pour les migrants et exigeons des autorités de prendre en charge
les rats sans pour autant les anéantir.
Témoignage de Oliver (notre plus jeune maraudeur) :
Le soir du samedi 11
février sur le parking de Vintimille une vingtaine de jeunes hommes et
d’adolescents jouaient avec un ballon le sourire au visage. Incroyable qu’ils
puissent encore s’amuser et rigoler entre eux, alors qu’ils vivent des moments
tellement difficiles. Mais c’est peut-être la seule façon de continuer.
Ce soir- là, nous nous
attendions à une centaine de migrants ayant besoin d’eau, de nourriture, de
couvertures et de vêtements. Et pourtant pas plus de 70 hommes et femmes
étaient présents. Le nombre fluctue énormément de jour en jour en fonction du
nombre de migrants qui ont pu passer la frontière franco-italienne.
Certains avaient le sourire au visage, d'autres semblaient alourdis par la
douleur émotionnelle et physique qu'ils avaient déjà vécue sur ce long chemin.
Après avoir pris leur
nourriture, la majorité sont partis dans leurs groupes, peut-être pour aller se
trouver une place sous le pont ou peut être simplement pour ne pas s’arrêter
trop longtemps pendant cette nuit très froide. Les quelques sujets de conversation
entretenus pour ma part tournaient autour du football et notamment sur le très
bon parcours des Lions de L’Atlas (l'équipe de football du Maroc) lors de la
Coupe du Monde. Je pense que l’équipe a pu rendre fier son pays, mais aussi le
reste du continent africain!
Témoignage de Danielle
:
Une fois de plus une
excellente maraude avec un groupe plein d'empathie et heureux d'être présent
pour tous ces jeunes laissés pour compte, de plus avec ces températures
particulièrement basses. Pour moi ce fut en plus une nouvelle expérience en
préparant le repas chaud chez Eric et Hélène avec Chantal.
Merci Shara pour tout. Tout ceci m'apporte une conscience de la cruauté de la vie à laquelle je n'étais pas habituée. Mais tous ces jeunes ont quand même des sourires qui évoquent leur reconnaissance et, malgré la barrière de la langue, nous arrivons à avoir une certaine complicité.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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31 - Maraude du 14
janvier 2023 - Organisée par Gérard Wolles :
Pour passer la frontière, certains migrants sont prêts à prendre des risques mortels, et c'est ce qu'il s'est passé ce lundi 9 janvier : un homme a été électrocuté sur le toit d'un train en partance de Vintimille vers Menton
Il s'agit d'un homme dont l'identité est encore inconnue.
Il a été retrouvé électrocuté, le corps calciné, sur le toit d'un train SNCF à
la gare de Menton-Garavan. Nous organisons une commémoration en hommage à cette
personne afin que cette énième mort ne tombe pas dans l'oubli collectif : nous
ne parlons pas de chiffres sur une liste de morts -qui ne cesse de s'allonger-,
mais de vies, de parcours et d'histoires personnelles. Nous parlons d'une vie
brutalement interrompue par la violence des frontières. Nous nous retrouverons
ce dimanche (15/01), à 11h, à Ponte San Ludovico (frontière basse), pour dire
adieu à cet homme et lui rendre hommage. Apportez-lui des fleurs, des bougies,
des pensées, des chansons et tout ce que vous souhaitez lui dédier.
Compte-rendu de la maraude :
Le nombre de migrants bien augmenté ces jours-ci : les 120
repas concoctés par Eric et ses aides, et autant de sacs alimentaires ont
été distribués. La collecte de dons, nourriture et vêtements, a
été abondante et nous ne vous en remercierons jamais assez.
MERCI !
Mot de Gérard, l'organisateur de cette
maraude :
« Né au bon endroit….et au bon moment…!
Qui a choisi de naître à Kinshasa, à Modagiscio, à
Karthoum, à Téhéran ou à Kaboul ? La guerre, les bandes armées, la famine, les
dictatures y sévissent.
Nous qui sommes des privilégiés, a-t-on le droit de fermer
nos frontières, de leur reprocher de chercher un peu d’espoir en une vie
meilleure?"
Environ 120 Érythréens, Ethiopiens, Somaliens, Ivoiriens,
Guinéens, Marocains et Algériens, jeunes et plein d’espoir. Nous avons été
obligés d’appeler La Croix rouge car l'un d'eux était très mal en point…
Mot de Francesca, notre plus jeune maraudeuse :
Arrivés sur place, nous avons vite
compris qu’il y avait plus de monde que prévu, les portions de nourriture ont
donc été modifiées pour pouvoir satisfaire tout le monde.
Avec Shara, nous nous sommes chargées de
distribuer les chaussettes, slips et gants (chaque réfugié a reçu une de
chaque) ainsi que les quelques écharpes et bonnets qu’on avait.
Au cours de la maraude, j’ai eu
l’opportunité de parler avec un groupe de 4 jeunes Ivoiriens. L'un d’entre eux
m’a expliqué qu’ils voulaient tous gagner la France. Ils étaient partis à l’âge
de 13 ans et cela faisait 4 ans qu’ils voyageaient ensemble passant par la
Mauritanie, la Libye, la Tunisie, puis une fois arrivés à Lampedusa ils ont
commencé la traversée de l’Italie.
L'un d'eux était l’aîné de sa
famille et avec cela venait la pression de devoir rapporter de l’argent à un
jeune âge. Âgé de 15 ans, il avait déjà passé 4 jours en mer dans un petit
bateau ayant quitté la côte libyenne. Il avait également passé des semaines
dans le camp italien à Calabria (sud) avec à peine de quoi se nourrir. Il était
donc très reconnaissant pour ce qu’on apporté à Vintimille.
Vers la fin nous avons également
distribué les tapis de yoga à tout le monde et les quelques couettes que nous
avions. Il faisait un froid glacial et ni le pont sous lequel les réfugiés
s’abritent de la pluie, ni la gare n'offrent un grand réconfort…
Et enfin un mot de Christiane, nouvelle
maraudeuse :
Après une collecte à Fayence le matin où, grâce aux
nombreux et généreux donateurs, nous avons pu préparer 120 sachets de
nourriture à distribuer, me voici partie en fin d'après midi pour ma 1ère
maraude à Vintimille, accompagnée et parrainée par Gérard.
Je suis impressionnée par l'efficacité de l'organisation!
Tout se fait de façon
fluide, dans une ambiance chaleureuse, amicale et sécurisante: de la mise en
place, pendant la distribution et jusqu'à notre départ.
Une équipe bienveillante et à l'écoute, tout en gardant la
distance nécessaire pour une équité vis à vis de tous.
Une journée pleine d' humanité avec pour finir des échanges
riches en émotion avec quelques unes des jeunes (voire très jeunes) personnes
restées sur place qui nous relatent leurs parcours.
Malgré leur condition de vie, plutôt de survie, ces
personnes restent pleines d'espoir.
Puisse l'avenir leur donner raison !
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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30 - Maraude du 17 décembre
2022 - Organisée par Shara
Quatermaine :
Compte rendu de la maraude ‘(Shara) :
Un grand merci à Jean Pierre et Dominique, qui ont préparé un repas chaud
et délicieux avec pâtes, légumes, viande et juste un peu de harissa…….
Et encore un grand merci à vous, nos bénévoles, nos membres, pour le
soutien que vous nous apportez chaque mois ; grâce à vous nous avons pu partir
avec 100 sacs de nourriture, les produits d’hygiène pour tout le monde, des
bonnets, des écharpes, des belles vestes d’hiver, des chaussures et environ 100
couvertures. Avec nous ce samedi nous avons eu 5 nouvelles bénévoles - merci à
elles !
Ces nouvelles maraudeuses ont été impressionné par la qualité de
l'organisation sur place, à Vintimille, et par la bonne ambiance entre tous les
membres de l'équipe (bravo à tous ceux qui ont permis cela, une fois de plus).
L'une d'elles a été étonnée par l'optimisme et la bonne humeur des
réfugiés rencontrés lors de cette distribution qui s'est déroulée dans le
calme.
Les impressions de Gérard :
Une maraude pas comme les autres…….
Nous avons reçu 70 “passagers” venant de Somalie, du Soudan, d’Ethiopie,
d’Afghanistan. Des jeunes entre 20 et 30 ans, transis de froid, certains
étaient avec des nus pieds. Quel chemin déjà parcouru! Pas de structure
d’accueil. Ils dorment sous un pont infesté de rats. Loin de leur famille,
déracinés, et cherchant un avenir meilleur…..Que de désillusions! Une fois le
repas chaud, les sachets de produits alimentaires, les produits d’hygiène et
les vêtements chauds distribués, nous rentrons dans notre maison au chaud
terminer notre soirée au coin du feu en pensant aux fêtes de fin d’année….sans
commentaires!
En cette fin d’année une pensée pour eux.
Et celles de Félix :
Comme la fois précédente, j'ai reçu leur gentillesse exprimée par les
sourires, les mots de reconnaissance ; j'ai été troublé par la présence
énigmatique de cette personne frêle et silencieuse aux mains délicates dont le
visage était dissimulé dans l'ombre d'une large capuche, une Erythréenne,
je crois. Elle s'est effacée dans la nuit. Un jeune Tunisien nous a aidés lors
du rangement, il était extrêmement poli, affable, et on le sentait perdu, isolé
du groupe . Il nous a demandé de l'amener en France où il avait des proches,
ses bagages très lourds contenaient des jouets pour leurs enfants. Nous ne
pouvions bien sûr l'aider à passer en France. Que dire d'une qui sépare
les amis, les amants, rejette les demandeurs de mieux-vivre. Nous l'avons
accompagné à la gare. Il n'avait pas encore tenté sa chance. Il réussira
peut-être.
Jallal, quant à lui, est à Vintimille depuis huit mois. Il travaille à
temps partiel chez une fleuriste. Pas assez de salaire pour être indépendant.
Il survit avec le sourire malgré la pauvreté et le mal de dos. On a parlé foot,
il est marocain et très fier de ses frères, les Lions de l'Atlas. A nouveau
plus de Marocains ce soir, des gars de Casa, Marrakech mais aussi des douars de
montagne où nous, nous avons la chance de pouvoir cheminer, libres. Un monde à
deux vitesses, c'est sûr. Les rois mages aujourd'hui sont bloqués aux
frontières.
Voici le message reçu de la part d'une équipe de Menton qui intervient plusieurs fois par mois à
Vintimille et qui effectue en outre des permanences à la frontière pour aider
et renseigner les personnes refoulées :
...quelqu'un d'une boulangerie de Monaco a donné beaucoup de viennoiseries
à distribuer ...Deux femmes sont venues manger et un jeune garçon du Yémen ;
âgé de 17 ans, il a été reconnu comme mineur par l' UNHCR (il avait des photos
de ses documents). Il avait déjà été à Nice ; nous n'avons pas très bien
compris son histoire ; il ne nous faisait pas confiance et craignait que nous
ayons un lien avec la police. Il était difficile de communiquer avec lui qui ne
parlait qu'arabe. Nous avons compris qu'il n'avait pas mangé depuis quatre
jours, qu'il avait perdu sa famille au Yémen. C'était vraiment triste.
Et pour finir, un appel de Tous Citoyens qui donne une idée des situations critiques vécues
par les réfugiés :
Walid est un jeune tunisien mis à la rue par l'Aide Sociale à l'Enfance qui
l'a déclaré majeur. Nous constituons son dossier pour déposer un recours au
tribunal pour enfants et obtenir son placement. Mais nous avons besoin d'un
hébergement solidaire ou de plusieurs hébergements solidaires successifs à
compter de ce soir. Qui pourrait l'héberger ? Si vous avez une chambre ou
même un canapé de disponible chez vous, à Nice ou dans les Alpes-Maritimes,
chaque nuit à l'abri lui évitera la rue.
Contactez Michel Séonnet : 06 19 92 12 82
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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29 - Maraude du 19 novembre 2022 - Organisée par
Véronique Mauroy :
Une collecte n’est pas l’autre, les équipes changent, des nouveaux (c’est
la première maraude pour Christine O.) s’intègrent régulièrement et joyeusement
aux « anciens ».
Et cette fois-ci le repas chaud a été préparé par les élèves de 3ème du
collège de Montauroux : un succulent mafé au poulet (émincés de poulet avec
patates douces, patates, carottes, dans une sauce cacahuètes/tomates),
accompagné du riz préparé par Eric Bourlier. Une collaboration exceptionnelle
avec des jeunes motivés et sensibilisés en amont. Merci à leur professeur
Camille Portelli.
Et vous, les donateurs de passage, qui êtes toujours aussi nombreux et aussi généreux à nous soutenir !
Merci à vous tous !
Bernard L. qui accueille les
réfugiés pour recharger les batteries de leurs portables nous raconte la
soirée:
Toute la soirée, sur son vélo, il a sillonné entre les stands, les tables
et les migrants. En tournant ainsi, sans relâche, dans la nuit, à quoi
pensait-il ? Surveillait-il son troupeau, tel un cow-boy, avec sa radio en
guise de lasso, ou masquait-il seulement sa peine derrière ses lunettes
noires ? Enigmatique, presque inquiétant mais pas menaçant, il finit par
s'arrêter en fin de soirée devant le stand des vêtements. Se saisissant d'une
longue écharpe, il noua celle-ci solidement aux deux extrémités de son guidon ;
puis, enfourchant son vélo, il s'éloigna dans la nuit, très content de ces
nouvelles rênes pour diriger, tel un, cavalier, son vélo.
Faire la connaissance de F. a été un moment privilégié, car ce bénévole
italien, qui s'exprime joyeusement dans un français très imagé, s'est donné
pour mission, avec sa femme M., de protéger plus particulièrement les femmes et
enfants isolés à Vintimille. Il est plein d'anecdotes, fruit d'une connaissance
très approfondie de la situation locale, racontant les trafics qu'il a
constatés chez les passeurs, dont certains feraient même partie de
la maréchaussée, ou encore expliquant que la " frontière ne sera jamais
fermée, car cela est impossible ... ". Parle-t-il alors seulement des
frontières physiques entre nos deux pays, dont il connaît bien semble-il les
passages secrets, ou de celle entre les peuples ?
Le point phone est un lieu privilégié d'observation de l'activité nocturne
sur le parking de Vintimille, car il est situé à la fin de l'enfilement des
stands où sont distribués aux migrants nourritures, produits d'hygiène et
vêtements. En début de soirée, peu de migrants y viennent déposer leur
portable, car ils sont alors trop occupés par ces activités. Ils y viennent
donc plus tardivement, et chacun est alors très attentif lors de la remise de
son portable contre un ticket numéroté. " Les chiffres, c'est difficile en
français " s'exclame l'un d'entre eux, provenant du Soudan, prenant
plaisir à prononcer le "vingt-quatre" qui se
transforme rapidement en "quatre-vingt-quatre" !
D'autres - Tunisiens, Algériens et Egyptiens - exhibent de leur
téléphone des cartes susceptibles de prouver leur identité, et c'est en voyant
un titre de transport "Indigo" que je comprends qu'ils ont déjà
séjourné en région parisienne !
En fin de soirée, alors que deux téléphones n'ont toujours pas été
récupérés par leurs propriétaires, nous sommes en train d'imaginer avec F. un
plan pour qu'ils puissent venir les récupérer le lendemain sur le parking,
lorsque le retardataire arrive tranquillement avec deux tickets
"Sesame" lui permettant de récupérer ses téléphones.
Mission accomplie : un grand soulagement pour tous !
Quelques instantanés
de Gérard T:
"Il y a des gestes pour dire « il fait froid » dans toutes
les langues et on se comprend tout de suite ; lui est derrière la table aux
vêtements, son regard à la fois intense et résigné me touche ; je pense à quand
« il fait froid » dans ma maison, et au thermostat qu’on effleure, au
pull qui traine, aux chaussettes à choisir ; je lui répond d’un sourire
solidaire mais silencieux, et cela m’attriste profondément."
"Sous l’arche de la rocade un groupe de migrants fait salon ; je
m’approche mais un sanglier s’interpose sans me regarder, il est gros, et
entre lui et moi des rats se promènent en grand nombre et librement."
Un mot de Félix :
100 personnes ce soir à la distribution. La nuit annule les visages. Il
fait frais ce soir, les corps se recroquevillent au creux des vêtements
accumulés. Malgré tout, les yeux brillent, et les sourires, à notre présence.
Le plat épicé, le thé et le café encore brûlants réchauffent l'âme. Beaucoup de
paroles et de gestes de gentillesse et de gratitude. " Ce que vous faites
est très important pour nous, merci, merci!!" me dit un grand homme
ivoirien et il reviendra deux fois le formuler en compagnie d'amis.
De ma “table des boissons” un peu
excentrée, je regarde les copines et copains affairés dans la chaîne de
distribution. On fait une belle équipe bien organisée. Les jeunes de Progetto
présents ce soir me disent plusieurs fois " Bravo! Bellissimo!".
Toute cette empathie rassemblée, exprimée, me touche. François, notre cher
président, peut sourire là-haut sur son étoile quelque part au firmament des
exilés.
Et le mot de Claude :
Dans l'ombre de ces corps qui jaillissent de nulle part, qui ne font que
surgir, évanescents entre rives et rivages, je vois des routes devenues
éternelles, des tombes amoncelées entre îles et continents, tout un lot
d'origines qui se retrouvent brouillées dans un radeau de baluchons.
Nous voici ramenés au « ventre occidental », comme aurait dit Césaire ;
toute naissance est nue, fragile et démunie, dès lors toute naissance en ce
monde convoque notre générosité et appelle cet héritage universel de justice.
Le Marocain me montre son torse fracturé par la police (laquelle ? Je ne
sais pas) ; le Burkinabé me dit souffrir de sa hanche et de sa jambe, il a
chuté dans la montagne ; Algériens, Tunisiens et Egyptiens sont fatigués et
découragés ; ils toussent et ont mal à la tête ; les Soudanais (tous venant du
Darfour) se grattent, dermatites, gales !!
Le voici notre parking, remis à plat, esquisse, rude, dense et illisible où
nos amis migrants vivent de l'intérieur avec tant de souffrances et
courageusement tant d'aisances et d'adaptations inouïes. Ils respirent déjà le
vent, encore violent, d'un avenir commun !!
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
28 - Maraude du 22 octobre
2022 - Organisée par
Véronique Degas & BL :
Voici, avant le compte-rendu de la
maraude du 22, deux informations :
·
Si vous souhaitez avoir une idée des terribles
difficultés rencontrées par les migrants sur leur chemin d'exil, un film
diffusé sur Antenne 2 la semaine passée," Shadow Game" est visible en
replay sur internet. Il évoque particulièrement le parcours de jeunes
adolescents issus de pays du Moyen-Orient et est très instructif (on y voit
même "notre" parking de Vintimille).
·
Voici le témoignage d'une de nos adhérentes qui a
participé aux journées d'observation à la frontière italienne à Menton :
Un peu déstabilisée par le fait d'observer les forces de l'ordre, j'ai été
frappée par le nombre impressionnant de migrants renvoyés par la police
française vers la frontière italienne : une cinquantaine pendant mon
observation qui a duré quatre heures, le 13 septembre. On comprend qu'ils
soient nombreux à être nourris le soir, à Vintimille.
Beaucoup sont jeunes, et ce qui étonne, c'est le peu de bagage qu'ils
emportent avec eux : juste un petit sac à dos ; tous leurs vêtements sont sur
eux. Certains portent leur doudoune malgré la chaleur.
Vous trouverez en pièce jointe le compte-rendu exhaustif de ces deux
journées organisées par la CAFI qui est un collectif d'associations
d'envergure nationale ou internationale.
Compte rendu de la maraude ‘(BL) :
Merci, Véronique, de m’avoir initié à
la programmation d’une maraude !
Une maraude exige, dans le mois qui précède, un minutieux travail pour
coordonner les nombreux bénévoles associés au QUI fait QUOI ! Des
donateurs aux migrants, il existe une longue chaine de solidarité où chacun
trouve sa place pour contribuer à la réussite de l’opération. Il faut prévoir
les véhicules et les maraudeurs ; solliciter l’équipe des cuistots sur laquelle
repose la lourde responsabilité de préparer puis de livrer les repas avant le
départ ; collecter les vêtements et les autres produits, notamment d’hygiène,
qui seront donnés ; gérer les stocks et procéder à quelques achats ;
vérifier les batteries qui seront utilisées pour assurer l’éclairage et le
rechargement des téléphones des migrants ; cueillir la menthe nécessaire à
l’élaboration du thé, selon une recette quasi-secrète qui ne se transmet qu’aux
initiés qui préparent aussi le café ; et ne pas oublier de commander le
pain, qui devra être cherché le matin même, juste à temps pour ouvrir l’accueil
des donateurs …
Partis à 16h30 de
Tassy, nous voici arrivés à 18h15 à Vintimille, où nous sommes étonnés de n’y
voir que quelques migrants.
Ceux-ci sont arrivés
très progressivement tout au long de la soirée au cours de laquelle une soixantaine
de repas chaud seront servis, et quelques 80 sacs de denrées alimentaires
distribués. Le solde, environ une vingtaine de sacs, a ensuite été donné aux
migrants situés à la gare.
Tous les migrants
qui le souhaitaient ont pu également prendre des couvertures, des vêtements et
des produits d’hygiène, recharger leur téléphone et se désaltérer.
Etonnamment, il nous
a presque manqué d’eau, mais heureusement les bouteilles en réserve nous ont
permis de satisfaire à la demande !
Au poste médical, Claude a diagnostiqué deux migrants
probablement assez malades auxquels il a conseillé de revenir cette semaine à
la consultation médicale organisée deux fois par semaine sur le parking de
Vintimille.
Un
grand merci à vous tous, donateurs, bénévoles, maraudeurs et maraudeuses!
Heureusement, il n’y a pas eu d’imprévus, et ce jour J, la collecte a été
importante : elle nous a permis de préparer une centaine de sacs de
denrées alimentaires et de recevoir de nombreux vêtements.
Merci à tous les donateurs !
De Shara :
J'ai trouvé les
migrants très gentils et reconnaissants, mais très fatigués aussi. Ils nous ont
aidé à l’installation et aussi après pour ranger tout et nettoyer le parking
qui était moins sale que la dernière fois. J’ai demandé à un jeune si je
pouvais le prendre en photo avec un des bonnets tricoté par Josette
et je lui ai montré la photo que j’ai prise à la collecte de la fameuse
tricoteuse – il était ravi et tout souriant pour sa photo – prise de derrière
quand même!!
De Bernard :
Peu de migrants ce soir, mais avec une grande diversité de nationalités.
Dès l’arrivée, le ballon qui leur est proposé est accepté avec enthousiasme
par deux joueurs, mais ceux-ci ne sont pas assez nombreux pour se constituer en
équipes.
Un certain calme, une ambiance presque feutrée, propice au dialogue avec
plusieurs migrants parlant le français.
« Je suis un touriste ! » conclut l’un d’entre
eux, après nous avoir décrit son périple qui l’a conduit au fil des années du
nord de l’Afrique au nord de l’Europe, en passant par la France, la Suisse,
l’Espagne, l’Allemagne …
Un autre nous explique également son périple, rendu compliqué par le virus
du covid et la perte de ses papiers d’identité, et s’indigne de l’absurdité de
cette frontière qui le bloque à Vintimille et l’empêche pour l’instant d’aller
retrouver sa femme qui habite à Lourdes.
Deux autres, électriciens de métier, s’insurgent contre les salaires de
misère dans leur pays et la répartition inégale et injuste de la richesse issue
du pétrole dont leur pays dispose pourtant.
Deux représentants de la maréchaussée s’introduisent discrètement sur le
parking, mais sont vite repérés ! Ils se montrent courtois, très au fait
de la situation de certains migrants, intéressés par notre action ou pour mieux
nous identifier ? Ils hésitent quelques instants à goûter au plat chaud
distribué aux migrants, mais leur obligation de réserve finit par l’emporter,
et ils repartent aussi discrètement qu’ils sont arrivés.
« Merci, c’était très bon ! » vient nous dire
à la fin un migrant, alors que nous commençons à préparer notre départ. Ce
geste de gratitude fait alors vraiment plaisir, et se doit d’être transmis à
toute l’équipe des cuistots.
Les sauvages ne sont pas
toujours ceux à qui l’on pense. A Vintimille, par exemple, trois nouveaux
auxiliaires œuvrent sur le parking où se déroule la distribution aux migrants.
Après celle-ci, ils arrivent tranquillement, font un petit tour pour estimer la
situation, puis s’attachent à l’élimination des restes de repas et autres
détritus. Plus rien n’étonne les migrants qui ne les saluent pas, mais ne s’en
éloignent pas pour autant, certains filmant la scène incongrue.
Il faut dire que ces nouveaux auxiliaires sont trois sangliers !
Les vrais sauvages, ce sont ces humains qui, en poste de responsabilité,
laissent croupir dans la misère et la saleté leurs congénères.
De Félix :
Ce soir, une soixantaine de personnes de diverses origines: Soudanais en
majorité, Érythréens, un Egyptien, des Bengalis, quelques Afghans et
Pakistanais, un Burkinabé, un Guinéen, et, fait notable, des Maghrébins plus
nombreux cette fois, Tunisiens et Marocains, un Algérien qui tente de rejoindre
ses proches en France. Je reconnais un Marocain présent ici depuis le
printemps. Il a un petit boulot chez un fleuriste. Pas assez de revenus pour
avoir un logement décent. Il espère être régularisé en Italie. Beaucoup de
gentillesse, de témoignages de gratitude. Deux Marocains nous aident à ranger
jusqu'à la dernière minute. Ils nous disent " Heureusement, vous êtes
là. Cela nous aide à tenir. "
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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27 - Maraude du 24 septembre 2022 - Organisée par Shara Quatermaine :
Compte
rendu de la maraude par Véronique D.
:
Une météo
peu favorable pour ce week-end des 24/25 septembre ! Grâce à vos
soutien et générosité, grâce aux équipes des bénévoles très efficaces,
nous sommes partis avec des véhicules bien chargés, apportant avec nous une
bonne centaine de couvertures ! Un tagine de légumes, pois chiches et merguez
avec un riz coco a été préparé par cinq dynamiques cuisinières.
Le surplus a été donné
à Direct Support, un groupe de jeunes Allemands installés à
Vintimille pour le mois de Septembre.
Un grand merci à vous
tous, donateurs, bénévoles, maraudeurs et maraudeuses!
Et
maintenant quelques impressions de cette maraude :
De Rosario :
Après avoir sommairement ramassé 4 ou 5
gros sacs remplis des déchets plastiques et papier, le services de la mairie de
Ventimiglia ne passant qu'une fois par semaine , nous avons installés
tables et barnums et commencé la distribution d'un délicieux
plat de légumes, merguez et riz, avec le traditionnel sachet de produits non
périssables ( boîte des conserves, lait longue conservation, oeufs durs ,
etc,) des produits d'hygiène et pas mal de couvertures.
Il y avait une centaines de réfugiés,
beaucoup d'Afghans et de Soudanais.
Pendant ce temps Claude, notre Médecin
du Monde à la retraite, a prodigué pas mal de soins :
vilaines blessure aux pieds et aux jambes, un cas de gale . Le surplus de
nourriture est resté sur place, car deux jeunes Allemands de Direct
Support avec leur van sont en place pour une semaine.
Nous avons aussi distribué sourires et
regards.
De Jean-François et
Ariane :
Jean-François et moi avons participé
pour la seconde fois à la maraude de Vintimille. Nous avons emmené notre fille
Isaline de 16 ans qui était très heureuse de pouvoir nous accompagner dans
cette soirée d'entraide. Notre première maraude, en début d'été, était sous un
beau soleil.
Cette fois ce fut sous un ciel gris avec
quelques gouttes et des températures plus froides. Malgré la météo, lorsque
nous sommes arrivés, certains jeunes jouaient au cricket avec une batte taillée
dans un morceau de bois. D'autres nous attendaient, prêts à nous aider à
monter les stands et nous demandant si on avait des vestes pour eux.
Personnellement, j'étais au stand des
soins d'hygiène. Au début, il faut suivre le rythme, ils sont beaucoup et on
essaie de se comprendre. C'est pas toujours évident.
Jean-François était au stand de
café/thé. Il a eu l'occasion de discuter avec plusieurs migrants d'Afghanistan,
d'Algérie et du Maroc.
Ensuite, Shara avait prévu une
distribution de couvertures pour eux, tout est très vite parti. J'ai
trouvé que tout se passait dans une bonne entente générale, ils sont
reconnaissants du travail de l'association. Merci beaucoup pour votre investissement
auprès d'eux et n'hésitez pas à nous contacter pour les prochaines
collectes, maraudes.
De Bernard :
God save the king ! Quelle surprise,
lorsque nous arrivons sur le parking, de voir que les migrants disputent une
partie de cricket, ou de base-ball, dans le rire et la bonne humeur ! Il faut
donc contourner le terrain improvisé afin de ne pas interrompre la partie et
aller garer les voitures.
La mise en place de la distribution doit
donc tenir compte de cette nouvelle configuration et des flaques d’eau.
On se laisse, il faut bien le dire,
quelque peu déborder par les migrants qui se mettent très rapidement en file,
compacte, après le point qui délimite à l’ordinaire l’entrée de la
zone de distribution. Il s’avère impossible de les faire reculer un peu : tant
pis pour le protocole !
Du coup, cela bouchonne un peu pendant
la distribution des repas, d’autant plus que les stands de distribution des
produits d’hygiène, de vêtements, de couvertures et de sacs de couchage ont
beaucoup de succès.
Parmi les migrants, plusieurs
s’expriment en français, et discutent volontiers avec nous.
"La vache qui rit, tu sais pourquoi
?" ...me demande un réfugié en rigolant. "Si tu me le dis, je te
donne 1.000" … Pris au dépourvu, je me lance dans l’histoire improbable
d’une vache qui voyant passer un lapin rose tacheté de vert se met à rire et
conclus en lui disant que j’ai gagné. "Non, tu dis n’importe quoi, là, me
répond-il. Ce n’est pas la vraie histoire … Bon, maintenant je te laisse, car
il faut que je m’en retourne à mon lieu de couchage".
Sugar, Algérien ou
Tunisien, se lance dans la comparaison de la cuisine française et celle de son
pays, qu’il juge nettement supérieure ! Il apprécie le café et le thé servis,
ce dernier étant bien sucré. Il évoque la mort de son papa d’un second
infarctus, il y a 20 ans, presque dans ses bras, lorsqu'il avait à peine onze
ans. ”Tu vois ce que je veux te dire, il fumait trop mon père. Eh bien, il a eu
raison, le docteur ! “ commente-t-il en m’expliquant que lui aussi fumait trop
lorsqu’il était chez lui, mais plus maintenant, car les cigarettes sont ici
trop chères. Il m’indique également qu’il aime trop le sucre. “ Tu vois mes
dents, là ? ” en pointant sa dentition dans un grand sourire. Celle-ci
mériterait effectivement de nombreux soins, qu’il n’aura sans doute pas de
sitôt, signe de grande misère.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
26 - Maraude
du 27 août 2022 - Organisée par ….. :
Compte rendu de la maraude par Véronique D. :
Sous la
baguette de Shara, un repas fut préparé au matin par l’équipe de Jean-Pierre
pour 180 personnes, et 180 sacs de nourriture non-périssables étaient préparés
par d’autres mains - toujours avec vos dons !
Le nombre
de réfugiés n’avait cessé de changer les jours précédents, sur place entre 90
et 100 réfugiés…
Nous
avons pu déposer le soir même tous les bons restes chez la sœur de Délia à
Vintimille, pour aider à la maraude du lendemain. Avant
de passer la paroles aux maraudeurs, merci à tous ceux qui nous ont aussi
apportés vêtements et autres ce jour-là !
Rosario
:
J’ai parlé avec deux Tunisiens, l'un de 21
ans, le plus loquace, l'autre de 29 ans, probablement de la même famille.
Ils sont arrivés à Lampedusa dans un petit bateau, la peur de leur vie.
A Lampedusa, comme d’habitude, ils ont été
enfermés au centre de rétention où la nourriture n’est même pas celle que l’on
donnerait à un chien. Ensuite, après avoir signé un document, ils ont été
transférés en Sicile puis à Rome, dans une véritable prison au milieu de
drogués et de délinquants. Deux mois après, ils sont arrivés en train à
Vintimille. Par cinq fois, ils ont essayé de passer en France, mais chaque
fois, ont été refoulés ; la dernière fois ils ont réussi à faire une demande de
visa “de visite”, car un de leurs cousins possède deux restaurants à Paris.
Avec un éventuel permis de séjour, suite au
contrat de travail, ils pourraient rester en France. Ils étaient très heureux
de notre maraude, la meilleure qu’ils aient connue m’ont ils dit. Ils m’ont
quand même demandé s’il était possible de passer en France avec nous le soir.
J’ai expliqué que ce n’était pas possible, car cela mettrait en danger
l’existence même de l’association, sans compter les poursuites judiciaires. Ils
ont bien compris et n’ont pas insisté.
En Tunisie, pour les jeunes, il n’y a pas
d’avenir sauf pour les riches ; le plus jeune a essayé de trouver un peu de
travail sur place en Italie, il parle un peu plusieurs langues, mais on n’a pas
voulu de lui car il n’est pas en possession d’un permis ; ainsi les patrons
italiens veulent être dans la légalité, alors que le pays croule sous le
travail au noir……..
Francesca
:
Une fois arrivés à Vintimille nous avons commencé les
installations dans le parking. Les tables pour le repas, d’autres tables pour
les boissons et l’hygiène. Avec Roseline nous avons rempli de barquettes avec
la salade de riz et merguez, poivrons et pois chiches - qu’on a ensuite garnies
d’une grand quantité de harissa selon la demande de tout le monde !
Des scouts français et italiens nous ont également rejoints et
se sont très vite impliqués en nous aidant à la distribution des œufs durs, des
derniers repas etc. Ils étaient très intéressés par ce qu’on faisait et j’ai pu
expliquer en quoi consistait Pays de Fayence Solidaire aux filles avec qui j’ai
parlé. Certains des scouts ont pris l’initiative d’aller jouer au foot avec les
hommes sur le parking. C’était un beau moment de partage inattendu pour
tout le monde.
Françoise
:
Particulièrement touchée, lors des deux
dernières maraudes, plus que d’habitude, par la lassitude qu’on peut lire dans
le regard de certains…
D’autres avec des sourires furtifs – francs ou
timides, montrent ainsi qu’ils sont touchés par le bon repas qu’on apporte et
tout ce que nous distribuons ce soir-là grâce à vous tous… ou repartant avec une casquette rigolote sur la tête ; quelqu’un nous
laisse un grand éclat de rire dans l’air et rejoint ses camarades de galère en
riant.
La boîte de casquettes, reçue au matin lors de
la collecte (merci !!), a fait beaucoup d’heureux ce soir-là !!
Ce samedi nous avons été accompagnés dans la
distribution par des scouts italiens et français. La même unité qui organise
des assemblées autour de la problématique des réfugiés à Vintimille,
et qui nous avait déjà rejoints en mars dernier. Des jeunes gens venus de
différentes régions, très impliqués et qui nous questionnent, entre autre, sur le sort des femmes et l’aide spécifique que nous leur apportons
lors de nos maraudes. On sent qu’ils sont eux aussi déjà impliqués dans la
solidarité, voués au bien de tous et sensibles au soutien qu’ils
peuvent eux aussi apporter au difficile quotidien des réfugiés.
Un match de foot et un chant ont clôturé cette nouvelle
soirée maraude … pas comme les autres.
Chantal
:
Belle maraude que celle de samedi dernier, et utile comme
toujours. Les migrants étant un peu moins nombreux, nous avons pu leur parler
plus longuement, plus personnellement. Des cas très différents les uns des
autres; certains tout juste débarqués et heureux d’être là, encore peu
conscients des difficultés à venir; d’autres ayant déjà une longue expérience
de plusieurs pays européens ; un Soudanais notamment, qui a tout vendu pour se
payer le voyage et retournerait bien au pays s’il le pouvait. Beaucoup nous
manifestent leur reconnaissance…..
Shara soigne des pieds malmenés. Les chaussures et baskets
manquent beaucoup.
Hommage à François et Véronique qui ont fait œuvre utile en
créant Pays de Fayence Solidaire.
Samedi
matin à la fin de l’abondante collecte, Nicole nous a lu sur le pas de porte du
Mille Club, un très beau texte en mémoire de François. Voici quelques extraits
en partage :
Du chanteur breton Gilles Servat les
paroles de « Je vous emporte dans mon cœur »
Je vous emporte
dans mon cœur
Par-delà, le
temps et l'espace
Et même au-delà
de la mort
Dans les îles où
l'âge s'efface
Et même au-delà
de la mort
Je vous emporte
dans mon cœur
Tous ces mots qui de moi, s'envolent
Demain, vous ne les entendrez plus
Les doux oiseaux de nos paroles
S'ils ne se croisent jamais plus
Demain, quand les étoiles tremblent
Cherchez Arcturus ou Vega
Et nous serons encore ensemble
Si vous pensez un peu à moi
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
25 - Maraude (supplémentaire) du
23 août 2022 - Organisée par Gérard
Wolles :
Compte rendu de la maraude par Gérard
W
:
Une maraude simplifiée ?
Pas si simplifiée que ça, quand le nombre de migrants varie de
200 à 100. Sandwichs ou plat pour combien ?
Avec une équipe de choc, un super plat de pâtes améliorées pour
150 personnes à été réalisé dans le rire et la convivialité.
Pour la maraude une équipe de 6 personnes a été constituée (
dont 3 nouveaux adhérents)
Tout s’est déroulé dans le calme et l’efficacité.
Merci pour eux
Compte rendu de la maraude par
Véronique D.
:
Voici
tout d’abord un compte-rendu de la maraude supplémentaire du mardi 23 août. Le
repas pour 150 personnes fut préparé par une belle équipe de 7 personnes avec
Gérard aux manettes et Shara aux pâtes !
Nous
sommes ensuite partis à six à Vintimille, accompagnés cette fois de 3 nouveaux
maraudeurs. Voici leurs comptes-rendus de la soirée ; nous leurs souhaitons
encore la bienvenue parmi nous et les remercions de leur participation.
Thierry :
Pour moi
"maraude" signifiait parcourir les rues de la ville à la
recherche de gens nécessiteux, j'avais donc une certaine appréhension par
rapport à la façon de procéder.
Finalement
donc, cette mission m'a paru plus facile, presque sereine, à servir ces jeunes
personnes dont l'expression variait entre gratitude, grande lassitude et
résignation.
Difficile
d'imaginer que l'on puisse vivre comme ça, dans ces endroits insalubres, et
sans connaissance de son avenir.
Bravo pour
votre dévouement, je reviendrai c'est certain, je ne sais pas encore à quelle
fréquence.
A bientôt !
Françoise & Jean :
Concernant cette belle soirée de
solidarité, nous tenons à vous témoigner toute notre reconnaissance sur
l'engagement et la disponibilité que vous avez mis en œuvre pour que nous
puissions nous intégrer à votre équipe avec plaisir et bonne humeur.
Nous n'avions aucune idée de la
manière dont se déroulait une maraude mais grâce à votre organisation, l'esprit
d'équipe et les valeurs qui vous animent, nous avons vécuce moment avec une
grande facilité et simplicité, alors que les conditions de ces
populations sont si dramatiques à vivre.
Dans l'attente de vous retrouver,
nous vous souhaitons plein d'énergie pour vos prochaines actions.
A bientôt.
Amitiés.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
24 - Maraude du 30 juillet 2022 - Organisée par Gérard
Wolles :
« Enfin
de compte, quel est le sens d’une science capable d’envoyer un homme sur la
lune, mais incapable de mettre un morceau de pain sur la table de chaque être
humain ? » Carlos Ruis Zafon
Compte
rendu de la maraude par Gérard W
:
J’ai d’abord été touché par la
générosité de nos donateurs lors de la collecte du matin. Un
grand bravo à l’équipe qui assure avec le sourire. Préparation d’un
excellent taboulé par notre nouvelle recrue en cuisine, Christine et 5 aides,
en une matinée, d’un plat pour 100 personnes, très apprécié par les
« passagers ». La
maraude, un peu d’humanité, une rencontre humaine forte, de
l’écoute, partage et bienveillance, étaient au rendez-vous.
Je laisse
Félix, Michel et Véronique, qui étaient à la maraude, s’exprimer car ils ont
les mots justes:
Félix :
Lendemain
de maraude...
Hier (30
juillet), plus de cent bonhommes et deux filles isolées, tous Erythréens,
Somaliens, Soudanais, Africains de l'ouest, un Irakien, quelques Maghrébins,
deux Italiens âgés. Quelle que soit leur origine, tous dans la même galère avec
au creux de la conscience une petite île d'espérance qui donne un cap. Le lieu
de refuge sous le viaduc et la place du parking deviennent très sales. Les
autorités locales sont coupables d'abandon. Pas d'abri organisé, pas de point
d'eau, pas de regard de la société locale sur cent humains à la dérive. Malgré
tout, les exilés sont dignes et souriants, ils communiquent leur gratitude et
leur gentillesse .
Chaque
fois, on prend une leçon d'humilité. Notre présence, celle des groupes et
individus qui se succèdent le soir à Vintimille, les aide à tenir. Il n'y a pas
l'ombre d'un doute, ce que nous entreprenons a beaucoup de sens.
Après
plusieurs années de pratique concertée grâce à l'engagement de François notre
président, notre groupe est maintenant une belle équipe, notre action bien
organisée.
La
présence de Claude notre toubib permet d'alléger les souffrances de certains –
hier, un gars particulièrement en difficulté qui sera pris en charge avec
l'aide KNK et Caritas.
Kesha
Niya Kitchen (KNK) et Manuela de Caritas nous ont rejoints. Eux aussi sourient
malgré les difficultés quotidiennes dans leur tâche. Ils sont des éléments
essentiels à Vintimille sur le parcours des réfugiés. Chacun fait ce qu'il peut
avec ses moyens et ils font une chaîne de solidarité, KNK à la frontière, à
Vintimille et à Dolce Aqua où ils se sont installés, Manuela au sein de Caritas
au contact de tous ceux qui errent désemparés dans la ville, notamment auprès
des filles isolées.
Manuela
va prendre un peu de recul après sept ans d'engagement quotidien. Honneur à
elle!
Le groupe
des jeunes de Progetto anime le point d'accueil et de rencontre à l'entrée de
la ville. Cours de langues, conseils, assistance téléphonique...On est un
élément de l'ensemble comme quelques dizaines de personnes et combien de
groupes français et italiens.
Nous
avons livré hier du matériel, des vêtements, des produits sanitaires à KNK et
Caritas.
L'aide
des donateurs du Pays de Fayence est précieuse! Merci à eux!
Michel :
À notre arrivée, le parking est
vide. Le bitume est si chaud... Nous nous installons à l'ombre du pont qui
longe la Roya. Au bout de quelques minutes, nous devenons imperméables au
roulement des voitures au-dessus de nous, le quotidien de certains de ceux qui
vivent là, dans la précarité la plus complète. Nous sommes presque une douzaine
à nous activer. L'installation se fait avec légèreté, sans avoir à nous
préoccuper du soleil, de la nuit ou de la pluie. On lève le regard et déjà, des
dizaines de visages attentifs forment une file disciplinée le long de la
rubalise. Chacun à notre place, la distribution peut commencer. Nourriture,
hygiène, vêtements, recharge des téléphones, petite antenne médicale que tient
Claude... On essaie de couvrir quelques besoins essentiels d'existences
ballottées, négligées, niées, que nous croisons un soir d'été près d'une
frontière qui les repousse et que nous franchissons, nous, sans aucun contrôle.
Absurde. Et intolérable.
Aucun reproche de leur part de
l'injustice de la situation, pas de regards d'envie, mais de la reconnaissance
au plein sens du terme à travers un sourire, un mot maladroit, un geste
d'entraide dans un échange forcément déséquilibré que nous aimerions, eux comme
nous, si différent...
Il y a juste ce qu'il faut de
nourriture pour la centaine d'entre eux qui ont honoré le rendez-vous. Des
membres de Caritas, de KNK sont là. Nous échangeons avec eux sur leurs
difficultés, leur courage, leur lassitude. Nos approches sont différentes, notre
solidarité est essentielle. Aucune institution n'est présente sur les lieux,
même pas la police (juste au
début pour noter les numéros de plaques de nos véhicules). Nous
avons su nous en passer... De retour, nous pensons à tous ceux qui, présents et
absents, ont su rendre notre modeste action possible. Ils sont dans notre cœur.
Véronique M.:
Avec trois
véhicules à nouveau bien chargés, grâce à votre soutien, (cette fois ci une livraison
importante à l’association KNK et de chaussures à la Caritas), nous voilà partis une nouvelle
fois à la rencontre des réfugiés à Vintimille, dormant sous les ponts ou les abris bus. Quelques
réfugiés jouaient au foot sur le parking lors de notre arrivée et environ 110 migrants nous
ont rejoints progressivement et se sont au fur et à mesure regroupés en file
indienne à notre arrivée, pressés de pouvoir manger. Toujours impressionnants
par leur dignité, leur calme. Ils
viennent de Somalie, du Soudan, d’Érythrée, de Tunisie, d’Albanie, du Tchad,
d'Irak…
La soirée fut très intense. Les
migrants ont mangé avec plaisir (nous sommes toujours surpris de la quantité
d’harissa ajoutée pour certains) un taboulé préparé par Christine, et son
équipe de cinq cuisiniers, taboulé complété sur place par un œuf dur; ils ont
reçu chacun un sac de victuailles non périssables pour le lendemain. Ils ont pu
boire (de l’eau, du thé ou du
café), se ravitailler en produits d’hygiène de base, en
t-shirts et shorts (il y en avait beaucoup mais pas pour tous malheureusement)
et quelques sous-vêtements. Nous étions désolés de ne pouvoir répondre à leurs
besoins de chaussures (à part
quelques exceptions, on les procure à Caritas pour une distribution plus aisé).
Ils ont pu aussi recharger les batteries et les téléphones, sous la
bienveillante coordination de Gérard T qui fut soulagé en fin de soirée d’avoir
restitué chaque téléphone au bon propriétaire.
C’était la première maraude
pour Maya, infirmière qui, après avoir distribué les sacs, a assisté Claude
notre médecin, qui a
soigné toute la soirée les blessures, les furoncles et autres bobos plus ou
moins graves. Certains jeunes auraient besoin d’un suivi médical, notamment
l’un d’entre eux très malade, que nous n’avons pas réussi à convaincre de
partir à l’hôpital.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
23 - Maraude (supplémentaire) du
dimanche 17 juillet 2022 - Organisée par
Françoise Boogaerts:
Quelques
informations avant de vous parler de la prochaine maraude :
- le 17
juillet, Françoise et trois autres personnes ont effectué une maraude
"allégée" supplémentaire, sans collecte (les différentes autres
équipes sont moins nombreuses en été pour assurer le repas du soir des
"voyageurs", à Vintimille.)
- on a à
déplorer un accident mortel : dans la nuit du 17 au 18, deux migrants, un homme
et une femme, qui tentaient de passer la frontière en suivant l'autoroute à
pied, ont été fauchés par une voiture. L'homme est décédé ; la femme est dans
un état très grave.
- Migrants
Var Est, association d'aides aux migrants à Draguignan, recherche d'urgence des
logements - au moins pour l'été -, pour des familles déboutées
du droit d'asile. Contact : 06 46 00 07 55
- un
conseil de lecture par une de nos adhérentes :
Un livre
d'une rare puissance : « La Passeur » de Stéphanie Coste, qui fait partie de la
sélection Prix du Livre du Var de cette année.
Ce livre
conte la destinée de Seyoum, un passeur érythréen sur la côte libyenne, un être
dévoyé, cupide, rongé par la drogue, et qui un jour croise un homme originaire
du même pays que lui. Et le passé revient alors vers lui tel un boomerang.
Compte rendu de la MARAUDE
du 17 juillet :
L’été il faut souvent compléter
le manque de bénévoles qui s’efforcent de se relayer toute l’année de leur
présence sur le parking de Vintimille. Une petite maraude supplémentaire
à 4 maraudeurs a donc été organisé le dimanche 17 juillet et
une autre en dehors des dates mensuelles est prévu le 23 août.
Toutes deux sans collectes. Ce dimanche-là à notre arrivée, une équipe de
jeunes gens venus des Etats-Unis, Canada et Afrique du Sud ( apparemment d’une
congrégation religieuse et sportive ! ) jouaient au volley-ball avec
certains réfugiés. Ils s’en donnaient à cœur joie, non loin, d’autres ballons
de foot circulent sur des terrains imaginaires ! Presque tous ont pu se
régaler avec (une fois n’est pas coutume) 90 sandwiches au thon, salade,
tomates que nous avions achetés avec vos dons ! accompagnés par
environ 300 l d’eau et des oranges, et notre « centrale
téléphonique » pour la recharge des portables ! Certains joueurs étaient
tellement pris par le plaisir de jouer, qu’ils sont venus trop tard à la
distribution… Heureusement notre réserve stratégique (nourriture non
périssable) a là encore pu montrer son utilité ! La trousse de secours est
aussi venue à point…
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
22 - Maraude du 2 juillet 2022 : organisée par ....
Avant de passer la parole à Françoise et ses maraudeuses, nous vous
invitons à lire, en pièce jointe, un texte de Thierry Leclère (auteur du film
"Prince, les chimères de l'exil").
ð TEXTE
A INSERER …
Compte rendu de Françoise :
Chers vous tous,
La première maraude de l’été a eu lieu ce samedi 2 juillet. Nous remercions
toutes les personnes qui y ont participé d’une façon ou d’une autre !!!
Avant de vous laisser avec quelques perceptions de trois des
neuf maraudeurs présents ce soir-là, nous vous rappelons que deux concerts
caritatifs sont organisés au profit des Ukrainiens.
Il est toujours temps d’en parler autour de vous, de vous inscrire et
de venir nous rejoindre à l’un ou à l’autre, pour vivre une belle soirée Jazz
dans un cadre magnifique.
Ce double concert servira à financer, dans les prochains mois, des achats
pour faciliter la vie des Ukrainiens dans le canton, mais aussi en Ukraine.
N’hésitez plus, réserver votre place et venez rencontrer des artistes
formidables !!
Ci-joint les informations nécessaires pour le lundi 11 juillet au domaine du
« Val d’Iris » à Seillans à 21 h et le mardi 12 juillet au domaine du Château Tournon à Montauroux à 19 h.
La parole à trois
maraudeuses :
Christine :
Première maraude pour moi ce samedi 2 juillet ; nous partons à 4
véhicules bien chargés. Je remercie Gérard qui m'a gentiment fait une place
dans son véhicule à la dernière minute.
Après une distribution qui se passe relativement dans le calme, les
migrants organisent une partie de foot sur le parking et nous attendons
que la charge des téléphones par Gérard (le pauvre !) soit terminée.
J'en profite pour faire un tour parmi les migrants assis qui regardent le
match amical et fais ainsi la connaissance rapide mais toujours trop courte
avec quelques-uns (l'orthographe des noms n'est que phonétique), malgré la
barrière de la langue et arrive à mieux communiquer avec ceux ayant quelques
notions d'anglais ou de français :
- ALAAM, du Soudan, jeune de 23 ans, qui s'est retrouvé en prison
pendant 4 mois en Lybie, lors de sa traversée.
- JOANA, d'Erythrée, magnifique jeune fille de 17 ans, avec un sourire
ultra bright, unique fille de cette maraude, parmi plus d'une centaine de
garçon ! ... partie de son pays à l'âge de 11ans, passée par l'Egypte, le
Soudan, la Libye , etc...; je m'inquiète de son sort parmi tous ces jeunes
hommes ...
- MAHARI, d'Erythrée ou du Soudan, je ne sais plus, à qui je demande de me
montrer l'endroit où ils vivent. J'enjambe le parapet et la suis sous le pont
assez large, très long et longé sur un côté par une rivière cachée (
La Roya) derrière une barrière de bambous.
Et là, le choc ! Je vois un tapis de vêtements abandonnés qui jonche
le sol. Evidemment n'ayant rien pour laver les affaires données par les
associations, quand elles sont sales, les migrants les jettent. Peut-être
faudrait-il voir à mettre une grosse caisse à disposition afin qu'ils puissent
les y déposer et être récupérés, soit pour les laver, soit pour les jeter dans
des containers à cet effet. Parce qu'en plus, tout cela peut entrainer des
maladies ou infections (exémas, gale, teigne, ...), par manque d'hygiène
générale.
Enfin, j'ai discuté avec Nicolas ROMERO, jeune étudiant
américain-mexicain de l'Université de New-York qui était là pour un projet de
documentaire sur les migrants qu'il mettra en ligne sur son site, mais dans
peut-être plusieurs mois car, me dit-il, cela prend du temps pour faire le
montage. Il avait demandé à l'association l'autorisation de filmer, ce qui lui
a été accordé. Je vous mets ici son site, si vous souhaitez y faire un tour
vers septembre et prendre connaissance du film qu'il aura mis en ligne :
nicoromerofilms.com
A un moment, deux policiers en civil, qui n'en ont pas du tout
l'allure (j'ai failli leur demander leur carte ! ), viennent
contrôler nos pièces d'identités et repartent après l'avoir fait, sans
problème.
Laurence :
Cette maraude , où il y avait beaucoup de réfugiés s'est déroulée dans le
calme et une impression de tranquillité. Est-ce la chaleur qui n'incitait
pas aux débordement ? Sans doute pas, car elle n'a pas empêché une partie de
foot ! Personnellement, j'ai reçu beaucoup de sourires en distribuant des
produits d'hygiène. Le dentifrice a manqué pour les derniers.
La chaleur favorise les abcès en tout genre et avec Claude nous avons
"charcuté" un jeune dans l'espoir de le soulager d'un gros furoncle
dans le dos. Le suivi aléatoire de cette intervention nous laisse dans le doute
quant à son efficacité. Le sentiment d'apporter un peu d'humanité dans ces
conditions de vie inimaginables nous est exprimé par l'envie de
communiquer de ces jeunes, de parler, de se raconter ... Merci pour eux de ce
que l'association leur offre
Véronique M :
Les voitures à nouveau bien chargées, grâce à votre
soutien, (mais
sans couvertures cette fois compte tenu des grosses chaleurs), nous voilà partis une nouvelle fois à
la rencontre des réfugiés vivant dans la rue à Vintimille, dormant sous les ponts ou les
abris bus. Environ 130 migrants nous ont rejoints
progressivement sur le parking et se sont au fur et à mesure regroupés en file
indienne à notre arrivée, pressés de pouvoir manger. Toujours impressionnants
par leur dignité, leur calme. Ils viennent du
Sénégal, du Soudan, d’Érythrée, du Maroc, d’Albanie, du Tchad… A noter la
présence d’une très jeune femme.
La soirée fut très intense et particulièrement détendue . Les migrants ont
mangé avec plaisir (avec beaucoup d’harissa ajoutée pour certains) la salade
composée (riz, poivrons, tomates, thon, œufs) préparée par Eric et son équipe
de cuisiniers; ils ont reçu chacun un sac de victuailles non périssables pour
le lendemain. Ils ont pu boire, se ravitailler en produits d’hygiène de
base, en t-shirts (il n’y en avait pas pour tous malheureusement) et
sous-vêtements. Nous étions désolés de ne pouvoir répondre du tout à leurs
besoins de chaussures.
Ils ont pu aussi recharger les batteries et les téléphones, tout en donnant
des sueurs froides à notre ami Gérard qui fut soulagé en fin de soirée d’avoir
restitué chaque téléphone au bon propriétaire.
Après avoir mangé, une vingtaine de jeunes se sont mis à jouer au foot avec
le ballon que nous avions apporté. Le jeune mexicain qui fait des travaux de
recherche sur la problématique de l’eau, déjà parmi nous début juin, et qui ce
soir-là filmait la distribution des repas, s’est joint à eux. Moments de
partage virils, joyeux et précieux.
C’était la première maraude pour Christine qui n’a pas
hésité, à accompagner un migrant sous le pont pour mieux comprendre leur
environnement tellement précaire. Privés d’eau les jeunes gens n’ont d’autres
solutions que de laisser derrière eux, sur place, les vêtements usagers,
remplacés par des vêtements propres.
Claude, notre médecin, a soigné toute la soirée les blessures, les
furoncles et autres bobos plus ou moins graves. Laurence, infirmière, s’est
jointe à lui pour l’aider, une fois la distribution terminée. Certains jeunes
auraient besoin d’un suivi médical.
Nous avons été impressionnés par X, un jeune tchadien qui parlait sept
langues. Ce jeune intellectuel aux lunettes rondes, parlant notamment français
et arabe, les deux langues officielles de son pays, et l’anglais, a pu
faciliter les échanges avec les autres migrants. Il nous a dit son plaisir de
voyager, de découvrir la culture des habitants des contrées traversées, de
découvrir les traditions alimentaires. Il avait son cahier, ses crayons avec
lui pour écrire. Félix, notre écrivain bénévole fayençois a longuement échangé
avec lui et lui a offert Majid, héros de son magnifique roman plein de poésie.
Communication
de Claude :
En maraudeur zélé, j'étale mes sentiments. Mais, bon sang,
il y a quand même de quoi hurler et nous ne hurlons pas, ou pas assez.
Par la grâce de Vladimir Poutine, les « grands »
s'assemblent beaucoup, ces temps-ci. Et l'on parle de géostratégie, de pétrole,
de gaz et de blé. On converge plus qu'on ne diverge, c'est l'avantage d'avoir
un ennemi commun, et peut-être d'autres à venir.
Mais, hormis les Ukrainiens (légitimement) accueillis par
l'Europe, il est un sujet qui n'est pas traité, un sujet sur lequel on glisse,
comme on glisse, dans le secret des familles, sur les cadavres relégués au
placard.
De par le monde, nombre de populations cherchent un refuge
contre la guerre, contre les dictatures, contre la faim, contre le climat
déréglé par les occidentaux mais qui frappe d'abord chez eux.
Ceux-là n'ont pas de noms, ne font l'objet d'aucune
conférence. Contrairement à ce que raconte l'extrême-droite, leur vague ne
déferle pas et ils ne menacent de remplacer personne. Ils meurent en silence ou
survivent dans les caniveaux de notre silence.
La Méditerranée est un cimetière, les îles grecques proches
de la Turquie sont des geôles. Le nord de la Manche devient un guet-apens,
comme notre parking à Vintimille. Là-dessus, motus !
Le traité de Dublin arrange tout le monde qui oblige les
migrants à demander l'asile où ils atterrissent, essentiellement en Grèce et en
Italie.
L'Occident proclame, à l'occasion du conflit en Ukraine,
qu'il défend « ses valeurs ». En matière de réfugiés, « ses valeurs » sont aux
abonnés absents.
En vain le HCR et les organisations humanitaires
interpellent nos dirigeants.
Nous allons bientôt tous migrer vers les plages blondes, ce
qui est bien, mais n'oublions pas tous ceux pour qui le sable est un linceul.
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
21 - Maraude du 4 juin 2022: organisée par ...
ð Compte rendu non disponible ( ou disparu suite à panne de messagerie ? )
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
20 - Maraude du 7 mai 2022 : organisée par ...
Compte rendu de la journée du 7 mai pour les migrants à
Vintimille
Une collecte n’est pas l’autre,
les participants le savent, les équipes changent, de nouveaux s’intègrent
régulièrement et joyeusement aux « anciens »,et vous, les donateurs
de passage, qui êtes toujours aussi nombreux et aussi généreux à nous
soutenir !
La préparation du repas se fait
toujours avec autant de facilité apparente, là aussi dans une ambiance amicale
et chaleureuse !
Merci à
vous tous !
Les voiture bien
chargées, grâce à votre soutien et à une montagne de couvertures (arrivées
par la Croix Rouge de Fayence), nous voilà partis une nouvelle fois à la rencontre
des réfugiés vivant dans la rue à Vintimille, dormant sous les ponts
ou les abris bus.
Véronique Mauroy nous
raconte son vécu ce soir-là, …
Partis sous une pluie battante de Tassy, nous
sommes arrivés à Vintimille, répartis dans cinq véhicules, les coffres pleins
sous un soleil timide.
Nous avons remis en arrivant vos ordinateurs
et matériel informatique à deux jeunes gens de Progetto 20K, l'association
italienne qui vient d'ouvrir un lieu d'accueil pour les réfugiés à 1 minute à
pied du lieu de distribution.
Les policiers italiens nous ont emprunté dès
notre arrivée, nos cartes d’identité, pour vérification puis se sont éclipsés
une heure plus tard après nous les avoir rendues.
Les migrants sont
arrivés progressivement sur le parking. Originaires d’Afghanistan,
d’Albanie, du Mali, du Soudan, d’Egypte, du Maroc, d’Erythrée, ce sont en
majorité de jeunes hommes. A noter la présence de deux hommes plus âgés d’une
soixantaine d’années et d’une famille (Papa, Maman, et un jeune garçon de 13/14
ans). Et nous retrouvons Mohammed, facétieux, et tellement avide de
communiquer, notamment avec son amie Shara ! Lui et un autre jeune homme que
nous reconnaissons sont là, bloqués à Vintimille, depuis plusieurs mois,
malheureusement.
Nous avons distribué 74 repas et distribué
les sacs de nourriture habituels, couvertures et vêtements, boissons et
produits d’hygiène. Les chaussures et sacs à dos n’étaient pas suffisants pour
répondre aux besoins. Beaucoup de dignité, de maintien, de respect mutuel.
Tout s’est déroulé paisiblement. Nous
nous apprêtions à aller jusque la gare pour distribuer les derniers repas
chauds et les sacs de nourriture quand un groupe d’Albanais s’est proposé
pour emmener la nourriture restante et la distribuer plus loin.
Nous avons donc repris la route vers Tassy
où, accueillis par trois patous qui gardaient leur troupeau à proximité, nous
avons déchargé les véhicules.
La prochaine maraude est programmée le 4
juin….
…. et quelques mots de
Bernard, un autre maraudeur …
Ce lecteur, assis à même le sol et plongé
dans un épais livre, nous attendait-il lorsque nous sommes arrivés sur le parking
pour y installer le dispositif de distribution pour cette maraude ? Lui
peut-être pas, mais la police sûrement, qui, aimablement, recueille nos pièces
d'identité !
Au poste de rechargement des téléphones,
chacun s'empresse de venir déposer son appareil, et malgré les neuf prises
disponibles, il faut parfois attendre que l'une se libère. Ce qui arrive à
K. qui, après trois tentatives, peut enfin me confier son téléphone, contre la
remise d'une petite carte avec un bandeau de couleur qui permettra de
l'identifier lorsqu'il viendra le reprendre. Et presqu'aussitôt, celui-ci
se met à sonner : j'appelle K. qui, à moitié courbé dans le coffre de la voiture
où les téléphones sont en charge, pourra quand même recevoir sa communication.
Tout cela laisse du temps, et nous voici
engagés dans une longue conversation, en français, avec un jeune Egyptien
qui après un séjour de 4 ans en région parisienne vient en Italie pour tenter
d'y obtenir des papiers qui seraient, assure-t-il, plus faciles à obtenir ici.
Qu'il est étrange de parler avec lui de la richesse de l'Afrique, qu'il estime
pillée par la corruption de ses dirigeants qui étouffent dans les prisons ou
dans le sang ceux qui auraient quelques velléités de changements. L'exil est
alors la seule solution, explique-t-il dans un large sourire, répétant sans
cesse : "le problème, c'est ça le problème !". Lorsque son
téléphone est chargé, bien que partiellement, il me dit au revoir et
s'éloigne tranquillement dans la nuit…..
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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19 - Maraude du 9 avril 2022 : organisée par :
ð Compte
rendu non disponible ( ou disparu suite à panne de messagerie ? )
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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18 - Pour mémoire : samedi 19 mars 2022 : : organisation de la première collecte de produits a
Compte rendu non disponible ( ou disparu suite à panne de messagerie ? )
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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17 - Maraude du 12 mars 2022 : organisée par ....
ð Compte
rendu non disponible ( ou disparu suite à panne de messagerie ? )
Bernard
A peine arrivés sur le parking de Vintimille, un groupe d'une
vingtaine de scouts italiens, d'obédiences diverses, âgés de 16 à 18 ans, nous
y rejoint. Après une brève présentation par leur responsable, ils se joignent à
nous pour préparer la mise en place de la distribution qu'ils vont ensuite
prendre en charge, notre rôle aujourd'hui étant de les accompagner dans cette
démarche.
Les migrants sont aujourd'hui peu nombreux, environ une
cinquantaine. Avec la jeune scout italienne, âgée de 16 ans, qui est avec moi
au poste de distribution des sachets alimentaires, et qui se montre très
intéressée, nous pouvons échanger quelques mots avec un Erythréen, un
Soudanais, un Algérien et un Libyen originaire du Tchad.
Comment ne pas remarquer ce migrant avec son bonnet de père Noël
? Et celui-ci, dont nous ne comprenons pas ce qu'il nous demande, avant
qu'un autre migrant vienne l'aider à traduire et nous indique alors qu'il veut
un cure-dents ? Avant de rajouter, dans un français remarquable, avec humour ou
cynisme " il a mangé trop de viande, celui-là !à !".
Pas de file d'attente ce soir : les migrants viennent vers
nous très progressivement. Il faut dire que plusieurs matchs de foot sont
en cours, non seulement sur le parking de Vintimille, mais également
sur les téléphones portables ! Ceux-ci pourront être ensuite rechargés, au
poste dédié à cet effet, où une dizaine de téléphones peuvent être rechargés
simultanément. Sur l'un d'entre eux, une musique sonne dans la nuit : est-ce un
appel, ou un enregistrement dont l'arrêt a été oublié ? Non loin de
là, un migrant se montre agressif, cherchant la bagarre, mais deux autres
viennent l'éloigner de la scène pour y mettre un terme.
En fin de soirée, les scouts forment un cercle, pour un émouvant concert improvisé. C'est alors que nous apercevons une lumière qui s'éloigne vers le fond du parking, et il nous faut quelques instants pour réaliser que ce feu-follet n'est autre que l'un des lampadaires portables utilisé pour éclairer les stands qui, tel un fantôme ambulant, s'échappe dans la nuit. Une brève course poursuite, sous l'autoroute, nous permets d'entrevoir un autre monde : le leur, là où les migrants se terrent la nuit pour dormir. "Mais qu'est--ce qu'il va faire avec cela ?", s'exclame le migrant qui parle si bien français. Finalement, après une brève discussion et sous la pression pacifique de quelques migrants, l'auteur de cette chiperie accepte de restituer ce lampadaire fou !
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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16 - Maraude du 12 février 2022 : organisée par ....
Une fois de plus, votre participation a été déterminante pour
que cette maraude du 12 février soit réussie. Que vous ayez fait des courses et
cuisiné, préparé du café et du thé, rassemblé et donné des vêtements,
chaussures, couvertures, etc ; que vous ayez fait des courses pour fournir aux
migrants la nourriture et les produits d'hygiène qui leur sont nécessaires ;
que vous soyez venus apporter vos dons au Mille Club ; que vous soyez venus
aider aux collectes ; que vous nous ayez aidés financièrement ; que vous soyez
venus à Vintimille pour assurer la distribution , vous êtes tous participants
d'une belle synergie, bien réconfortante par les temps qui courent !
Nous vous livrons deux témoignages de
maraudeurs, et un petit texte sur le parcours de ce jeune migrant afghan tué
par un train au début du mois. Il permet de comprendre quelles peuvent être les
motivations des jeunes que nous rencontrons.
Un poème de Michel :
Poème sans poésie
Comme un air de Noël, dans le froid, sans la
bise.
Des regards attendris, des yeux étincelants.
On y était pudique. C'est l'attente qu'on y
brise.
On signait de la tête pour se dire content.
Apparente misère riche de tant cœurs d'or,
Quatre vingts bouches cachées chuchotent en
attendant
De recevoir enfin, en guise de réconfort,
De quoi se réchauffer, au dehors, au dedans.
C'est alors qu'ils se fondent en une neige
sombre,
En des flocons épars, les sans nom, les sans
ombre,
Aventuriers du siècle vers un nouveau départ.
Ils sourient, ils dévorent, c'est l'heure de la
pause.
Les langues se répondent, Babel qui se compose
D'êtres de chair, d'esprit, droits et pleins
d'espoir.
... et en guise de coda :
"Le chant des cieux, la marche des
peuples. Esclaves, ne maudissons pas la vie."
Arthur Rimbaud
Le témoignage de Bernard (qui distribuait
les sacs de nourriture):
Les migrants qui portent un chapeau ne sont pas nombreux,
aussi ai-je tout de suite repéré T. qui, alors que nous venons à peine
d’arriver sur le parking, vient immédiatement nous aider à déployer les
banderoles de sécurité. Il aperçoit dans le coffre de l’une des voitures un
chapeau pointu qu’il s’empresse de mettre, puis, en rigolant, se dirige vers
l’accueil où il se place le premier dans la file de distribution.
Celle-ci se met en place calmement, presque doucement, car
les migrants aujourd’hui ne sont pas nombreux. Ils arrivent progressivement,
seuls, ou par petits groupes, attendant patiemment que tout soit mis en place.
A la distribution des sacs, on se heurte toujours à
l’obstacle de la langue, mais pas à celui des regards, et le blanc des yeux
dans la nuit qui tombe semble être une lueur vacillante. J’échange quelques
mots avec M., parti du Mali depuis plusieurs années, avec I. qui a quitté
l’Algérie voici depuis deux ans et avec G. exilé du Maroc depuis 10 ans.
Par moments, cela bouchonne, car autant les migrants défilent
le plus souvent en silence devant la table où les repas chauds sont servis,
autant ils s’animent devant les stands de distribution des produits d’hygiène,
de vêtements, de chaussures, de sacs, de couettes et de couvertures … Pour un
peu, on y retrouverait l’ambiance d’un petit marché, car chacun peut y être
actif, demander ce qu’il recherche et voir quels sont les articles disponibles.
Alors que la soirée s’achève, j’aperçois R. qui se débat avec
une couverture, car il est déjà encombré avec des sacs et ne parvient pas à la
mettre sur son dos. Je m’avance vers lui et lui enroule la couverture comme une
écharpe autour de son cou. Surpris, il me regarde avec étonnement, puis me fait
un large sourire. Nous nous donnons l’accolade dans un élan de fraternité.
Sur le départ, nous retrouvons un matelas bleu destiné à une
autre association, emprunté par quelques migrants qui se préparent à l’utiliser
pour installer leur campement de fortune pour la nuit.
Tout semble alors presque calme. Mais il n’y a pas, il n’y
aura jamais, de maraude tranquille...
Le parcours d'Ullah :
Il avait fui Kaboul en juin, avant le retour des talibans.
Son corps a été retrouvé le long de la voie ferrée. Il avait encore son sac à
dos.
Quinze ans et une vie devant lui. Une vie qui s'est terminée
dans le Val di Susa, le long des voies ferrées de Salbertrand. C'est ainsi que
s'achève l'histoire d'Ullah, dans un long voyage depuis l'Afghanistan, son
pays, jusqu'en France et à Paris, où le garçon voulait rejoindre des proches.
Son corps sans vie a été retrouvé sur les voies par du
personnel affecté à des travaux d'entretien de la voie ferrée. Dans son sac à
dos se trouvaient une batterie externe, un bonnet en laine et un sweat-shirt.
Dans la poche de son pantalon, un mot : "Demandez-les", avec des noms
et des numéros de téléphone afghans.
-« J'arrive à Paris, je trouve un travail et j'aide ma
famille. Je suis ici pour cela », a-t-il dit à ceux qui l'avaient hébergé au
Bosco di Museis à Cercivento, dans la province d'Udine. "Ils m'ont envoyé
en Europe parce que je parle un peu anglais."
"Nous avons essayé par tous les moyens de l'en
dissuader, en lui faisant comprendre qu'il ferait mieux de rester ici. Nous lui
avons expliqué que les chemins du Val de Suse sont inaccessibles et dangereux,
surtout ces derniers mois, mais il n'a pas voulu entendre de raisons. C'était
un jeune garçon, pourtant il sentait qu'il avait l'avenir de toute sa famille
entre ses mains », raconte Renato Garibaldi, responsable de la communauté Bosco
di Museis.
Il faut verser 6000 dollars à un passeur pour voyager sur
près de six mille kilomètres entre l'Asie et l'Europe, via l'Afghanistan, le
Pakistan, l'Iran, la Turquie, la Bulgarie, la Serbie, la Croatie, la Slovénie
et l'Italie.
Ullah ne reste au Bosco di Museis qu'une semaine, puis il
repart à pied le long des voies ferrées, car - sans papiers et sans pass
sanitaire – le train lui est interdit.
La police judiciaire de Turin l'a identifié grâce à ses
empreintes digitales.
Sa famille aimerait "venir en Italie pour le saluer une
dernière fois".
Restons humains et solidaires
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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15 - Maraude du 15 janvier 2022 : organisée par ....
La semaine passée, nous
apprenions avec grande tristesse la disparition soudaine du Dr Maarten Dormaar.
Maarten, qui nous avait
rejoint depuis quelques années, était un membre actif pour la partie médicale
de nos actions à Vintimille.
Son grand engagement face à
la détresse humaine s’était probablement décuplé sur île de Nauru, dans le
Pacifique, en 2002. Il y avait découvert un enfer pour les migrants qui y sont
enfermés de longues années, dans des conditions terribles, par l’Etat australien.
Travailleur humanitaire en tant que psychiatre, il avait dénoncé avec force les
conditions inhumaines de leur détention, notamment pour les enfants.
Ici à Vintimille il
comprenait parfaitement la souffrance des réfugiés, et les conséquences
catastrophiques sur leur santé mentale et
particulièrement celles
engendrées par la privation de ressources aussi simples qu’un point
d’eau, des douches, des toilettes… Il voulait agir en conséquence, prêt à aller en justice
s’il le fallait avec l’aide de juristes italiens. Mais la situation actuelle en
Italie et le climat permanent de « grands cafouillages européens » au
niveau de l’accueil des réfugiés n’a pas permis un tel projet.
A côté de cela, il apportait
chaque mois des médicaments, produits d’hygiène et de soins à la Caritas à
Vintimille, collectés auprès des plusieurs pharmacies du canton.
Nous le remercions pour son
fidèle engagement, et nous adressons nos plus sincères condoléances à Marianne
son épouse, qui depuis plus de 30 ans œuvrait à ses côtés. Marianne qui dans sa
grande gentillesse a proposé à leurs familles et amis, et à tous ceux qui le
veulent, de faire un don à Pays de Fayence Solidaire en mémoire de Maarten.
Qu’elle en soit infiniment
remercié. Dag Maarten !
A propos de Vintimille, nous pouvons vous
annoncer que durant l’année qui vient de s’écouler 46 890 repas
ont été servis, pour une moyenne journalière de 128 .
Les 23 associations, dont Pays de Fayence
Solidaire, ont été présentes 7 jours sur 7 sur place et cela malgré la
pandémie.
Nous remercions bien sûr
chacun d’entre vous de nous avoir aidé pour réaliser cela !!
Aujourd’hui plus particulièrement un chaleureux merci à Florence et
Moktar pour le café préparé avec soin durant presque deux ans !! Cela
représente beaucoup de tasses de café !! Ils passent maintenant la main à
quelqu’un d’autre : si vous vous sentez de reprendre cette tâche, merci de vous
signaler auprès de nous.
Samedi vous étiez peut-être
parmi les donateurs ou la trentaines de bénévoles à vous être déplacés, bravant
le si petit - mais envahissant- omicron ; le beau temps a permis de faire la
collecte de nourriture en plein air, devant le Mille Club. MERCI à tous !! Grace à vos dons (aussi financiers) nous avons pu
nourrir environ 100 personnes , et les laisser choisir dans une multitude de
choses utiles à soulager leurs journées et leurs nuits bien difficiles en cet
hiver 2022. Les livres en anglais ou français, les cahiers et les stylos à
bille ont eu, entre autres, beaucoup de succès.
Voici la parole
de Félix, notre maraudeur-écrivain :
Nous avons parlé un peu
avec chacun , Hugh et moi, à l'accueil. Question rituelle " de quel pays
viens-tu? " pour entamer un échange souvent très bref à cause du handicap
de la langue. Quelques mots suffisent à allumer les regards, on devine le
sourire derrière ces foutus masques.
Beaucoup de Soudanais ce
soir, Somaliens, Erythréens, un couple éthiopien, des Africains de divers pays
d'Afrique occidentale, Cameroun, Mali entre autres, et quelques-uns du Maghreb,
Maroc, Tunisie. Très peu de Pakistanais ou Afghans. Une centaine en tout.
Autant de routes
incroyables de la misère ou de la guerre jusqu'à une paix espérée. Combien de
rêves réalisés, combien de déçus au bout du chemin? Quelle foi, quelle patience
folle pour alimenter l'espérance? Celui-là a quitté son pays il y a sept ans. Après
la Lybie, l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la France, retour en Italie où il
veut se fixer, il lui faut un travail, il est électricien.
Ces deux-là sont Maliens,
ils se suivent, ne se lâchent pas, ils sont amis, comme frères. Leurs yeux
brillent de leur amitié.
Une fille dans la
file des hommes. Elle est éthiopienne, elle n'ose pas parler, un homme la suit
de près, un mari, un proche? Elle semble si menue, si fragile.
Une impression de calme, ce soir. Souvent, un mot simple de gratitude à notre égard, un sourire, de la courtoisie aussi entre tous dans l'attente...Ils vivent pourtant l'enfer.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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14 - Maraude du 18 décembre 2021 : organisée par ....
Bien que
moins abondante que d'habitude, la collecte de nourriture a été amplement
suffisante ce samedi, car le nombre de migrants à Vintimille avait fortement
baissé. Nous y avons rencontré 80 personnes que nous avons pu largement
rassasier.
En ce qui
concerne la collecte de vêtements, couvertures et autres, voici le
compte-rendu (enthousiaste) de Françoise :
L’équipe
de collecte de vêtements a été comblée par de nombreuses pré-collectes et bien
sûr par la collecte de ce samedi 18 décembre !! Vous avez été vraiment
très nombreux à nous apporter un ou plusieurs sacs-caisses, collectés avec
soins ou tout droit sortis de vos placards ! Un grand merci à Nigel et
Tessa qui nous ont procuré des dizaines de paires de baskets, aux très
nombreuses associations sportives du canton et d’ailleurs qui se sont
mobilisées, à Claude du Secours Populaire de Draguignan, à l' International
Women Club, fidèle comme toujours.
Merci à
Félix qui nous a apporté une camionnette pleine de vêtements chauds,
couvertures et nombreux ouvrages chauds tricotés-mains de Pierrevert/Manosque,
collectés là-bas par la formidable Tamara Bertukat ! Et pour finir un de nos
membres actifs a fédéré ses étudiants à l’université de Nice : ils nous ont
généreusement offert une grande quantité de nourriture pour la collecte du
matin, et une quantité incroyable de vêtements et
couvertures !!
Vous
faites tous un travail formidable car nous avons grâce à vous tous eu plus
de 80 vestes chaudes ce matin-là (un record !!) ,
couvertures, une montagne de souliers et baskets, pulls et écharpes, bonnets,
et quantité d’autres choses utiles aux réfugiés !!! Du fond du cœur merci
pour cette formidable générosité !! On se revoit, nous l’espérons aussi
nombreux, le 15 janvier, car l’hiver et son froid intense la nuit seront
toujours là.
Arrivés
tôt à Vintimille, nous avons pu installer tranquillement les tables et
les éclairages pour ( -dans l'ordre -) : l'accueil, avec masques et gel
hydro-alcoolique ; les sacs de nourriture et le plat chaud ; les produits
d'hygiène ; les vêtements ; le thé et le café. De l'eau en jerricans, du sel et
de l'harissa sont proposés en libre-service. Pendant que l'on s'installe,
Oliver fait quelques passes au ballon de foot avec des jeunes déjà présents.
Shara dispose des tapis et coussins qui rendront le repas plus confortable. La
distribution se déroule ensuite dans le calme, suivie de la distribution de
couvertures, vestes chaudes, sacs à dos, tout cela très recherché et apprécié.
Claude soigne quelques pieds blessés. On prend le temps de parler un peu avec
les uns ou les autres, on nettoie le parking et l'on repart, tandis que non
loin de là, un groupe de jeunes installe par terre couvertures et coussins,
pour passer à la belle étoile cette nuit hivernale...
Voici quelques témoignages de maraudeurs :
Pierre-Marie :
Plusieurs groupes de différentes origines sociales et
géographiques étaient présent, dont :
- Des Afghans fuyant la prise de pouvoir des talibans :
Pachtounes du Sud-ouest, Kaboulis, dépourvus de smartphones, ignorant comment
joindre leurs proches restés au pays. Parmi ces derniers, deux jeunes se sont
intéressés aux livres apportés et en on pris chacun un,en anglais et en
français. La plupart d’entre eux parlaient anglais, à l’inverse de ceux que
nous avons croisés quelques mois plus tôt. Ils nous ont remercié avec emphase.
- Des Erythréens ne parlant aucune de nos langues, sans dire
un mot, aux visages très fermés.
- Des Egyptiens qui buvaient un mélange café-thé-lait,
- Des Soudanais de Khartoum ayant fui le coup d’état
militaire de septembre dernier,
- Un jeune Somalien venu de Mogadiscio, dont le visage s’est
soudain éclairé lorsque nous avons évoqué ensemble des années de conflit qu’il
n’a pas connues.
- Un Ghanéen emmitouflé, visage fermé à l’inverse d’un autre
rencontré au printemps, volubile, riant aux éclats .
- Un Indien venu de Kolkota (ex-Calcutta) rêvant de
rejoindre la France comme terminus, tout sourire, parti 2 ans plus tôt, et
écoutant ses news sur son téléphone.
- Une Camerounaise seule, venue de France pour trouver du
travail en Italie et voulant retourner, sans papier. Signalée à KNK, message
transmis au réseau de Vintimille : une camionnette de la Caritas est venue la
chercher peu après, afin de la mettre à l’abri. Comme elle est arrivée en fin
de distribution, et que le chauffeur partait ensuite à la rencontre d’autres
femmes, il est reparti avec l’excédent de pots du plat du jour et des couverts.
Beaucoup nous ont remerciés pour la nourriture chaude,
l’habillement chaud, le café et le thé.
Oliver :
J'ai
rencontré un jeune Ivoirien de 17 ans, assez timide. Il m’avait demandé des
vêtements chauds, donc je lui ai donné une veste, un bonnet, une écharpe et un
sac de couchage. Il était très reconnaissant et m'a remercié pour tout ce que
nous lui avons donné. Nous avons commencé à discuter de foot, un sport
auquel il avait beaucoup joué quand il était plus jeune, en Côte d’Ivoire.
Comme je lui ai demandé vers quel pays il voulait aller, il m’a répondu qu’il
souhaitait rejoindre sa sœur à Lyon, ou bien des amis qui se trouvent à
Grenoble. Ils étaient partis plus jeunes que lui puisqu’ils n’avaient que 14-15
ans à leur départ. Un ami migrant qu’il avait rencontré un jour auparavant
insistait pour qu’ils partent dormir, masi il insistait pour rester, disant qu’il
voulait juste discuter avec quelqu’un qui parlait le français. D’ailleurs, il
ne voulait pas rester en Italie à cause de la barrière linguistique. Il m’a
brièvement parlé d’un centre dans lequel il était resté, mais il m’a dit qu’il
était parti parce qu'il était le seul garçon noir et qu’il se sentait exclu. Je
ne lui ai pas posé de questions sur les raisons qui l’avaient poussé à partir
de son pays, parce qu’il m’avait déjà dit que c’était compliqué et je préférais
parler de choses plus positives. Il m’a aussi parlé de son envie d’aller à
l’école (puisqu’il n’y était pas allé depuis l’âge de sept ans) chose à
laquelle je n'ai pas su quoi répondre. Au moment de notre départ, il m'a
remercié encore une fois et je lui ai souhaité bonne chance dans son but
d’atteindre la France.
Félix :
J'ai pu parler longuement avec Davide qui est un volontaire
de l'association San Remo Solidare. Depuis deux ans, il vient chaque mois avec
son équipe distribuer aux migrants un repas chaud et des vêtements, comme nous
le faisons. Ce soir, il observe notre organisation. San Remo Solidare compte
une vingtaine de volontaires. L'association coopère avec Caritas, Diacono
Valdese... Ce soir, Davide accompagne un jeune Népalais arrêté au matin en
France et reconduit en Italie. Il a été séparé de sa femme et de ses enfants
qui, eux, ont pu continuer leur périple vers le nord en train. On imagine son
désarroi, sa tristesse. Davide veille sur lui, il s'assure qu'il a bien un sac
de couchage, une bonne veste, des gants, puis il repart sur sa bicyclette vers
d'autres personnes perdues qu'il aidera autant que possible. Il connait Délia,
qui a fermé définitivement, ce jour-même, le bar où elle recevait généreusement
les migrants. Fin d'une belle aventure humaine au coeur de la ville. Délia a
été récompensée, ainsi que Cédric Herrou, par une ONG italienne pour son
action.
Claude :
Hier soir, face à nous, la migrance. Tous
proviennent de la même frappe et jaillissent d'une même prédation : Soudanais,
Kurdes d'Irak, Erythréens, Pakistanais, Afghans. Même cause, même palpitation,
même devenir. On tend un colis, une soupe, un café, un vêtement chaud, une
couverture, et on a envie de pouvoir dire : "Tu n'es pas moi, tu ne me
ressembles pas, tu ne feras pas ce que j'aimerais que tu fasses ; tu es
libre et opaque, comme je le suis à tes yeux, mais je t'offre tout ceci de grand
coeur."
Et pour
terminer,nouvelles de deux migrants rencontrés ces derniers temps :
-
Ibrahima, Ivoirien, un moment menacé d'expulsion malgré sa réussite scolaire, a
finalement obtenu un titre de séjour.
- Alzin, Soudanais du Darfour, a obtenu l'asile et une carte de séjour de 10 ans. Il suit actuellement une formation chez Peugeot, à Montbéliard.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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13 - Maraude du 20 novembre 2021 organisée par ....
La situation à
Vintimille a été dramatique ces derniers temps : deux graves accidents, dont un
mortel (chute de 340 m au Pas de la Mort) sont à déplorer au passage de la
frontière.
En ce qui concerne la
journée du samedi 20, les collectes de nourriture, de couvertures et de
vêtements chauds sur les marches du Mille-Club ont été très abondantes.
Vingt-huit bénévoles de 17 à 77 ans ont participé au bon déroulement de cette
journée. Merci à tous !!
Un grand merci à
l’association IWCV pour leur collecte organisée d’avance, ainsi qu’à un couple
d’Anglais qui tenait une maison d’hôtes à Fayence. Grâce à eux et à Isabelle
qui nous a mis en relation, nous avons pu charger cinq voitures pleines de
couvertures, duvets, 300 t-shirts tout neufs, coussins de jardin, serviettes
etc.. !
Enorme merci aussi à
tous ceux qui nous ont apporté un ou deux sacs de pièces bien triées d’avance,
et bien entendu à nos tricoteuses de bonnets et écharpes !!
Merci aussi à Shara et
à Andrew qui se sont « légèrement » fait envahir par le stockage de
tout cela chez eux, et à Claude de supporter nos débordements dans l’espace de
rangement à Tassy !
Une pharmacie du
canton nous a procuré, grâce à Maarten, une quantité importante de médicaments
et d’attelles. Tout cela est livré ce jeudi à la Caritas de Vintimille avec les
vêtements, ainsi que 4 vélos !!
Après l’appel à dons
pour des matériaux de construction, une deuxième livraison est déjà programmée
pour les Kesha Niya Kitchen (KNK). Là nous insistons pour remercier tout
particulièrement Aart et Caroline Hooymeyer qui ont offert énormément,
ce qui a malheureusement coûté le talon d’Achille à Aart… Nous lui
souhaitons tous une guérison rapide !
Voici quelques témoignages de maraudeurs:
Angus (étudiant) :
Arman
est un migrant afghan que j’ai rencontré à Vintimille. Il m’a expliqué que
c’est à l’âge de 8 ans qu'il a quitté l’Afghanistan pour aller au Pakistan.
C’est là qu'il a appris l’anglais et est allé à l’école. Après avoir passé deux
ans au Pakistan, il a continué son voyage jusqu’en Iran où il a passé quelque
mois, avant d’aller en Turquie. Il s’est retrouvé à Istanbul pendant deux ans
avant de passer en Europe. Pour arriver en Italie, il est passé par la Serbie
et la Croatie. Quand je lui ai parlé, cela faisait moins d’une semaine qu’il était
à la frontière et qu’il attendait de passer en France. Il me disait qu’il
espérait passer la frontière le soir du 24 octobre. Le seul membre de sa
famille avec qui il est en contact est son oncle, qui est en France. Il n’a pas
vu le reste de sa famille depuis son départ d’Afghanistan et n’est plus du tout
en contact avec eux.
Gérard :
Une maraude, c’est à
chaque fois une belle aventure humaine.
Le samedi matin, nous
nous retrouvons pour organiser cette collecte qui est le nerf de la guerre.
Nous avons le plaisir de vous recevoir, vous les donateurs, et vous remercions
pour votre générosité et votre bienveillance. Pendant ce temps-là se prépare le
repas chaud qui va être distribué dans la soirée. La question, combien vont-ils
être, 50, 100, 200 ? Pas évident de faire un repas chaud avec des variations
aussi importantes (merci d’ailleurs à nos cuistots du mois, Jean-Pierre et
son équipe d’avoir été si souples !) Vers les 16h nous voilà partis
pour Vintimille, l’équipe est joyeuse, organisée et impatiente. En Italie,
le montage de notre installation sur un grand parking se fait rapidement,
chacun ayant une tâche et un rôle définis à l’avance. Ils sont là, 80/100
passagers, Afghans, Soudanais et Africains en provenance de différents pays.
Ils ont froid, ils ont faim et ils ont surtout envie de mordre la vie. Malgré
leur fatigue, ils ont le sourire et nous remercient d’être là. Vintimille est
un lieu de passage, peu d’entre eux y restent. Pour ceux qui parlent un peu le
français ou l’anglais, les langues se délient et nous expliquent leurs parcours
et leurs espoirs. Des groupes se forment, assis en cercles sur des coussins, un
repas chaud, une couverture, un blouson...voilà une trêve et un peu de confort
dans leurs périples parsemés d’embûches. La nuit tombe, nous rangeons le
matériel et rentrons dans notre maison bien chaude... Un grand bravo à cette
belle association, aux bénévoles et bien sûr un grand merci aux donateurs.
Rosie (étudiante) :
La maraude de novembre était ma deuxième fois en tant que volontaire à Vintimille. Tout comme la précédente, cette expérience m’a marquée. Les jeunes hommes étaient autour de 90, un grand nombre d’entre eux étant des Soudanais. D’autres venaient du Pakistan, en particulier un jeune homme avec lequel j’ai eu la chance d’échanger. Il était vraiment fascinant, il maitrisait l’anglais, le français et l’italien tout en parlant couramment les langues de son pays. Sa bonne humeur m’a bouleversée : comme les autres, il avait très peu, voire rien, et pourtant parvient à garder le sourire.
Tous témoins de leur
reconnaissance, nous voulons vous en faire part !! Car ce samedi soir tout
particulièrement il y avait vraiment énormément de sourires dernière leur
masque. Tout ce que vous faites chaque mois pour eux, et tout le travail de bénévoles
autour de ce projet collectif prend sens !
Surtout n’en doutez
jamais !
Certains d’entre eux
étaient arrivés à Vintimille deux jours avant, deux jours sans manger. Le temps
que quelqu’un leur indique la distribution journalière …
Des groupes se
forment, assis en cercles sur des coussins, un repas chaud, une couverture, un
blouson... autour de petites bougies chauffe-plat au sol, source de chaleur,
source lumineuse, qui donne à l’ensemble une certaine douceur dans la nuit
noire. Pour un court moment cela nous fait peut-être oublier le destin souvent
tragique de ces jeunes gens, qui se déroule là devant nos yeux…
A l’heure où ce mail
se termine, un nouveau drame dans la Manche nous rappelle que ces femmes, ces
enfants et ces hommes risquent leur vie sur cette route, pour cet ailleurs tant
espéré…
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
12 - Maraude du 23 octobre 2021 : organisée par ....
Véronique :
Merci à
ceux qui se sont déplacés pour nous apporter au Mille-Club tout ce que nous
avons demandé et aider à la mise en sachets ou au tri des vêtements ; nous
avons pu préparer environ 130 sacs et proposer aux migrants de nombreux
produits d'hygiène ainsi que des sous-vêtements, bonnets, écharpes, etc. Les
petites gourdes données par le Relais Solidarité (et les 500 oeufs !...) ont
eu du succès.
A
Vintimille, nous avons rencontré environ 90 migrants ; tout ce que nous avions
en surplus a été donné aux trois associations présentes sur place - Kesha Niya
Kitchen, Progetto, Direct Support- toutes trois animées par de jeunes
Européens. La musique africaine diffusée par Progetto, avec accompagnement de
spots aux lumières violettes, a rendu l'athmosphère- malgré tout- un peu
magique...
La
situation des migrants à Vintimille est toujours la même. Ils sont
en général jeunes et semblent fatigués ; les refoulements à la frontière se
poursuivent quotidiennement, renvoyant les migrants à la case
"Vintimille", parfois pour la énième fois....
Depuis
quelques jours, six jeunes Erythréennes sont présentes à la distribution. On ne
peut s'empêcher de frémir en pensant aux dangers qui les guettent, en plus du
fait qu'elles ne parlent aucune langue européenne...
Françoise :
Un couscous
qui rapproche les peuples !
Nos chers
cuistots avaient congé ce mois-ci, et pour cause …:
Début d’année
2021, lors d’une maraude, une très belle initiative prenait naissance. Mohamed
Terzag, un jeune maraudeur, lançait l’idée d’un financement et de la
préparation d’un repas par ses proches et amis de la région.
Grâce à lui
et à Onsa son épouse, s’ensuivit un appel en septembre qui fut largement
entendu, et au final la préparation d’un couscous géant fut programmée pour ce
samedi soir 23 octobre, mais commencée bien en amont.
Au matin, au
pied des oliviers centenaires, Félix et Chantal accueillaient chez eux à
Fayence, l’équipe de Rafika, Zohra, Fathma et Mohamed !
Prenez ce met
ancestral, préparé d’une façon
traditionnelle pour 120 personnes, avec cette équipe
chaleureuse de mamans courageuses, des produits faits maison cet été en
Tunisie, deux agneaux, une couscoussière XXL et vous obtenez le
meilleur et le plus succulent des couscous moelleux et épicé qui soit !
Merci Mohamed
et Onsa, mille merci encore à Rafika, Zohra, Fathma et merci bien sûr
à vos familles, amis, connaissances qui ont participé à ce repas hors du
commun pour des personnes loin de chez elles !!!
C’était tout
simplement formidable, vous avez non seulement nourri, mais vous avez aussi
réchauffé le cœur d’une centaine de réfugiés ce soir-là à Vintimille !!
Mohamed :
Tout a commencé quand nous
sommes revenus d'une maraude. On a eu une idée comme ça :" Pourquoi ne pas
leur faire un plat de couscous ?"
Nous avons sollicité quelques
personnes de notre entourage et chacun a répondu à l'appel. Tout le monde y a
mis de sa contribution, que ce soit financièrement, ou les ingrédients donnés
gratuitement pour le couscous. Chacun a donné de bon coeur et était heureux de
participer à ce moment de solidarité, sans compter le travail titanesque des
trois mamans venues mettre en place tout cela.
A Vintimille, certains nous ont
dit que c'était la meilleure chose qu'ils avaient
mangée depuis qu'ils étaient partis de chez eux. Ils avaient l'impression de ne
jamais avoir quitté le domicile familial !
Mais rien n'aurait pu se faire
sans notre association et le travail de chacun : l'union fait la force !
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
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11 - Maraude du samedi 26 septembre 2021 : organisée par ....
Une équipe d’entre nous est descendue à Vintimille samedi soir pour
faire la distribution. Après l'abondante collecte habituelle de nourriture et
de vêtements, le matin à Fayence, nous avons servi le repas chaud préparé par
l’équipe de Callian (auquel beaucoup de harissa a été ajouté par les
bénéficiaires !) pour les 70 migrants qui nous attendaient au parking. Des sacs
de nourriture ainsi que des ponchos imperméables neufs, des
sous-vêtements neufs et des produits d’hygiène (reçus en grande quantité d’une
société de Fayence !!) étaient également distribués à tout le monde, grâce aux
nombreux donateurs et à GoFundMe, la cagnotte en ligne.
Même si l’atmosphère était calme, un grand nombre d’entre les migrants
semblait épuisé. Leur camp temporaire sous l’autoroute a été à nouveau enlevé
par le nouveau maire et la police cette semaine. Ce dernier est sur le point de
se faire réélire. Une fois de plus, les exilés doivent essayer de trouver un
endroit sec pour dormir cet automne, et faire face aux refoulements quotidiens
par la police. Certains habitants de Vintimille en ont assez des réfugiés qui
dorment partout, et les tensions montent. En l’absence d’un camp, ils ne
peuvent ni avancer ni reculer et on sent leur désespoir.
Félix :
Ceux que nous rencontrons ce soir viennent d’Afghanistan,
Pakistan, Somalie, Erythrée, Egypte, Soudan, Lybie, Mali, Guinée, Maroc,
Algérie, Tunisie, Roumanie…Combien de chemins pour fuir la guerre, les
persécutions, la misère ? Combien de jours, de mois, d’années d’errance
pour rejoindre une terre où renaître ? Ils sont là presque au bout de la
nuit, ils attendent, ils ont toujours à l’esprit cette étincelle d’espoir qui
fait avancer malgré les peurs, les humiliations, les rejets, la violence. Pour
eux, anonymes et étrangers, pas de toit, pas d’eau, pas de nourriture, pas de
papiers. Malgré tout, ils essaient de rester dignes.
Je suis là avec
mes "consignes sanitaires", distance, masque, gel… gestes
BARRIERE. Je cherche les mots pour communiquer un peu, allumer un sourire, un
regard. Ils disent quelquefois leurs galères, leurs espoirs. Ce n’est pas
simple. Il faut du temps pour casser les barrières, il faut les mots. On n’est
pas grand-chose sur leurs chemins, juste une main qui donne un peu de chaleur,
une balise infime. On est là et il le faut. Il y en aura d’autres plus loin.
Ils avancent de l'une à l'autre jusqu’à la terre où ils se poseront.
Françoise :
En
quittant le parking, nous voyons dans la lumière fade des lampadaires, une
quinzaine d’ombres furtives autour des poubelles. Des grands cartons à la main,
ils disparaissent dans la nuit noire à la recherche d’un coin pour dormir sous
un ciel où brillent seulement quelques étoiles …
Un autre
groupe ou association sera là demain, au même endroit, pour leur tendre une
main bienveillante, et ceci grâce à des centaines de personnes solidaires comme
vous ...et
comme ce boulanger
italien solidaire qui pendant la distribution, est venu déposer deux grands
sacs d’excellents pains frais !
Bernard :
Quel calme
étrange lors de notre arrivée sur le parking de Vintimille, et quel étonnement
de n’y voir que quelques migrants, alors qu’une centaine de repas ont été
préparés. Une voiture banalisée de la police nous y accueille, et nous devons
remettre nos papiers d’identité, pour vérification… De quoi ? Cependant,
les deux policiers ont la courtoisie de déplacer leur véhicule pour permettre à
celui de Félix de s’installer à la place choisie pour la distribution.
Rien,
c’est pourtant beaucoup
… Nous
apprenons que trois jours auparavant la police est venue nettoyer le parking,
c’est-à-dire y retirer pour évacuation et probablement destruction tous ces
petits rien qui constituent le seul confort des migrants. Rien c'est pourtant
beaucoup...Ceci explique-t-il l’absence de certains d’eux ?
La distribution s’opère lentement, la petite file d’attente
restant constante du fait de l’arrivée progressive de migrants. A mon grand
étonnement, le repas servi est toujours très chaud, grâce aux secrets de
préparation des deux marmites qui sont toujours bouillantes quatre heures après
leur départ !
La
plupart des migrants semblent atones. Seul l’un d’entre eux, possiblement
alcoolisé et peut-être malade, se montre excité, nous invectivant et hurlant sa
haine de la France. Il est dommage de ne pas pouvoir communiquer avec lui, car
malgré son délire certains de ses propos auraient pu donner lieu à un dialogue.
Il ne peut admettre que nous sommes français et sommes venus de loin pour lui
apporter quelques nourritures.
Et puis, dans le feu des lampadaires installés comme si cela
était pour éclairer la scène, voilà-t-il pas qu’un binôme de deux africains,
portant des T-Shirts verts fluo, tout en sourires, viennent discuter et
plaisanter, parlant couramment l’italien et un français improbable. Comme s’ils
étaient acteurs, ils rient ensemble et se charrient, avec un humour certain et
pleins de tendresse. Ils nous indiquent qu’ils viennent ici tous les soirs et
qu’ils seraient heureux de nous donner un coup de main et de nous aider.
Rendez-vous est donc pris pour la prochaine maraude. Seront-ils encore
là ? A suivre …
Après un tour de vélo sur le parking, François nous donne le
signal du retour !
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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10 - Maraude du 28 août 2021 : organisée par ....
En préambule à ce compte-rendu, une bien
triste nouvelle : un jeune migrant est mort dimanche à Vintimille, en
essayant de passer la frontière sur un train. Sans doute, lui avons -nous servi
son dernier repas...Un autre jeune se serait aussi tué depuis, à la même
frontière, dans l'indifférence quasi-générale...
En ce qui concerne la maraude de ce samedi
28, il a fallu s'adapter à un nombre soudain accru de bénéficiaires, passant de
150-180 à plus de 200. En effet, nous avons servi environ 220 portions d'une
délicieuse salade de riz (végétarienne à cause de la chaleur) et autant de sacs
des denrées habituelles. Saluons au passage la faculté d'adaptation des
cuisiniers (Eric, et cette fois-ci deux Jean-Pierre, Dominique et Monique) qui
acceptent des changements de dernière minute sans rechigner !
Malgré une collecte moins abondante que d'habitude, chacun a été servi, grâce à
des achats complémentaires.
La
distribution s'est bien passée, effectuée par 8 bénévoles auxquels se sont jointes
sur place deux personnes de Nice (dont une médecin qui a pu soigner plusieurs
migrants). Les produits d'hygiène, reçus en grand nombre, ont été très
appréciés.
Malheureusement, deux ou trois migrants, pris de boisson, ont commencé à se
battre, vite ceinturés par d'autres jeunes.
On se sent démunis et
impuissants face à la descente aux enfers que vivent certains.
Voici deux témoignages de maraudeuses :
Anne-Marie (qui se tenait au début de la file d'attente, distribuant
gel et masques) :
« Me revient à l'esprit
ce jeune Afghan à l'anglais parfait, me racontant son périple : deux ans
enfermé dans un camp en Bosnie, torturé. Il me montre des marques sur ses
jambes qui laissent imaginer la suite...
Puis cet homme d'origine
africaine, recroquevillé, attendant son tour dans la queue ; il cache son
visage dans ses mains et reste muet...Il me les tendra juste pour lui mettre le
gel, puis retournera à sa position.
Une rixe, un ou deux réfugiés
agressifs : c'est la première maraude pour moi où je ressens de
l'insécurité.
Un jeune m'a remercié pour
avoir passé un moment à discuter avec lui et m'a confié que cela faisait
longtemps qu'il n'avait pas eu d'échanges avec quelqu'un...(Il faudrait pouvoir
prendre le temps de discuter avec les réfugiés.)
Dans cette longue file, il y
avait des Iraniens, un Irakien, un Mauritanien, beaucoup de Nord-Africains,
beaucoup de Soudanais et d'Afghans. »
Notons qu'il n'y avait qu'une
seule femme parmi la foule des réfugiés.
Shara et Francesca :
À l’arrivée, une grande foule
de réfugiés nous attendait sur le parking. Ils se sont mis tous en rang
directement devant la camionnette de Pierre-Marie. On leur a demandé de
s’éloigner un peu pour nous laisser la place d’installer les tables, les
rubalises, le parapluie, etc.
Pendant la distribution, nous
avons parlé avec plusieurs jeunes, d'Afghanistan, du Pakistan, du Bangladesh,
d'Iran, du Soudan, d’Éthiopie et de Tunisie, entre autres.
Un jeune Soudanais m’a répondu
en maltais quand je lui ai donné son bol du riz ! Il a été très heureux de
me raconter ses deux ans passés à Malte. Il m’a dit avoir quitté son pays natal
à cause de la corruption, et malheureusement, il a trouvé la même chose à Malte
(mon pays natal, et il a raison!) Il espère terminer son périple en
Angleterre…..Il était souriant et gentil et nous a remercié pour avoir pris le
temps de discuter avec lui. Il nous a quitté pour regarder le match de foot
avec son équipe préférée - la Juventus.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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9 - Maraude du 31 juillet 2021 : organisée par ....
Voici un compte-rendu à
plusieurs voix :
Françoise :
Très belle collecte ce samedi
grâce à vos dons alimentaires et non-alimentaires très généreux en cette chaude
journée de fin juillet !!
Félix a pu dédicacer durant
deux heures son roman « L’homme qui vient ». Merci à lui pour
le don, lui aussi très généreux, qui en découle pour l’association.
Nous avons aussi reçu ce samedi
un beau chèque d’une cousine d’Amérique d’un de nos membres !
Du baume au cœur pour les
réfugiés !
L’équipe d’Eric a encore fourni
une excellente salade mixte.
Petit souci, un œil vigilant de
l’équipe de collecte a découvert quelques œufs non-cuits (!)
dans les quelques 160 œufs reçus, apportés par quelqu’un de très distrait
… 😉
Véronique et Gérard :
Arrivée vers 18h30 au parking
de Vintimille, l’équipe de huit bénévoles avec Claude et El Hadj qui nous ont
rejoints sur le trajet, découvre une quarantaine de jeunes hommes migrants qui
semblent les attendre. Assis par terre, certains autour d’une chaîne hifi qui
envoie la musique fort, (apparemment un choix de Projetto 20K pour rendre les
migrants visibles), d’autres en discussion autour des trois jeunes de
l’association Projetto 20K, d’autres encore qui échangent
des passes avec un ballon, l’ambiance est calme et semble détendue ; La
misère serait moins pénible au soleil dit la chanson. Au
fond du parking, un évangéliste distribue de la « nourriture spirituelle »
à quelques jeunes ; il est suivi par son petit chien, un genre de Milou, mais
en noir. Comme à chaque rendez-vous, deux policiers italiens observent les
lieux depuis leur voiture garée à l’entrée du parking, plutôt cool eux aussi.
Le temps gris menaçant et un
peu de vent nous amènent à protéger les tables d’un parasol et d’un Barnum en
prévision de la pluie qui ne viendra pas, et la distribution commence : un sac
de nourriture garni grâce aux dons du matin, puis une salade de riz composée,
consistante et colorée par les légumes, préparée par Eric le matin, sont
proposés à chaque jeune. Beaucoup de harissa et de pilipili à la demande pour
épicer le tout. Les jeunes s’approchent doucement, moins nombreux ce samedi que
prévu. 45 repas sont distribués au lieu de 120. Nous n’avons pas d’explication
concernant la baisse du nombre de migrants. Partis travailler dans le sud de
l’Italie? Passés en France
Mots de bienvenue, mercis,
quelques sourires échangés. Puis les jeunes partagent leur repas assis sur les
tapis de sol, et coussins que nous avons entre temps disposés sur le sol. Ils
serviront ensuite la nuit pour dormir.
Les bananes en surplus en libre
accès ont du succès. Les produits d’hygiène tout autant. Les quelques sacs à
dos ou sacs banane sont malheureusement en nombre insuffisant.
Les jeunes (car ils ont
quasiment tous moins de 25/30 ans) viennent surtout du Soudan, mais aussi
d’Erytrée, d’Éthiopie, du Tchad, de Lybie... La plupart viennent
d’arriver. Parmi eux, un jeune garçon de 16 ans qui parle français, sur la
route depuis deux ans et cherche à rejoindre sa soeur qui vit à Lille, son père
est mort. 4 refoulements déjà, toujours en douceur dit-il ; Il est tellement
jeune… Le sourire aux lèvres pourtant. 16 ans, l’âge où on apprend la vie ;
mais qu’apprend-il ?
Nous passons entre les jeunes
hommes et distribuons pain, gâteaux, bouteilles d’eau, dernières bananes. Les
repas en trop (sacs et plats du jour) sont donnés et placés dans la camionnette
de Projetto 20K présente chaque soir, qui distribuera presque tout le soir même
à la gare
Nous replions le matériel et
les équipements, nettoyons la place avant de quitter les lieux vers 22h. La
camionnette sera contrôlée sur le retour par les policiers français peu après
la frontière sans problème.
Un petit mot de Véronique (la secrétaire):
Il paraît que, parmi les objets
divers que nous proposons aux migrants, cahiers et stylos à bille ont
eu du succès. Des livres en français ont été feuilletés, mais des livres en
anglais seraient plus appréciés...
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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8 - Maraude du 3 juillet 2021 : organisée par ....
Pour
cette maraude du 3 juillet, nous avions une petite inquiétude : l'été
venant et nos « troupes » se dispersant, aurions-nous assez de dons
pour l'assurer de façon staisfaisante ? Eh bien, oui, nous avons eu assez, et
même au-delà de nos espérances, puisque une fois les 120 sacs de denrées
habituelles remplis, les dons ont continué à affluer. Nous les avons donc
stockés « en vrac » dans des caisses, pour les donner aux
associations que nous rencontrons à Vintimille et qui peuvent les distribuer
dans les jours qui suivent.
On nous
annonçait environ 80-90 migrants. Nous avons donc compté large et préparé 120
sacs ainsi qu'une salade de riz avec thon et légumes pour 120 personnes . Eh
bien, tout a été distribué et il restait encore une cinquantaine de personnes à
servir ! C'est là que les dons en vrac ont pu être distribués et chacun a
reçu un sac avec banane, fromage, œufs, biscuits, conserve de thon ou de
sardines, eau et lait : de quoi caler un peu les estomacs...D'autant plus
qu'un couple italien est venu apporter en plus deux cartons de beaux
abricots !
TOUT CECI GRACE A VOTRE INDEFECTIBLE GENEROSITE, MILLE MERCI
AU NOM DES MIGRANTS !
Parmi les
migrants, il y avait beaucoup d’Érythréens et de Soudanais, jeunes, quelques
femmes parmi eux, et deux enfants en bas âge avec leurs parents.
Voici le témoignage d'un
des maraudeurs (Bernard) :
Arrivés vers 18h30, la mise en place s'opère rapidement et la
distribution peut ainsi commencer.
Lorsque celle-ci concerne des objets en quantité limitée, la
concurrence entre les migrants s'opère immédiatement. Ce sera le premier, ou le
plus fort, qui l'emportera. Ainsi, pour la distribution de quelques coussins et
matelas. Ainsi, aussi, lorsque quatre mains s'emparent de la même bouteille
d'eau d'1 litre mise sur la table de libre service...
Fin de la distribution vers 19 h 45 ... il ne reste plus rien ! Les 120
repas sont partis rapidement, et nous sommes confrontés à un nombre de migrants
plus important que prévu. Grâce au "vrac", une cinquantaine de
paniers supplémentaires peuvent être distribués. Parmi les derniers arrivants,
trois adultes syriens, épuisés et affamés, qui nous disent ne pas avoir mangé
depuis trois jours. Ils se contenteront des dernières portions de fromage
qu'ils acceptent avec gratitude.
Il reste alors un peu de temps pour tenter de communiquer avec certains
d'entre eux. Alors qu'un jeune soudanais de 20 ans nous demande si nous pouvons
lui remplacer ses sandales usées, M. se rapproche de nous et se fait interprète
pour lui expliquer où se situe l'antenne de Caritas. Quelle portée que cette
belle langue arabe, qui permet à ces deux jeunes de se comprendre et de
communiquer, alors qu'ils proviennent de pays distants de milliers de
kilomètres.
Le mirage de la chance .. : M. est arrivé voici deux jours à
Vintimille, par train, en provenance de l'Autriche. Agé de 27 ans, il a quitté
son Maroc natal depuis deux ans, en espérant pouvoir rejoindre la France, où
son papa a vécu quelques années, avant d'y décéder à Toulouse il y a quatre
ans. Titulaire du bac, il travaillait dans une grande entreprise. Ce n'est donc
pas la misère qui l'a poussé à partir sur les routes, mais un sentiment
irrésistible de rejoindre la France. Très déçu et éprouvé par ce qu'il a dû
surmonter pour arriver ici, il évoque ce rêve qui s'est révélé être un mirage.
Mais il « n'abandonnera pas, jamais », dit-il. « Et avec un peu
de chance, j'y arriverai peut-être » affirme-t-il avec détermination et un
franc sourire. M. a décidé de rester se reposer deux jours à Vintimille avant
de reprendre sa route.
La France s'honorerait de l'accueillir, plutôt que de le refouler !
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7 - Maraude du 12 Juin 2021 : organisée par ....
Trente litres d’excellent thé à
la menthe et de café ont été distribué à cent
dix réfugiés. Deux cents repas (salade de riz au thon) et cent
portions de riz supplémentaires avaient été préparés par Eric, Pierre-Marie et
leurs aides . Neuf maraudeurs en ont effectué la distribution à Vintimille. En une semaine le nombre de
réfugiés a varié de 300 jusqu’à 90, la veille de la maraude...
Aucune nourriture n’a été
gâchée, tout a été repris par les deux associations sur place pour être
distribué le soir et le lendemain.
Notre soignante attitrée a
soigné une vilaine plaie à la plante du pied d’une jeune Érythréen (passé par
la Libye…) et soulagé un autre avec un gros problème de peau. Quelques paires
de souliers ont pu être données discrètement à quatre migrants qui nous ont
touchés par leur très jeune âge… 13-14 ans ?
Voici les témoignages de trois maraudeurs :
Momo et Onsa :
La maraude de samedi soir s’est
très bien passée. Nous avons beaucoup parlé avec plusieurs migrants qui
venaient d’arriver, d’autres étant là depuis 2 ans. Certains n’avaient pas
mangé depuis plusieurs jours, ils étaient complètements affamés. Pour la
plupart très respectueux. Un migrant tunisien s’est donné comme mission de
balayer tout le parking, pour nous remercier de lui avoir donné à
manger…
Bernard :
Ce qui frappe le plus lors
d'une première maraude, c'est ce mélange de regards qui se substituent le plus
souvent à la parole. Celle-ci est rare, en raison de l'obstacle de la langue,
bien sûr, mais aussi parce qu'il serait de toute façon difficile de communiquer
directement avec les migrants lors de ce bref contact avec eux. Alors, on dit
"bonjour" à chacun d'entre eux, et ceux-ci nous répondent dans toutes les langues par un "merci",
mais surtout par un bref échange du regard. " Merci d'être venu, sans vous
nous ne serions plus rien ici " nous dit l'un d'entre eux en français,
lorsque la maraude touchait à sa fin. Il se fait ainsi, peut-être, le messager
de ces migrants qui ont franchi des milliers de kilomètres, bravé tous les
interdits, pour se retrouver sur ce parking à Vintimille. Quelle ironie, face
au cimetière ! Comme si leur parcours n'était qu'une longue agonie. Combien
d'espoirs, de désespoir avant d'arriver ici ? Trois d'entre eux, parmi une
centaine, m'intriguent par leur attitude : le "diplomate", impassible
dans son costume cravate qui dénote en ce lieu ; " le troubadour ",
souriant, avec ses massues de jonglage accrochées à son sac ; le
"balayeur" qui apporte sa contribution, en nettoyant le parking à la
fin de la distribution dans l'indifférence de ses pairs, par remerciement,
prouvant ainsi que même dans son extrême pauvreté il conserve toute sa dignité.
Félix :
Quelques images
particulièrement émouvantes :
·
Trois amis tunisiens qui ont
découvert notre distribution au terme d'un parcours infernal au long des
routes, sans nourriture, sans repères humains. Ils étaient profondément heureux
de se poser un peu, de se retaper avant le saut vers un nouvel inconnu...
·
Deux amis, frères kurdes, assis
contre le grillage. On sentait leur complicité, l'amitié qui les avait portés
jusque-là.
·
Deux hommes qui ont tenu à
débarrasser le parking de toutes les saletés accumulées depuis des jours
peut-être. L'un ramassait tout ce qui traînait au sol, l'autre balayait avec
méthode et patience, il balayait la misère, les galères, les désespérances, il
travaillait, indifférent à l'indifférence des autres, chaque coup de balai
était un merci qui nous était adressé pour chaque gars assis sur le bitume.
D'où venait-il avec son balai?
·
... Vingt gars assis autour des
chargeurs de Progetto, reliés au monde, à leurs proches par une grappe de
câbles...
· Les filles de KN et de Progetto, Manuela et Wahid, leurs sourires comme des soleils. Et tant de choses qui donnent du sens à notre action. Notre amitié au bout, et en plus, de tout ça!
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6 - Maraude du 8 Mai
2021 organisée par .....
Equipe de
8 personnes, aucune embûche sur la route, pas un seul contrôle ni en France, ni
en Italie…
A notre
arrivée, sur le parking, déjà nombreux sont les réfugiés éparpillés en différents
groupes, d’ethnies bien différentes, ainsi qu’une voiture banalisée, avec deux
policiers en civil, fenêtres ouvertes et qui sont restés là, sans nous
déranger.
Les
migrants sont très impatients et assez indisciplinés au départ, ce que l’on
peut comprendre au vu de leur situation.
Tout se
met en place rapidement ; certains font le Ramadan et préfèrent des barquettes
pour les emmener et manger plus tard.
Nous
échangeons avec certains, d’autres sont plus fuyants.
Nous
avons rencontré :
- des
jeunes hommes pakistanais, entre eux souvent, assez disciplinés, chaleureux et
nous remerciant.
-
Quelques jeunes Afghans discrets…
- De
jeunes Maliens et Sénégalais, Gambiens, Érythréens, Yéménites, Soudanais avec
lesquels nous discutons un peu. Ils fuient souvent pour des raisons économiques
à cause des conflits dans leurs pays.
- Des
Tunisiens, Algériens, Marocains, d’âges différents, jeunes comme plus
âgés.
Ils
dialogues facilement avec nous.
- Deux
jeunes Tchadiens* (voir
ci-dessous le témoignage de l’une des maraudeuses), qui se sont
retrouvés au cours de long périple… 19 ans environ, parlant très bien français
et avec une grande envie de dialoguer avec nous.
Toujours
passage par Libye, avec prison de 7 mois pour l’un d’entre eux : sans
commentaire…beaucoup de violence et travaux forcés. Puis Lampedusa.
- Un
jeune d’Abidjan en grande souffrance avec ses yeux infectés. Il faut qu’il voie
un médecin ou un pharmacien ; nous le soulagerons avec du sérum physiologique
et du paracétamol …
- deux
femmes dont une avec son compagnon et l'autre seule avec son bébé de 7 mois
dans sa poussette.
Nous
avons servi environ 130-140 personnes
Nous donnons nos restes aux jeunes de
Progetto présents sur place et à Maria et Joël, de Menton.
Nous
avons été touchés aussi par le geste d’un habitant de la région, venu en moto,
à la fin de la distribution, nous apporter au moins 5 kg de dattes que nous
avons pu donner aux migrants encore présents. Ce n’est pas la première fois
qu’il fait cela ; son regard est plein de bonté.
Témoignage de ...
« J ’ai parlé avec un
jeune Tchadien et cela m’a peinée ! Il était très timide ; il m’a demandé s’il
pouvait utiliser un gel douche pour laver ses vêtements aussi. Je lui ai
demandé son âge et d’où il venait ; réponse : 17 ans, du Tchad. Il m’a expliqué
qu’il était seul mais qu’il avait trouvé plusieurs Tchadiens au long de son
voyage : la Libye, le bateau, l’Italie et maintenant bloqué à Vintimille. Il a
tenté de franchir la frontière franco-italienne une fois, mais sans
succès ; il avait très peur que la police à la frontière ne lui prenne
ses papiers. Il voulait absolument passer en France pour faire sa demande de
l’asile et continuer ses études.
Je compare sa situation à celle de mes enfants : c’est un gamin de 17 ans, un peu plus grand que mon fils et plus jeune que ma fille qui a choisi de passer un an au Sénégal pour enseigner dans une école primaire. Pour elle, les voyages seront faciles et sans danger, et là-bas elle trouvera un logement dans une famille d’accueil qui l’aidera à s’intégrer dans la communauté locale. Par contre ce jeune homme a traversé seul les frontières et les pays, le désert, la mer, les passeurs, la police, les complexités de la situation entre les groupes divers et de différentes ethnies … à l’âge de 17 ans ! Nous n’avons pas de solution pour lui, et c’est difficile à vivre. Nous lui avons donné 2 paires de jeans et une veste bien chaude. Il était très content et souriant : l’espoir de la jeunesse!! ».
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5 - Maraude du 10 Avril 2021 organisée par ....
Une trentaine de bénévoles se
sont mobilisés pour cette date !!! Nous étions prêts pour nourrir 240 réfugiés.
Le nombre ayant fortement diminué quelques jours avant la collecte, il fut
décidé de préparer les sacs de denrées alimentaires et un repas pour 150
personnes. Pour des raisons assez floues que nous avons apprises pendant la
distribution du soir, nous avons pu rencontrer seulement 50 d’entre elles. Mais
rien ne fut perdu car tout redistribué aux autres associations présentes tous
les jours. Cette fois pas de femmes, ni d’enfants.
Nous vous
remercions pour votre incroyable générosité qui ne faiblit pas lors de la
collecte et pour votre réactivité, car vous vous adaptez à nos demandes
changeantes ! Vos dons en nourriture, produits d’hygiène, vêtements et
couvertures, le repas chaud, les thermos de thé et café ont rempli les 3
voitures et une grande camionnette, avec lesquels 10 maraudeurs sont partis à
Vintimille.
Un merci
particulier au « Relais Solidarité », au « International Women’s Club du Var », à tous
ceux qui font une collecte pour nous.. à l’avance – et ceux qui lavent les
vêtements à donner !!
Parmi
eux, pour la première fois, une infirmière et un jeune couple arabophone très précieux
pour leur efficacité et les traductions sur place !
Sur
place, nous avons retrouvé l’association Kesha Niya, Projetto 20K et un
collectif d’Allemands, « Direct Support ». Eux venaient
d’arriver ce soir-là et vont passer un mois à Vintimille. Ils sont là avec
trois mini-bus ; un Info-bus avec des cartes de la région, une station
wifi, un générateur pour recharger les téléphones, et la possibilité d’une aide
juridique. L’autre est un bus médical, et le dernier sert à la distribution des
repas. Une équipe mobile et motivée, un peu de renfort pour les équipes en place chaque jour.
Ce fut
une maraude bien arrosée (de pluie !), et donc un peu moins facile pour des
échanges. Pas de soins à donner pour la même raison. Vu la météo aussi quelques
dégâts au barnum et parasol, et futures réparations pour l’homme aux mains d’or de l’équipe. Qu’il
en soit remercié aussi ! D’ailleurs nous en profitons pour lancer
un appel : si vous avez l’un ou l’autre grand parasol solide à donner, nous en
cherchons un supplémentaire…
La gare
de Vintimille est fermée et les réfugiés sont dans l’impossibilité de tenter un
passage en train vers la
France. Certains y réussissent tout de même. Par où sont-ils passés ?
Restent les dangereux passages par la montagne, ou au pas de course le long des
tunnels de l’autoroute…
Une minute d’arrêt sur image…. Sous une pluie
battante et après le retour au calme, sitôt le rush sur les vêtements terminé,
un jeune homme s’est approché et a choisi calmement quelques affaires, presque
timidement. Lui proposant un vêtement chaud en extra, et touché par son regard
doux et plein de gratitude, n'avait d’importance ni d’où il venait ni son
parcours, juste une envie de le prendre dans les bras, calmer la tristesse
qu’il y avait dans ses yeux, et lui chuchoter dans un langage universel que
tout allait s’arranger pour lui…Ce fils d’une maman, d’un père, ce frère
peut-être, cet ami certainement, est reparti aussitôt dans cette nuit froide et
humide...
Pour les
maraudeurs, retour vers le canton de Fayence toujours sous la pluie, le cœur
aussi mouillé que le reste, mais sans aucun contrôle policier sur les 220 km
A/R….
Merci
encore à l’équipe des cuistots, l’équipe de mise en sachets,
l’équipe du tri vêtements, l’équipe thé et café, les maraudeurs et tous les
anonymes qui ont participé !!
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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4 - Maraude du 13 Mars 2021 organisée par ....
Grâce à vous et à
votre admirable générosité, près de 110 migrants ont pu bénéficier d'un repas
consistant samedi soir 13 mars, à Vintimille. C'est un nombre en augmentation
par rapport aux mois de janvier et février . La température était douce, des
tapis étaient disposés par terre, et avec le rallongement du jour, la
distribution s'est effectuée le plus agréablement possible.
Trois familles se sont
présentées, dont une famille iranienne avec deux enfants de 5 et 7 ans environ.
Nous avons aussi rencontré un habitant de Vintimille qui héberge à l'occasion
des femmes et des familles migrantes, pour quelques jours. Il agit de son
propre chef, en dehors de toute structure ou association (...mais il est le
seul à Vintimille à agir ainsi, malheureusement!).
Les Afghans et
Pakistanais étaient majoritaires, mais il y avait aussi des Africains,
Somaliens, etc. Tous ont l'air fatigué. Trois personnes présentaient des
marques de gale. Nous n'avons pu que les orienter vers la permanence médicale
de la Caritas, le lundi suivant ; nous n'avions pas de pommade apaisante à
leur donner.
Malgré les
restrictions sanitaires, nous n'avons eu aucun contrôle, sauf deux jeunes
policiers à l'entrée de Vintimille qui nous ont laissé passer lorsque nous
avons dit que nous portions de la nourriture aux migrants. Les autorités sont
donc conscientes de l'utilité de notre action.
Nous remercions
chaleureusement tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cette
maraude : Jean-Pierre et ses aides pour le bon riz bien épicé (l'harissa a
du succès), Michel et trois autres personnes pour la collecte de nourriture et
mise en sachets, Françoise pour les couvertures et vêtements, Florence et
François pour le thé et le café, les 7 maraudeuses et maraudeurs – dont deux
jeunes lycéennes- pour la distribution, et bien sûr vous tous, fidèles
donateurs, sans qui rien ne serait possible.
Pour terminer,
rappelons qu'Ibrahima, jeune Ivoirien menacé d'expulsion alors qu'il poursuit
brillamment ses études en France, a toujours besoin du plus de soutiens
possible (pétition sur Change.org/Ibrahima-Vitry-sur-Seine)
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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3 - Maraude du 13 Février 2021 organisée par ....
Avant de vous livrer
le compte-rendu de la dernière maraude, voici :
un appel
important :
Ibrahima, jeune
Ivoirien hébergé depuis deux ans dans la région parisienne chez la fille d'une
de nos adhérentes, a
besoin de votre soutien. En effet, après avoir traversé les terribles épreuves de
la Libye, de la Méditerranée, de Vintimille, il a réussi à s'intégrer et à
reprendre des études. Il doit passer son bac à la fin de l'année, mais il vient
de recevoir une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), ce qui
ruinerait tous ses efforts.
Ses professeurs et
condisciples ont lancé une pétition pour demander l'annulation de cette OQTF ;
vous pouvez vous y joindre par le lien suivant :http://chng.it/rf.N6PPLY, et trouver plus d'information sur le cas d'Ibrahima sur le
site de "Le Parisien"-Ibrahima-Vitry-sur-Seine.
- une invitation à
visionner une vidéo sur la situation des migrants à Vintimille et Briançon. Les
images en sont très parlantes, mais si vous comprenez l'italien, c'est encore
mieux ! Elle est accessible par ce lien : https://www.medicisenzafrontiere.it/news-e-storie/news/frontiere-nord-italia/
Une collecte abondante est venue à nous !
Pour cela, des remerciements à vous d’abord, membres, sympathisants ou inconnus
masqués!
« L’International
Women’s Club du Var ( IWCV ), a collecté de son côté auprès de ses
membres et nous a apporté une camionnette pleine à ras bord de
vêtements et couvertures.
Que la responsable et
les participants en soient encore remerciés !
« La Croix
Rouge » de Fayence a participé, ainsi que « l’Aquarium » de
Seillans. Ont été livré par Aline pour cette maraude de la part de
« Solidarité couturières de Fayence » 114 masques (AFNOR) et 18
tours de cou super chauds et beaux, cousus par des petites
mains solidaires elles aussi !! Des écharpes et bonnets tricotés par
d’autres sont venus compléter la collecte !
Deux
grandes marmites contenant le repas pour 100 personnes, préparé par Eric et
Hélène, ainsi que le café et le thé (Florence et Félix), 130 sacs de denrées
individuelles collectés le matin, les vêtements et couvertures : le tout a été
apporté dans deux véhicules bien chargés à Menton.
Là-bas
sous une fine pluie, rencontre avec Maria et deux autres bénévoles. Grâce à
l’ingéniosité de certain , presque tout est rentré dans leurs trois
petites voitures ! Nous leur offrons 6 bâches de protection contre la
pluie, qui leur serviront à eux ainsi qu’aux réfugiés, comme assise ou comme
toit.
Aussitôt
fait, les voilà parties pour rejoindre d’autres bénévoles de San-Remo à
Vintimille, et faire la distribution à notre place. Merci à eux !! (pour
rappel, la frontière nous est fermée car habitant à plus de 30 km de-là).
Dimanche deux vieux
maraudeurs ont refait la route jusque-là pour récupérer les marmites et autres
matériels.
Voici leur récit ..
Ce soir l'Équipe de
Fayence a cuisiné un merveilleux dîner . Nous avons chargé au maximum nos
voitures, et nous avons distribué 70 repas (environ 60 personnes au parking).
Nous avons donné tout le reste à Kesha Niya.
Tous les vêtements et
couvertures que le groupe de Fayence nous a donnés ont été remis lors de la
distribution.
La police italienne a
contrôlé nos documents au parking ; ils étaient très gentils, ils sont venus
nous parler amicalement.
Il y avait des gens
d'Afghanistan, du Bangladesh, du Pakistan et quelques-uns d'Afrique
sub-saharienne, 3 mineurs.
Sur le chemin du
retour, nous avons eu une mauvaise expérience à la frontière. Un policier
pendant le contrôle a de façon agressive soutenu que les migrants ne sont pas
des personnes vulnérables, et que notre raison de traverser la frontière après
le couvre-feu n'est pas valable. Il a dit que sur l'attestation nous aurions dû
marquer que la maraude nous impose de revenir après 18h (??) et qu'en tout cas
la Préfecture a le pouvoir de décider si c'est valable ou non. Finalement il
s'est calmé et ils nous ont laissé partir ...
Maria
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
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2 – Maraude du 16 Janvier 2021 : organisée par ....
Compte-rendu de Pierre-Marie :
La maraude Pays De
Fayence Solidaire a distribué nourriture chaude et froide, produits d’hygiène,
vêtements chauds, chaussures, sous-vêtements à une centaine de bénéficiaires
sur le parking du cimetière. Beaucoup disent avoi été refoulés plusieurs fois
par la France.
10 ou 15 rations
supplémentaires auraient été bienvenues, certains des migrants se plaignant
d’avoir faim en fin de distribution.
On a manqué de
chaussures, vestes chaudes, chaussettes, bonnets, mouchoirs en papier. Demande
forte (et nouvelle) de joggings et de sacs pour protéger leurs affaires, de
papier hygiénique.
La police en civile,
présente pendant toute la distribution, a fait démonter 2 bâches plastiques
installées provisoirement sur le site. Et elle est intervenue pour réprimander
plusieurs réfugiés qui ne portaient pas bien leur masque. Contrôle des papiers
des maraudeurs également.
Projetto 20 K,
association italienne, toujours très sympa, a également distribué quelques
vêtements, après entente avec nous. Nous avons même reçu leur aide et leur
avons laissé les pantalons qui nous restaient. Ils ont chargé des smartphones,
comme nous. Ils n’avaient plus de couvertures à distribuer et étaient heureux
que nous en ayons une voiture pleine !
Remerciements :
- pour la qualité et
la quantité de la collecte, notamment beaucoup de bananes, oranges et œufs
très demandés. Des donateurs des vestes et baskets demandés, même
venus de Corse en direct …et les deux sœurs tricoteuses d’écharpes … et
maintenant de futurs bonnets !
- le Groupement
d’économie solidaire Sendra pour des gâteaux secs salés et sucrés, chocolats et
confiseries ;
- à Eric et ses aides
pour le plat cuisiné qui a été très apprécié.
- l’équipe de 10
maraudeurs dont 3 nouveaux. Nouvelle SUPER équipe !!
- Relais solidarité
de Fayence pour la petite centaine de gants de jardin tout neufs !
Offerte à Caritas Vintille le soir même, pour qu’ils les fassent parvenir dans
les vallées sinistrées via Manuela et Térésa. Remis aussi le surplus d'oranges,
bananes et œufs.
- remerciements pour
le thé à Félix, et pour le café à Florence !
- Paroisse du Plan de
Grasse pour une voiture (via Michel) pleine de couvertures et de vestes
..etc…
Les impressions de deux nouveaux maraudeurs :
Merci Françoise pour
cette ouverture qui permet de revivre et penser ces moments précieux et fugaces
; et merci à tous pour votre accueil vécu comme une promesse de ce qui peut se
construire et s’inventer ; quelques mots sur nos ressentis respectifs :
Quelques impressions
après ce premier rendez-vous de Vintimille.
L’installation
organisée rapide et efficace sur le parking. Quelques migrants déjà présents. La
nuit commence à tomber, les migrants arrivent progressivement dans la nuit, de
plus en plus nombreux. Quelques mots échangés en anglais avec deux d’entre eux,
et très vite pas le temps d’engager une conversation: distribuer les manteaux,
la demande principale, mais en nombre insuffisant pour répondre aux besoins et
du coup les yeux teintés de tristesse ou de déception, répartir toutes les
couvertures, plonger dans les sacs pour trouver, parfois en vain la taille de
pantalon qui convient, chercher la taille des chaussures, elles aussi trop peu
nombreuses, échanger un sourire, un merci, écouter leur pays d’origine à ma
question renouvelée : "d’ou venez vous? Somalie, Soudan, Erythrée,
Bangladesh, Pakistan…
Beaucoup de questions
me venaient dans l’action, sans réponse : pourquoi ces milliers de kilomètres
pour arriver ici dans le froid, quelles horreurs ont été fuies ? Quels espoirs
à l’entrée d’une Europe verrouillée ? Que sommes nous capables de leur offri r?
Quelles désillusions après toutes ces épreuves ? Combien d’entre eux
réussiront-ils à s’installer quelque part et à vivre en sécurité ? Où vont ils
se réfugier ce soir ? Dans la rue bien sûr, mais sauront-ils se protéger du
froid ? Des visages d’hommes plutôt jeunes qui se succèdent sous un éclairage
très faible et deux femmes tout à coup qui expriment leur besoin d’un manteau,
je ne pourrai satisfaire qu’une d’entre elles et deux enfants que prend en
charge Françoise.
L’impression d’être
utile oui, ponctuellement, chacun repart le ventre rempli du seul repas de la
journée ; la reconnaissance aux membres de l’association et à Françoise qui
nous permit de contribuer à leur action. Et un certain abattement aussi
devant l’ampleur des besoins ressentis sur le chemin du retour à Fayence.
De part et d’autre de la
table deux réalités d’un unique monde se rencontrent. Les regards et les gestes
disent plus que les mots qui sont rares. Mais les yeux regardent en bas, et les
gestes sont las ; ce n’est pas moi qui semble le plus gêné, mais c’est moi qui
devrait l’être.
Un rire ou un sourire
permettent de dépasser cela, et à cet instant nous sommes égaux et partageons
librement nos singularités et nos forces de vie au-delà des différences, des
circonstances et de la dureté du temps.
Non, vraiment : « … On
ne peut pas laisser passer cela ».
Véronique et Gérard
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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1 - Maraude du 19 Décembre 2020 : organisée par ....
Votre générosité ne se dément pas, et la collecte du 19 décembre
a été une fois de plus abondante, tant pour la nourriture que pour les
vêtements ; il s'y est ajouté un don important de l'association SANDRA de
Callian.
La maraude s'est bien passée, douze maraudeurs (dont trois
lycéens) ont servi 80 personnes, sous une pluie battante.
Et maintenant voici un
témoignage de Francesca, à l'issue de la dernière maraude :
Alors que Françoise et moi-même étions
occupées à distribuer les vêtements, je me suis mise à parler à un jeune homme
de 20 ans. Il me raconta qu’il était afghan et que cela faisait 20 jours qu’il
était a Vintimille. Comme un grand nombre d'autres réfugiés, ses papiers lui
avaient été pris. En Afghanistan il était professeur d’anglais, mais il avait
toujours peur, me dit-il. Peur de Daesh, des Talibans et
d'Al-Qaida. Alors, avec deux amis, ils sont partis. C’était le
début d’un voyage de deux ans effectué seulement à pied.
Je lui ai demandé si sa vie était meilleure
ici, à Vintimille qu’en Afghanistan, et il me répondit instantanément “100 times yes”. Il ouvrit alors ses bras et pointa du
doigts Francois, Shara, Becky et tous ceux qui distribuaient la
nourriture. J’imaginais un sourire derrière son masque quand il dit: “All of
this is better than the bombs in Afghanistan” (Tout ça est mieux que les bombes
qui nous tombent dessus en Afghanistan).
Contrairement à d'autres réfugiés avec qui
j’avais déjà parlé auparavant, cet homme avait encore le sourire et un sens de
l'humour malgré les choses affreuses qu’il me racontait. Son optimisme et son
espoir étaient remarquables. Il me dit qu’il voulait gagner la Suisse où il
pourrait retrouver son oncle, et qu’il avait dépensé toutes ses épargnes (10
milles euros) dans ce voyage. Admettre la défaite n’était donc pas une option.
Ce qui me surpris également était son ouverture d’esprit. En effet, il me parla
des caricatures de Charlie Hebdo et du fait que chaque individu avait son
propre choix quand à la religion qu’il/elle voulait pratiquer.
Néanmoins, il partagea également des problèmes
qu’il avait. Entre autres, comme la
majorité des réfugiés à Vintimille, faire une demande d’asile est compliqué. De
plus, il me dit qu’au cours de son voyage, il avait demandé qu’on lui refasse
ses papiers. Or, à chaque fois la police écrivait mal son prénom, intentionnellement,
pour que ses papiers n’aient pas de valeur. Sans papiers et avec très peu
d’argent, le véritable problème pour lui était qu’il ne pouvait plus envoyer de
l’argent à sa mère en Afghanistan: la seule personne dans sa famille encore
vivante.
Vous trouverez aussi le compte rendu de Shara sur le site:
https://www.gofundme.com/pays-de-fayence-solidaire-charity-appeal
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